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L’élevage de ruminants compense une partie de ses émissions de gaz à effet de serre

Souvent pointé du doigt pour ses émissions de gaz à effet de serre, l’élevage de ruminants a aussi la capacité de les compenser. En valorisant les prairies et en adoptant des pratiques agricoles adaptées, il contribue au stockage de carbone et limite ainsi son impact environnemental.

Les ruminants valorisent des végétaux non comestibles pour l’homme, mais émettent du méthane lors de leur digestion, principal gaz à effet de serre de l’élevage. Le stockage des effluents (lisiers, fumiers) génère aussi du méthane, ainsi que du protoxyde d’azote, également libéré par les sols fertilisés. Le dioxyde de carbone, lui, provient de l’utilisation d’énergies fossiles et de la production d’aliments pour le bétail.

La séquestration du carbone dans les prairies et les parcours

Les prairies et les parcours sont des puits de carbone naturels. Certaines pratiques peuvent accroître leur capacité de stockage, comme ajuster le chargement ou améliorer les prairies moins productives, par exemple en prolongeant la durée de pâturage (au détriment de la fauche) ou en ajoutant des fertilisants.

Lorsqu’une terre cultivée est convertie en prairie, 26 % de carbone organique sont stockés dans le sol, tandis que l’inverse entraîne une perte de 16 % de ce carbone. Si la réduction du cheptel permet de limiter les émissions de méthane, elle risque cependant d’entraîner une conversion des prairies en surfaces cultivées, ce qui provoquerait la réémission du carbone stocké.

Privilégier l’autonomie et limiter l’alimentation importée

L’alimentation des ruminants est majoritairement produite sur les exploitations. 90 % des fourrages et concentrés en matière sèche proviennent directement des fermes. La part d’herbe dans la ration varie selon les systèmes. En élevage caprin, elle atteint 60 %, contribuant ainsi au stockage du carbone dans les prairies et à l’autonomie alimentaire.

Pour renforcer l’autonomie alimentaire et limiter les importations, les filières travaillent sur l’augmentation de la production de protéines végétales (prairies et légumineuses) et la valorisation des coproduits des cultures oléagineuses (tourteaux, graines) en France et en Europe.

Ainsi, en limitant l’usage d’intrants et d’énergies fossiles et en privilégiant les fertilisants organiques, l’élevage de ruminants peut réduire ses émissions de gaz à effet de serre tout en contribuant au stockage du carbone grâce aux prairies.

Une bonne gestion des effluents pour réduire de 25 % les émissions

En France, environ 40 % des fertilisants utilisés sont d’origine organique. La valorisation des effluents d’élevage augmente le stock de carbone des sols et réduit l’usage de fertilisants minéraux, sources directes de protoxyde d’azote. Ces sols enrichis sont aussi plus stables, s’érodent moins et retiennent mieux l’eau.

Un bon stockage des effluents en bâtiment limite les émissions de méthane et de protoxyde d’azote. La méthanisation, la couverture des fosses et le développement du pâturage sont des leviers clés permettant la réduction de 25 % les émissions d’ici 2050.

Définition

L’effet albédo des prairies

L’effet albédo correspond à la fraction de l’énergie solaire qui est réfléchie par les prairies. En renvoyant une partie de cette énergie vers l’espace, les prairies contribuent à limiter le réchauffement climatique. Avec un albédo moyen plus élevé, les prairies sont plus réfléchissantes que les grandes cultures de blé ou de maïs, ainsi que les forêts de conifères. Couvrir les sols, notamment avec des cultures dérobées, favorise cet effet tout en stockant du carbone.

Côté web

Les services rendus par l’élevage

La Confédération nationale de l’élevage a mis en ligne 22 fiches présentant les services rendus par l’élevage ruminant sur cne-elevagesruminants.fr.

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