Hugo Chevalon, responsable technique de l'AOPn Fraises Framboises de France, revient sur le déroulement de la saison fraise 2026 face au Pestalotiopsis.
« Globalement, nous sommes sur la même intensité que l’année dernière (2025), avec une légère hausse », observe Hugo Chevalon, responsable technique pour l’AOPn Fraises Framboises de France, à propos des attaques de Pestalotiopsis sur fraisepour la saison 2026. Le Sud-Est est le bassin le plus touché, car les principales variétés cultivées dans ce bassin, comme Cléry,sont très sensibles au pathogène. « Le Pestalotiopsis se développe particulièrement bien en créneau précoce, avec des récoltes débutant fin février. Cléry est justement dans ce créneau », indique le responsable technique.
Concernant l’impact des fortes chaleurs de 2026 sur les attaques du champignon, « la production des parcelles les plus touchées s’est arrêtée avant le début des canicules, donc nous n’avons pas trop de recul », regrette Hugo Chevalon.
Une des stratégies possibles : diversifier ses variétés
Après trois années de fortes attaques et face au temps nécessaire à la recherche pour développer des solutions, les fraisiculteurs mettent en place leurs propres stratégies. « Le choix des variétés produites évolue, un changement déjà observé en 2025, renforcé cette année et qui devrait se poursuivre en 2027 », estime Hugo Chevalon, « les producteurs se tournent vers des variétés moins sensibles en attendant d’autres solutions ». Le responsable technique alerte toutefois sur la difficulté de changer de variété : « ce sont des variétés pour lesquelles nous n’avons pas beaucoup de recul sur la manière de les conduire pour en tirer le plein potentiel. Ce manque de recul peut aussi avoir des répercussions sur le commerce ». Le Réseau national d’observation variétal mis en place en 2026 permettra d’acquérir des connaissances plus rapidement sur le comportement de ces nouvelles variétés.