Ensilage : Les petits silos étroits favorisent la qualité de la ration

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Les petits silos étroits et longs permettent d’avancer rapidement et de limiter les pertes liées à l’échauffement. Crédits : © J. Larcelet

Pour éviter la dégradation de l’ensilage, il est conseillé d’avancer de 15 cm par jour, sur toute la largeur du front d’attaque. Les besoins journaliers du troupeau doivent donc conditionner la taille des silos.

« L’échauffement du front d’attaque est un véritable enjeu : le fourrage se dégrade, il perd en valeur alimentaire, l’ingestion est moindre. Or, peu d’éleveurs arrivent à avancer de 15 cm par jour », indique Jérôme Larcelet, consultant nutrition chez Virtuoz.

Pour vérifier si le silo chauffe, il conseille de prendre la température du silo au front d’attaque ; elle doit être de + ou – 5°C par rapport à la température extérieure ; mais aussi en profondeur, entre 80 cm et un mètre ; elle doit être d’environ 15°C toute l’année. « Si le fourrage chauffe, il existe des solutions curatives avec des combinaisons de sels d’acides à mettre dans la ration pour la préserver, mais ces mesures sont aussi intéressantes pour prévoir la campagne suivante et éviter que la situation se répète », explique le consultant.

Il vaut mieux éviter d’orienter les fronts d’attaque plein sud. « Si c’est possible, éviter également d’avoir des silos ouverts en pleine pluie, estime Stéphane Lauzet, conseiller indépendant en élevage. Certains couvrent le front d’attaque, par exemple avec un portail sur rail ou une barrière recouverte de film d’enrubannage. »

« Il faut également adapter la taille du silo aux besoins journaliers du troupeau, pour maintenir un avancement d’environ 15 cm par jour, plutôt 10 en hiver et 20 en été, explique Julie Peyrat, conseillère indépendante en élevage. On calcule le besoin journalier du troupeau en kg, on le divise par la densité visée (220 kg MS/m3) et cela donne un volume journalier, en m3. On divise alors ce nombre par l’avancement en mètre, et cela donne une surface en m². »

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Plus d’amidon fermentescible

« Attention toutefois, lorsqu’on utilise une carotteuse pour évaluer la densité réelle d'un silo d'ensilage, on se rend compte que la densité est plus proche de 200 que de 220. Et cela change la quantité de stock », précise Eva Garre.

Selon les conseillers, il vaut mieux concevoir de petits silos étroits, mais longs, afin d’avancer le plus rapidement possible. « Les petits silos sont moins faciles à tasser, concède Jérôme Larcelet, mais ensuite, on évite les pertes quotidiennes des grands silos qui s’échauffent. »

De plus, « en ensilage de maïs plus on avance dans le temps, plus l’amidon est fermentescible. Au bout de six mois, on a gagné 200 à 300 g d’amidon fermentescible, explique Julie Peyrat. Ainsi, garder un petit silo fermé peut s’avérer intéressant, pour engraisser des broutards avec moins de concentrés par exemple. » Pour l’herbe en revanche, « il ne faudrait pas conserver un silo d’herbe plus de 10 à 12 mois, car les protéines finissent par se dégrader », indique la conseillère. 

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