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Beurre Charente-Poitou AOP : s'affranchir du soja importé

Le syndicat des laiteries des Charentes et Poitou poursuit son partenariat avec des agriculteurs locaux pour l'autonomie protéique des élevages laitiers.

Patrick Roulleau, président du syndicat des laiteries des Charentes et du Poitou (à gauche) est venu présenter la situation économique de la filière beurre AOP avec Laurent Chupin, son directeur.

Jeudi 21 septembre, le syndicat des laiteries des Charentes et Poitou organisait une conférence de presse à Paris pour rappeler les enjeux de la filière du beurre Charentes-Poitou AOP. L’occasion également de promouvoir son partenariat avec la jeune cheffe pâtissière Nina Métayer, laquelle a utilisé l’ingrédient pour ses futures galettes des rois.

30 000 tonnes produites chaque année, 30 000 emplois

Au-delà de la qualité gastronomique du produit, Patrick Roulleau, président du syndicat depuis 2014 et lui-même éleveur à Prahecq dans les Deux-Sèvres depuis 1989, est revenu sur l’impact économique de la filière. « Aujourd’hui, nous sommes 1800 producteurs laitiers qui travaillons sur 750 exploitations. La plupart d’entre elles sont familiales et de taille moyenne. Chaque année, 30 000 tonnes de beurre sont issues de nos cinq laiteries et sont commercialisées sous sept marques. Les trois quarts de la production sont à destination des professionnels (CHR, artisans…), le reste est commercialisé dans la grande distribution. » La filière représente 5% de la production laitière française.

Privilégier les approvisionnements locaux en tourteaux

Pour rejoindre la filière du beurre Charentes-Poitou AOP, il faut respecter un cahier des charges. Ce dernier exige, par exemple, que le fourrage servant à nourrir les bêtes doit venir exclusivement du territoire, ce qui n’est pas le cas pour les tourteaux dont sont issues les rations de  protéines complémentaires pour l’alimentation des vaches.

« Les tourteaux doivent être impérativement sans OGM, mais il n’y a aucune exigence sur leur provenance. Ils viennent d’autres régions françaises ou de l’import, en grande majorité du Brésil et des Etats-Unis », précise Patrick Roulleau. « C’est pourquoi depuis trois ans, avec le syndicat, nous continuons de construire des partenariats avec les céréaliers locaux pour être approvisionnés en tourteaux, notamment de colza ou de soja. Nous voulons développer le tissu rural, répondre aux attentes des consommateurs sur les sujets de l’environnement et des circuits courts, et favoriser davantage notre économie. »

Une image de qualité à renforcer

L’inflation galopante a fait augmenter le prix des beurres AOP, que ce soit pour les professionnels ou les consommateurs en grande surface. Du coup, la filière des Charentes et du Poitou a perdu quelques clients, notamment des artisans qui recherchent un beurre moins cher, quitte à perdre en qualité. La chute de la cotation du beurre industriel (7650 euros la tonne en 2022, environ 4600 en 2023) a accéléré la tendance.

Le syndicat s’est donc tourné vers une agence de communication pour rebooster son image. « Le principal message c’est de dire aux consommateurs et aux professionnels, que continuer d’acheter notre beurre, c’est protéger tout un territoire et sa filière qui représente 30 000 emplois. »

Le beurre Charentes-Poitou AOP a obtenu son premier label AOC en 1979 et est devenu AOP en 1996. C’est en continuant de collaborer avec de grands professionnels comme Nina Métayer et en jouant la carte du 100% local, que la filière veut insister sur la qualité de ses produits et laisser passer l’orage. 

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