Les sociétés d’exploitation, agricoles et viticoles, les sociétés commerciales, les holdings et les sociétés foncières peuvent prendre différentes formes juridiques (GAEC, EARL, SCEA, SARL...). Voici un inventaire pour mieux les distinguer et identifier leurs intérêts, comme leurs contraintes. Faites notre quiz pour voir si un type de société agricole vous convient le mieux.
On distingue l’exploitation individuelle, quand l’exploitation agricole se confond avec la personne physique, de la société, dite, par opposition, "personne morale". Les personnes morales se différencient par leurs formes juridiques, certaines sont spécifiquement agricoles, d’autres pas, mais peuvent quand même être adoptées pour l’activité agricole et ses activités annexes (agri tourisme, agrivoltaïsme, méthanisation, prestations de travaux agricoles, etc..). Tour de piste des principaux types de sociétés auxquels on peut recourir en agriculture.
Les sociétés agricoles d’exploitation pour la production agricole
L’activité agricole étant considérée comme une activité civile, elle est le plus souvent développée dans une société civile agricole. Des droits et des obligations particuliers sont liés à chacune de ces formes sociétaires.
Le groupement agricole d’exploitation en commun (Gaec) : le plus primé
Le Gaec remporte le palmarès des avantages, à cause du principe de la transparence, qui permet de multiplier des seuils et des plafonds : paiement redistributif, ICHN, PCAE,seuil de passage au réel, de crédits impôt bio… proportionnellement au nombre de ses associés. Cependant, à ces avantages économiques sont attachés des contraintes, comme l’obligation d’une rémunération comprise entre un et six Smic pour chaque associé et une restriction à l’exercice d’activités extérieures par ses associés. Sans dérogation de travail à l’extérieur, accordée par la CDOA Gaec de la DDT, il est interdit d’avoir un emploi et de revenus professionnels extérieurs.
L’exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) : l’intermédiaire
L’EARL permet de faire cohabiter des associés exploitants, majoritaires et des non-exploitants minoritaires, mais uniquement des personnes physiques. Sa particularité est qu’elle peut être unipersonnelle, c’est-à-dire n’avoir qu’un associé, dans ce cas un associé exploitant. Autre avantage, l’EARL unipersonnelle, si elle en remplit les conditions de chiffre d’affaires, peut être imposée au régime fiscal du micro-BA. Comme en Gaec, sa principale contrainte repose sur le fait qu’il faut rémunérer le ou les associés exploitants au minimum au Smic.
La société civile d’exploitation agricole (SCEA) : la plus souple
La société civile d'exploitation agricole (SCEA) bénéfice de l’atout de la souplesse, car peuvent y être associés des exploitants, des non-exploitants, et des personnes morales, rémunérés ou pas, ayant ou pas un travail en dehors de la société. Elle relève forcément du régime réel d'imposition.
La société en participation (SEP) pour l'assolement en commun
Quide de la société en participation (SEP) ? Il ne s'agit pas d'une société qui possède une personnalité morale, mais d'un contrat qui regroupe des exploitations agricoles mettant en commun leur assolement, le plus souvent.
Les sociétés commerciales et associations pour les activités annexes
Plusieurs activités de diversification et de développement, annexes à l’activité agricole, étant de nature commerciale, nécessitent des formes juridiques commerciales. Il s’agit de :
la société par action simplifiée (SAS), soumise à l’impôt sur les sociétés(1)très recherchée car elle permet d’affilier au régime des salariés son dirigeant même s’il est actionnaire majoritaire. Le dirigeant peut même ne pas être affilié s’il n’est pas rémunéré.
la société en nom collectif (SNC), qui est la Gaec des commerçants. Soumise à l’impôt sur le revenu, constitué d’associés commerçants, personnes physiques ou morales.
les coopératives agricoles, comme les SCOP, Cuma, Sica etc. La Scop est en fait une SARL ou SAS, dont au moins 51 % du capital social et 65 % des droits de vote sont détenus par des associés salariés.
Voici plusieurs exemples de témoignages sur des sociétés commerciales constituées par et ou avec des associés agriculteurs :
IR réel sur option temporaire pour la SARL de famille
IS
IR réel sur option temporaire
IS
Note : IS : impôt sur les sociétés, IR : impôt sur le revenu
Les sociétés holding pour faciliter la gestion financière
La holding n’est pas une forme de société particulière. C’est une société qui le plus souvent n’a pas d’activité de production ou de commercialisation. Son rôle est de prendre des parts sociales dans une autre société. Autrement dit, une société mère qui a une ou plusieurs filiales.
Les sociétés immobilières pour faire porter le foncier par d’autres associés
L’agriculture possède ses propres sociétés immobilières :
legroupement foncier agricole(GFA) bailleurest une société civile propriétaire et gestionnaire de terres et bâtiments à usage agricole. Il est familial oumutuel(GFAM).
legroupement foncier rural (GFR) est une société civile propriétaire et gestionnaire d’immeubles agricoles et aussi forestiers.
Ces sociétés foncières permettent de faire porter l’investissement du foncier par un plus grand nombre de personnes qu’elles soient membres de la famille, salariés, consommateurs, investisseurs ou collectivités publiques. Le groupement loue à l’agriculteur le foncier, qu’il n’a ainsi pas besoin d’acquérir.
Lire des témoignages de sociétés foncières agricoles