Productivité des légumes sous abris froids : déshumidification active et restitution passive de chaleur validées
L'appli RÉUSSIR vous accompagne désormais partout. Accédez à tous vos contenus en un clic.
Déshumidifier l’atmosphère avec un déshumidificateur ou restituer passivement la chaleur solaire captée avec des Thermitube : ces deux techniques visant à améliorer la productivité sous abris froids ont été testées par le CTIFL et l’Aprel. Elles ont montré leur intérêt, dans une plage d’utilisation cadrée.
Comment améliorer les performances des cultures sous abris froids sans diminuer la rentabilité ? Deux techniques d’optimisation du climat ont fait l’objet d’expérimentations par le CTIFL et l’Aprel ces trois dernières années : la régulation de l’humidité à l’aide d’un déshumidificateur et la restitution de chaleur par Thermitube.
Le déshumidificateur a été programmé avec la consigne d’amener l’humidité de 90 à 85 % durant la nuit, l’aération étant effectuée par ouverture du toit de l’abri durant la journée. L’appareil a fonctionné pendant 136 jours durant lesquels il a consommé13,87 kWh/m2. L’abri a été confiné en fin de journée afin de conserver quelques degrés de température supplémentaires, sans que l’hygrométrie n’augmente grâce à l’équipement.
De fait, la température moyenne a été supérieure de 0,8 °C dans la modalité déshumidifiée par rapport au témoin en début de saison. Au total, la culture de tomates a produit 24,1 kg/m2, soit un gain de 2,7 kg/m2 par rapport au témoin. Ce gain est dû à une augmentation du poids moyen des fruits de 13 grammes et correspond à une valorisation supplémentaire de 3,90 euros par mètre carré (selon les prix des expéditions issus du RNM nantais).
Attention, depuis la nouvelle réglementation sortie en septembre 2025, le déshumidificateur n’est plus éligible aux CEE (certificats d’économie d’énergie) pour les abris froids mais uniquement pour les serres chauffées à plus de 12 °C. Autres éléments à prendre en compte : la consommation d’eau d’irrigation a été supérieure de 18 % avec le déshumidificateur, soit 70 l/m2 sur la saison. Le condensat récupéré (30 l/m2) peut néanmoins être réutilisé dans le circuit d’irrigation.
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Longs tubes noirs remplis d’eau qui emmagasinent la chaleur la journée et la restituent la nuit, les Thermitube sont-ils efficaces ? Oui, si l’on en croit les résultats d’essais réalisés dans des abris froids dans trois zones de culture : Auvergne-Rhône-Alpes, Bretagne et Provence. Mais ces effets positifs n’ont pas la même intensité en fonction du rayonnement solaire : pendant deux années, en Bretagne sur tomate grappe, les résultats étaient peu significatifs. En 2025, où l’ensoleillement a été plus intense, le Thermitube a apporté +1,1 °C de température nocturne en moyenne, une vitesse de production plus rapide qui a conduit à un rendement augmenté de 1,6 kg/m2 fin juin, avec moins de second choix et un ralentissement de la progression de la cladosporiose.
En Auvergne Rhône-Alpes, une légère différence de rendement de 0,1 kg/m2 et une petite précocité supplémentaire ont été observées sur tomate dans les tunnels équipés de Thermitube. « La présence de plastiques diffusants a amélioré les résultats lorsqu’ils étaient posés sur les arceaux. Posés sur les côtés, ils n’ont pas généré de gain thermique », complète Laura Lessoni, ingénieure au CTIFL de Brindas, dans le Rhône.
En Provence, l’Aprel (association provençale de recherche et d’expérimentation légumière) a suivi une culture de tomate cœur-de-bœuf en bio (variété Cardinale) dans une grande serre de 1 hectare, avec une moitié équipée de Thermitube et l’autre non.
Les températures minimums ont été supérieures de +1,9 °C par rapport au témoin, de +1,5 °C pour les températures moyennes sur 24 heures. La culture a montré un bon développement racinaire côté Thermitube, confirmant la restitution de chaleur au sol. À partir de fin mars, la végétation a caché les tubes et l’effet sur la température a été moins important.
En comparaison d’un système traditionnel, le système avec Thermitube a permis de planter un mois plus tôt (5 février au lieu de début mars), d’arriver en récolte 3 semaines plus tôt et de produire 4 kg/m2 avant l’entrée en production du système traditionnel, générant un meilleur prix de vente, grâce à cette précocité.
« Ce système est intéressant pour nous permettre de rester la région la plus précoce », analyse Claire Goillon, directrice et chargée d’expérimentation de l’Aprel, qui va poursuivre des essais sur concombre et fraise. Parmi les points à surveiller : les volumes d’eau nécessaires au remplissage des tubes, qui peuvent atteindre plusieurs centaines de mètres cubes et la manutention de pose et de dépose. La pose tractorisée apparaît toutefois possible. Le coût du Thermitube est estimé à 10 euros le mètre carré mais il est éligible aux CEE (2,50 euros le mètre carré) et peut bénéficier d’aides régionales aux investissements, en fonction des régions.
La sécheresse a compliqué les semis de colza dans de nombreuses régions, et aux difficultés de levées se sont ajoutées…
Tandis que l’export se développe et que la notoriété du crémant s’accroît, les producteurs et élaborateurs français ont…
Dans des zones où les 100 q/ha sont courants en rendement du blé tendre, les risques de verse peuvent être importants,…