Pestalotiopsis en fraise : différencier contamination et symptômes

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Le CTIFL a étudié en 2026 la sensibilité de six variétés de fraise commercialisées au Neopestalotiopsis sp. et son incidence sur le rendement et la qualité organoleptique. Crédits : © M. Kerdraon

Le CTIFL a mené en 2026 un essai d’évaluation de variétés déjà commercialisées pour caractériser leur comportement au Pestalotiopsis. La différence tient plus à l’expression des symptômes qu’à la contamination elle-même.

Les résultats de l’essai fraise mené par le CTIFL en 2026 confirment les tendances observées en production. Les analyses mettent en évidence que si les six variétés de l’essai, gariguette, Cléry, Favori, Dream, Magnum et Murano ont toutes été contaminées par Pestalotiopsis (Neopestalotipsis sp.), elles diffèrent dans l’expression des symptômes.

Gariguette est la plus asymptomatique

Au 7 mai 2026, « gariguette a une très bonne tolérance, puisque aucun plant n’a exprimé de symptôme malgré les analyses indiquant clairement une contamination », observe Julia Guillot, ingénieure de recherche fraises au centre CTIFL de Balandran. Indiquée comme une bonne surprise également, la variété Dream qui présente entre 29 et 36 % de plants symptomatiques à la même date. Suivent Magnum (environ 40 % de plants avec symptômes) et Favori (44 à 51 %). Sans surprise, les plants des variétés Cléry et Murano expriment davantage de symptômes. « Murano est la variété la plus sensible, avec 93 à 98 % de plants symptomatiques », révèle l’ingénieure. Pour Cléry, le chiffre « tombe » à environ 63 %.

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Des rendements similaires malgré les symptômes

L’essai met en évidence des rendements peu affectés, sauf pour Murano. Attention cependant, les autres variétés ne présentent que des symptômes légers, plus légers que ceux généralement observés en production. « Pour Murano, on a une baisse de rendement pour la modalité inoculée par rapport à la modalité non inoculée [de l’ordre de 3,7 grammes par plant]. Les symptômes étant sévères, nous avons eu de la mortalité et donc des plants à récolter en moins », observe Julia Guillot. En effet, Murano présente 33 % de plants avec symptômes d’intensité moyenne et 20 % de plants symptomatiques sévères ayant entraîné la mort des plants.

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À noter également que la qualité gustative des fruits n’aura pas été impactée par les symptômes. « Il n’y a pas de différence significative non plus pour les résultats organoleptiques entre les modalités inoculées et non inoculées, et ce pour chaque variété, même Murano », ajoute l’experte.

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Les conditions de l’essai

« Nous avons inoculé les plants de chaque variété par trempage des mottes », explique Julia Guillot, ingénieure de recherche fraise au CTIFL de Balandran. La souche de Pestalotiopsis a été récupérée chez un producteur, puis multipliée par le CTIFL de Lanxade. Les plants inoculés ont ensuite été plantés et conduits en conditions de production classiques : aération dès 25 degrés Celsius atteints dans la serre, maintien d’une température de nuit entre 12 et 14 degrés Celsius, pH entre 5,3 et 6,3 et conductivité électrique entre 1,2 et 1,8 millisiemens par centimètre selon le stade de développement. Au-delà de l’expression des symptômes, l’objectif de l’essai est de mesurer leur impact sur la productivité de la culture et la qualité organoleptique des fruits : sucre, acidité et fermeté.

Quel rôle du substrat dans la contamination ?

En parallèle de l’essai de sensibilité variétale au Pestalotiopsis, le CTIFL de Balandran a étudié la capacité d’un substrat contaminé à contaminer les plants. L’objectif est de déterminer si les substrats peuvent être conservés une saison de plus malgré la présence de Pestalotiopsis dans la serre. Deux modalités sont comparées : une modalité avec des plants sains sur vieux substrat âgé d’un an et provenant d’une serre contaminée et une modalité avec des plants sains sur substrat neuf. « Nous avons retrouvé des plants symptomatiques sur les deux modalités, avec tout de même une légère augmentation des plants avec symptômes sur substrat contaminé, sans différence significative », présente Julia Guillot, ingénieure de recherche fraise au CTIFL. Le substrat semble donc contribuer à la contamination des plants, bien que le facteur majeur de contamination semble être le plant lui-même.

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