Poulet, lapin, canard : l’Europe importe des produits chinois dont la conformité n’est pas prouvée
Les importations européennes de volailles et de lapins en provenance de Chine ne sont pas assez contrôlées, selon un audit de la Commission. L’association européenne des producteurs de volailles (AVEC) demande leur suspension.
Les importations européennes de volailles et de lapins en provenance de Chine ne sont pas assez contrôlées, selon un audit de la Commission. L’association européenne des producteurs de volailles (AVEC) demande leur suspension.
Avec Agra
Les contrôles officiels de la production de viande de volaille et de lapin en Chine « ne permettent pas d'offrir des garanties satisfaisantes quant à la validité des attestations de santé publique et de bien-être animal figurant dans les certificats officiels », conclut la direction générale de la Santé de la Commission européenne dans un rapport d'audit mené en novembre 2025 et publié le 19 février.
Manque de fiabilité et de traçabilité de la volaille chinoise
Selon ce travail, « la certification est compromise par l’absence et/ou le manque de fiabilité des informations de traçabilité, par l’absence de procédures adéquates de séparation entre les produits destinés à l’UE et ceux destinés à d’autres marchés ainsi que par l’absence de preuves officielles attestant de la conformité des viandes et produits carnés destinés à l’exportation vers l’UE ». Les inspecteurs européens ont relevé de graves manquements dans les abattoirs, notamment en ce qui concerne l’étourdissement des animaux et le respect des règles d’hygiène.
« Absence de preuves officielles attestant de la conformité des viandes et produits carnés destinés à l’exportation vers l’UE »
Les volaillers européens demandent la suspension des importations de Chine
Dans un communiqué du 24 février, l’association européenne des producteurs de volailles (AVEC) demande, « compte tenu de la gravité des conclusions de l’audit, [...] la suspension des importations de produits avicoles en provenance de Chine, dans l'attente de garanties solides et d'une conformité vérifiée aux exigences de l'UE ». Et de déplorer « l’absence de mesures immédiates » prises par la Commission européenne.
Des flux considérables de poulet et canard chinois
La filière poulet française s’inquiétait à l’automne d’un afflux inédit en provenance de Chine, qui dégage ses surplus de filets de poulet sur le marché européen. « En tout, plus de 40 000 tonnes de découpes de poulet, dont majoritairement des filets mais également des cuisses, sont arrivées de Chine en un an, ainsi que 14 000 à 18 000 tonnes de canard », précisait alors le vice-président d’Anvol.
Le lapin chinois très compétitif
« Le prix de la viande de lapin française est en moyenne 40% plus cher que la chinoise », indiquait fin 2024 Matthieu Loeul, président du directoire de Loeul & Piriot aux Marchés, précisant « l’origine France est plus onéreuse, notamment en raison du coût de la main-d’œuvre, des matières premières et de l’énergie plus élevée qu’en Chine ».
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