Veaux de boucherie : l’offre a chuté plus vite que la demande
Les prix des veaux de boucherie atteignent des niveaux records. Les opérateurs ne cachent pas que la demande est un peu ralentie par le niveau de prix, mais les tensions sur les approvisionnements demeurent très fortes.
Les prix des veaux de boucherie atteignent des niveaux records. Les opérateurs ne cachent pas que la demande est un peu ralentie par le niveau de prix, mais les tensions sur les approvisionnements demeurent très fortes.
8,95 €/kg, c’est la cotation du veau rosé clair O en semaine 3, au stade entrée abattoir selon FranceAgriMer. C’est 16,5 % de plus qu’il y a un an. La barre des 8 €/kg a été dépassée en septembre, celle des 9 €/kg devrait l'être bientôt. Les opérateurs de la filière sont unanimes, la tension est forte sur les approvisionnements. Les abattages de veaux de boucherie reculaient de 8,5 % en cumul sur les onze premiers mois de l’année, selon les données d’Agreste. Si l’on compare les abattages de cette période avec leur moyenne sur 2020-2024, la chute est rude avec un repli de 17,3 %. Sur le seul mois de novembre, la baisse des abattages est de 13,4 %, et décembre ne s’annonce guère mieux.
Répercussion sur les prix de la viande de veau
Les abatteurs ne cachent pas constater une baisse des commandes, au vu des prix pratiqués. Néanmoins, ils la jugent moins prononcée que l’offre, ce qui se traduit par cette tension permanente sur les prix comme sur la logistique. D’autant plus que la production a reculé aussi aux Pays-Bas et qu’il n’y a donc pas d’importation pour donner de l’air.
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La hausse des prix des animaux a été répercutée plus ou moins facilement sur les pièces de la carcasse. La noix de veau s’affiche en moyenne a 22 €/kg au stade gros (cotation viandes piécées sous vide réalisée par Les Marchés pour la fin janvier). Un record inédit, et une hausse de 6,8 % sur un an. La cotation de la poitrine, à 8,55€/kg, affiche de son côté une hausse annuelle de 22,1 %. À l’instar de ce qu’ils constatent en viande bovine, les opérateurs de l’abattage notent une difficulté plus forte à revaloriser les pièces les plus onéreuses, hors période festive.
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Petite amélioration attendue ces prochains mois
Avec la forte tension sur le marché des petits veaux au premier semestre 2025, les intégrateurs ont été contraints d’être prudents dans leurs mises en place. Néanmoins, les cours ont chuté fin septembre, avec la multiplication des foyers de DNC et les restrictions à l’export qui ont suivi. Faute de pouvoir traverser les Pyrénées, davantage de petits veaux ont pu être mis en place.