Viande bovine : en 2025, les États-Unis ne sont plus les premiers producteurs mondiaux
Les États-Unis ont été doublés par le Brésil, qui prend la place de premier producteur mondial de viande bovine. Il en était déjà le premier exportateur. L’an prochain, États-Unis et Brésil pourraient se talonner, sauf si le pays d’Amérique du Sud surprend de nouveau, grâce à des gains de productivité.
Les États-Unis ont été doublés par le Brésil, qui prend la place de premier producteur mondial de viande bovine. Il en était déjà le premier exportateur. L’an prochain, États-Unis et Brésil pourraient se talonner, sauf si le pays d’Amérique du Sud surprend de nouveau, grâce à des gains de productivité.
Les États-Unis ont produit 11,814 millions de tonnes équivalent carcasse (téc) de viande bovine en 2025, c’est 3,9 % de moins qu’en 2024, selon l’USDA. Ce repli a permis au Brésil de se hisser au premier rang des producteurs mondiaux de viande bovine, avec 12,35 millions de téc (+4,2 % sur un an). Troisième sur le podium, mais loin derrière, la Chine avec 7,79 millions de téc (=). L’Union européenne est quatrième, avec 6,47 millions de téc (-2,8 %).
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Les États-Unis ont perdu la place de deuxième exportateur mondial de viande bovine en 2023, doublés à la fois par l’Inde et l’Australie, qui constituent le podium avec le Brésil depuis cette année.
Sur 2026, États-Unis et Brésil attendus à jeu égal sur la viande bovine
La baisse de production de viande bovine aux États-Unis est en partie liée à plusieurs années de sécheresse, mais aussi au recul des importations de broutards mexicains pour garnir les feedlots américains à cause de la crise sanitaire de la lucilie bouchère. La production américaine de bœuf devrait encore chuter de 0,9 % à 11,712 millions de tonnes en 2026, selon l'USDA.
La production de viande bovine est attendue en baisse en 2026 au Brésil par l’USDA, à 11,7 millions de tonnes (-5,3 %). Ce qui remettrait les États-Unis en première place. Néanmoins certains analystes sud-américains contestent ces chiffres, jugés trop baissiers. D’ailleurs l’USDA avait sous-estimé la production de viande bovine brésilienne en 2025.
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L’élevage bovin gagne en productivité au Brésil
Alors que l’âge moyen à l’abattage des bovins au Brésil était de 5 ans il y a dix ans, il est aujourd’hui de trois ans et tend vers les 24 mois. L’engraissement en feedlot continue de progresser. 28 % du bétail abattu au Brésil sera engraissé en parcs d'engraissement d'ici 2027, contre 22 % en 2025, selon le cabinet Scot Consultoria, cité par Reuters. L’engraissement se fait davantage avec un sous-produit de la transformation du maïs en éthanol qui est plus riche en protéines et donc permet des gains plus rapides. Les éleveurs brésiliens gagnent aussi en efficacité pour les inséminations. Scot Consultoria prévoit que le taux de gestation au Brésil – proportion de femelles gestantes lors d'une saison de reproduction – passera à 54 % en 2027 contre 50 % attendus en 2026. Si le taux de gestation brésilien atteignait 66 %, équivalent à celui de l'Argentine voisine, le nombre de veaux nés chaque année passerait de 32 millions à 40 millions, selon le cabinet Datagro.
Le troupeau brésilien devrait croître de seulement 4 % entre 2024 et 2034, tandis que la production de bœuf augmenterait de 24 %, selon l'association brésilienne des exportateurs de bœuf (ABIEC). Aux États-Unis, la production progresserait de 3,5 % et le cheptel de 5 % sur la même période, selon l'USDA.