Marché des céréales et du sucre du 21 au 28 octobre 2026 – Chute des cotations du blé tendre sur Euronext et le marché physique français

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L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 21 et le 28 octobre 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.

Les prix du blé tendre ont perdu du terrain entre le 21 et le 28 octobre sur Euronext, avec un recul de 5,75 €/t sur le contrat décembre 2026 et de 6,75 €/t sur celui de mars 2027. Même dynamique sur le marché physique : - 6 €/t, à 226 €/t pour la période octobre décembre. Sur le CBOT, le contrat décembre 2026 a cédé 29,25 cts$/boisseau, à 599 cts$/boisseau, un retour donc sous les 600 cts$/boiss., plus atteint depuis le début du mois de juillet.

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Au niveau international, il se confirme que les récoltes sont abondantes et que les volumes disponibles pour le commerce international demeurent importants, même avec une zone mer Noire toujours au ralenti pour sortir ses récoltes. Cependant, ces derniers jours, un véritable espoir est né pour envisager un règlement, au moins partiel, concernant le conflit russo-ukrainien. Les parties prenantes sont d’accord pour reprendre les négociations en tout cas.

Sur les marchés physiques français, l’activité en portuaire est assez importante, avec notamment une demande marquée pour les blés à haute teneur en protéine (12,5 %) pour servir des marchés autres que ceux traditionnellement clients de la France. Les silos portuaires sont pleins, notamment à La Pallice, gênant parfois les clients dans leur livraison. Les primes ont progressé cette semaine, dans la continuité de la semaine passée, les contrats blé sur le marché à terme Euronext continuant de perdre du terrain. Sur le marché intérieur, quelques petites affaires de complément se concluent sur janvier-mars. Les correspondants indiquent cependant que les acteurs sont dans une logique de 0 risque absolu, ne réalisant des opérations que lorsque vraiment nécessaire. En Bretagne, les fabricants d’aliments pour animaux ne sont plus au marché et en Vendée, ils payent plus cher le blé que dans les ports.

Concernant l'actualité de la filière des grains, Annie Genevard, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire, a annoncé, le 26 octobre 2026, la révision des modalités de calcul de la base de financement de la garantie d’aval des céréales, gérée par FranceAgriMer, pour répondre « aux difficultés de trésorerie rencontrées par les filières céréalières, du fait des conditions climatiques exceptionnelles du printemps et de l’été 2026, et des tensions géopolitiques en Ukraine et au Moyen-Orient ». Cette mesure permettra de renforcer le soutien aux collecteurs de céréales, notamment aux coopératives et aux négoces agricoles, « en portant [de 70 %] à 80 % la base de financement retenue pour le calcul de la garantie d’aval, pour la campagne 2026-2027, du 1er novembre 2026 au 30 juin 2027 inclus », précise le gouvernement. Pour rappel, ce dispositif permet aux collecteurs de bénéficier d’une garantie publique facilitant l’obtention de financements bancaires pour assurer le paiement comptant des céréales aux producteurs.

Frets fluviaux : les dégagements sur le port de Rouen se font au compte-gouttes

Les prix de base du fret fluvial en France n'ont pas évolué entre le 21 et le 28 octobre 2026.

Les niveaux de la Moselle et du Rhin ont connu une très légère amélioration cette semaine, à la faveur de dernières petites précipitations. Cependant, la navigation demeure difficile. Les affaires n'ont pas encore véritablement repris.

Sur le bassin de la Seine, l’activité à destination des terminaux céréaliers du port de Rouen (Sénalia, Socomac et BZ), chaotique et sans visibilité sur le moyen et long terme, se poursuit au gré des chargements des navires qui accostent et de l'acceptation des silos portuaires à réceptionner de la marchandise. Les volumes dégagés sur les installations rouennaises sont cependant corrects, malgré la complexité de l’organisation des transports. Dans un mois et demi, les coopératives vont fermées pour les fêtes de fin d’année. D’ici là, la situation ne devrait guère évolué.

Une période de chômage programmée sur la Petite-Seine, de Mouy-sur-Seine à Nogent-sur-Seine, a démarré le 26 octobre 2026 pour se terminer le 8 novembre 2026, ce qui impacte la logistique fluviale de deux silos céréaliers appartenant l'un à Vivescia et l'autre à Soufflet by InVivo. L’Yonne, en chômage depuis le 19 octobre 2026, sera rouverte à la navigation le 8 novembre 2026. 

L’actualité sur l'intracommunautaire est pratiquement à l’arrêt, ce qui commence à être inquiétant à cette période de l’année.

La situation n’évolue guère sur le Danube avec un niveau d’eau en amont et sur la partie centrale, qui est en « dessous de la normale », voire « très bas ». Sur l'aval du fleuve, le niveau demeure « trop bas pour naviguer », entravant toujours le fret de marchandises. 

Maïs

Les prix ont cédé du terrain et la demande est importante en France

Pour la semaine allant du 21 au 28 octobre 2026, les cours du maïs ont reculé de 3,25 €/t pour l’échéance de novembre et de 9 €/t, à 259,50 €/t sur celle la plus dynamique de mars sur Euronext. Ils ont cédé 11,50 €/t, à 262 €/t en rendu Bordeaux.

À l’international, les prix ont reculé sur le Cbot. L’Argentine est très présente sur les marchés d’exportation pour compenser en partie les volumes qui ne peuvent pas sortir de la zone mer Noire.

