Maïs ensilage 2026 : comment complémenter la ration ?

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Plus que jamais, les analyses de fourrages seront utiles cette année, pour composer les rations au mieux. Crédits : © A. Legendre

Rendements faibles, valeurs alimentaires très variables, les ensilages de maïs 2026 nécessiteront d’ajuster les rations. Les analyses de fourrages seront plus que jamais nécessaires.

Cette année, « la qualité des ensilages de maïs est moyenne à médiocre à cause d’épis peu formés et de grains peu remplis », rapportait l’Idele dans sa note agroclimatique du 18 septembre 2026. De plus, « les rendements sont faibles, avec beaucoup de remontées terrains entre 2,5 et 6,5 tMS/ha, expose Anne-Sophie Colart, animatrice de la filière maïs fourrage chez Arvalis. Le gros problème va être le stock fourrager, d’autant que les bovins sont affouragés depuis l’été. »

Alors, comment bien équilibrer la ration avec ces maïs ensilages 2026 ? « Nous incitons tout d’abord les éleveurs à réaliser des analyses de fourrages à l’ouverture des silos, pour ajuster au mieux les rations, et flécher les fourrages vers les différentes catégories d’animaux en fonction de leur valeur », explique Anne-Sophie Colart. Par exemple, Arvalis estime que les ensilages de maïs dont la digestibilité est en dessous de 69 % seront plus adaptés à des animaux à besoins faibles, voire moyens.

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« Les UF ne sont pas liées qu’à l’amidon, ajoute Julie Peyrat, conseillère en élevage indépendante. Elles proviennent également du rapport tige-feuille et de la digestibilité de la NDF. » Ainsi, même avec un taux d’amidon faible, un ensilage de maïs peut avoir une valeur UF correcte.

Besoin de stock ou d’énergie ?

La stratégie de complémentation des ensilages de maïs dépendra donc des résultats d’analyse, de préférence chimique, mais aussi du niveau des stocks fourragers. Cette année, les faibles disponibilités sur le marché des fourrages et des coproduits compliqueront encore l’équation.

« Le maïs ensilage est habituellement un fourrage bien proportionné en fibre et en amidon, rappelle Julie Peyrat, les solutions alternatives ne s’avèrent pas aussi complètes. »

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« Côté fourrages, si c’est le stock qui manque, je pense au sorgho fourrager monocoupe, qui se mélange bien avec le maïs, que ce soit dans le silo ou dans la ration, indique la conseillère, mais il faut pouvoir en acheter ou en avoir semé. On peut aussi envisager un méteil implanté à l’automne, ou des céréales qu’on ensilera au printemps. Cela permettrait de faire la soudure en 2027. » Points de vigilance : la valeur alimentaire des méteils est variable, et dépend du taux de protéagineux dans le mélange. Les céréales ensilées représentent quant à elles de l’énergie rapide, plus acidogène que le maïs. Il s’agira de les compléter avec des fibres. Ces ensilages de printemps ont l’avantage de libérer des surfaces pour implanter derrière un maïs ou un sorgho. Dans la même optique, il est possible d’implanter un ray-grass italien ou hybride.

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« Si l’éleveur cherche plutôt de l’énergie, il pourra se tourner vers les coproduits, en privilégiant des coproduits secs, avec des taux de matière sèche supérieurs à 50 %, pour une meilleure conservation », indique Julie Peyrat. Elle cite notamment les pulpes de betteraves, surpressées, ou déshydratées, dont la valeur alimentaire atteint 1 UF, mais dont la disponibilité risque de manquer cette année. Même questionnement pour les drèches de maïs, à 26 % d’amidon et 1,16 UF ou encore le corn gluten feed, à 19 % d’amidon et 1,15 UF. Les pommes de terre entières et les betteraves entières pourront également être intégrées dans la ration, en limitant la quantité à 5 ou 6 kg bruts.

« Selon la disponibilité, les drèches de pommes sont à envisager, à hauteur de 4 à 6 kg bruts. Leur valeur UF n’atteint que 0,86 UF, mais leur composition, avec des sucres de type pectine, pourra jouer un rôle intéressant pour la flore microbienne », estime la conseillère.

La disponibilité de certains coproduits n’est pas acquise cette année.

Envisager le sucre cristal en cure

« Avec les faibles disponibilités de fourrages et de coproduits sur le marché, cette année, je proposerai le sucre cristal, notamment pour des éleveurs qui vont devoir recourir à du foin de qualité moyenne, voire mauvaise, ou à de la paille pour compléter la ration, indique Julie Peyrat, conseillère indépendante en élevage. Il va permettre de densifier la ration, de tenir des niveaux d’énergie importants. C’est cher, environ 830 €/t, mais on n’en distribue que 100 à 150 g/j. » Elle estime que le sucre colle bien aux fourrages, qu’il est plus facile à distribuer que la mélasse pour les éleveurs qui ne sont pas équipés de mélangeuse, et qu’il n’y a pas de risque d’acidose avec des quantités distribuées faibles. Il pourrait être utilisé en cure, autour de la mise bas, pour répondre aux besoins importants des vaches. « L’idée est d’apporter le plus de valeur possible 15 jours à trois semaines avant vêlage », précise la conseillère.

 
<em class="placeholder">seau de sucre cristal avec ration mélangée</em>
© Atout Nutrition / J. Peyrat
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