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Sur le marché physique français, les prix ont cédé du terrain malgré une demande importante de la part des acheteurs français. Il n’y a plus beaucoup de vendeurs et les acteurs sont dans l’attente du règlement des positions sur novembre 2026. Le différentiel de prix (25€/t) avec l’échéance de mars 2027 bloque le marché. Les Espagnols sont absents du marché français et achètent des maïs d’importation sur les ports de Santander et de Barcelone.

​​​​Orge fourragère

Les acheteurs sont couverts

Les prix de l’orge fourragère ont gagné 0,50 €/t, à 207,50 €/t, sur Rouen pour la semaine du 21 au 28 octobre 2026.

L’activité est calme en orge malgré une demande soutenue, avec des primes qui commencent à remonter face à la baisse des prix du blé sur Euronext. Les acheteurs sont déjà couverts.

Orge de brasserie

Marché baissier

Les prix de l’orge de brasserie sur le marché physique français ont globalement reculé entre le 21 et le 28 octobre 2026, toutes variétés confondues, mais de façon plus marquée en récolte 2026 qu'en récolte 2027. Sur la campagne actuelle, les cours baissent de 4 €/t à 7 €/t en Faro (variété d'hiver) comme Planet (variétés de printemps). Sur la prochaine, ils se replient de 1 €/t à 3,50 €/t en Faro et de 3 €/t à 4 €/t en Planet. Quelques petits contrats sont rapportés quelle que soit la variété et la récolte. La volatilité du contrat blé tendre sur le marché à terme européen, qui se répercute sur la cotation des orges brassicoles, complexifie les affaires.

Concernant la filière brassicole, Malteurop, filiale malt du groupe Vivescia, a annoncé, le 23 octobre 2026, l’acquisition de l’entreprise chinoise Chunlei Malting Co, rapportent nos confrères d'Agra. Cette malterie, implantée dans la province de Jiangsu, à 300 km au nord de Shangaï, affiche une capacité de production de 220 000 t/an de malt, soit près de deux milliards de litres de bière. De son côté, le brasseur danois Carlsberg a annoncé le 29 octobre 2026 une hausse de près de 5 % de son chiffre d'affaires au troisième trimestre 2026 et maintient ses prévisions pour 2026 malgré de faibles performances en Chine, indique Agra. En volume, la vente de boissons non alcoolisées a augmenté de 11 %, à la suite de l'acquisition l'an dernier du fabricant Britvic, tandis que celle des bières a reculé de 3 %, pénalisée par le ralentissement cet été du marché chinois.

​​​​​Blé dur

Peu d’activité

Pas de grande activité cette semaine et cela fait un moment que ça dure. Quelques petites affaires se traitent en semoulerie. Les opérateurs ont en tête la date de fin de dépôt en cette fin de mois d’octobre et donc on devrait voir des volumes sortir en novembre.

​​​​​​Céréales secondaires

Marché inactif

Le marché des céréales secondaires n'est quasiment pas coté en cette semaine du 21 au 28 octobre 2026.

À titre indicatif, on notera le repli de 8 €/t du prix du triticale en départ Allier.

Sucre

Les cours du sucre en forte baisse cette semaine sur les marchés internationaux 

Le prix du sucre brut coté à New York a reculé, de 1,32 ct$/livre pour la semaine allant du 19 au 26 octobre 2026, passant de 19 ,92 cts$/livre à 18,60 cts$/livre. Celui du sucre raffiné coté à Londres a fait de même, de façon plus forte : - 32,60 $/t, à 522,10 $/t.

La réélection ce dimanche du président Lula au Brésil a fortement chahuté les marchés de matières premières agricoles, notamment en provoquant un très net recul de la devise du pays, le real, face au dollar. Ceci renforce la compétitivité des origines Brésil (en sucre, c’est 24 % de la production mondiale et 50 % des exportations) face aux autres produits sur la scène internationale. Du coup, les industriels du sucre utilisent plus de cannes à sucre pour fabriquer du sucre destiné à l’exportation. En revanche, la production, et donc la transformation, de la canne à sucre est perturbée depuis quelque temps en raison de pluies fortes dans les semaines précédentes dans certaines régions de production.

En Inde, le secteur doit toujours composer avec des pluies issues de la mousson (juin à septembre) très inférieures à la normale (les plus basses depuis 11 ans). El Niño est toujours et encore perçu comme une menace pour les productions de canne à sucre, notamment pour les trois principaux exportateurs mondiaux que sont le Brésil, l’Inde et la Thaïlande.  

La rédaction

À surveiller

Blé tendre

  • Évolutions des prix sur Euronext avec ses conséquences sur le niveau des primes.
  • Fin des couvertures des fabricants d’aliments pour animaux sur janvier-mars.
  • Achats en alimentation animale sur les mois à venir.
  • Quelle réaction des vendeurs face à la baisse des cours ?

Maïs

  • Énorme baisse des incorporations de maïs dans les formulations.
  • Primes très élevées sur le marché français.
  • Résiliation d’achats par certains industriels et imbroglio autour des paiements.
  • Niveau de la récolte brésilienne.

Orge

  • Demande internationale en orge fourragère.
  • Fabricants d’aliments pour animaux déjà couverts.

Thierry Michel

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