Porc : « à Cooperl, nous nous attendons à doubler nos volumes exportés vers les Philippines en 2026 »
Les Philippines importent 40 % de leurs besoins en porc. Cooperl est l’un des fournisseurs français présents sur ce marché asiatique. La coopérative y voit un débouché stratégique à l’export pour les abats et pièces de porc moins valorisées en Europe et compte profiter de l’arrêt des envois de l’Espagne.
Les Philippines importent 40 % de leurs besoins en porc. Cooperl est l’un des fournisseurs français présents sur ce marché asiatique. La coopérative y voit un débouché stratégique à l’export pour les abats et pièces de porc moins valorisées en Europe et compte profiter de l’arrêt des envois de l’Espagne.
Les Philippines sont le onzième pays consommateur de porc au monde, avec une moyenne de 15 kg par habitant et par an, contre environ 30 kg en France. Dans l’archipel, la consommation de viande est encore perçue par une partie de la population comme un marqueur du statut social.
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La coopérative Cooperl exporte déjà depuis plus de 20 ans de la viande de porc et des abats sur ce marché. Sur les 135 000 tonnes de porc exportées chaque année par la coopérative à l’international, près de 10 000 tonnes sont destinées aux Philippines.
« Les Philippines restent très demandeuses en porc »
« Les Philippines restent très demandeuses en porc et nos principaux clients sur place sont des redistributeurs locaux pour les wets markets ou des supermarchés locaux. » indique Julien Rogon, responsable de Cooperl Vietnam, durant un webinaire organisé par Business France. La coopérative y exporte principalement des gorges de porc, mais également beaucoup de poitrines avec os, destinées aux marchés traditionnels, les « wets markets ». « Ce sont des produits plus abordables et plus souples en termes de taxations dans ce pays » explique ce dernier. Cooperl y envoie également des parages, destinés aux industriels locaux.
| Classement | Type de produit | Chiffre d'affaire en 2024 ( en millions d'euros) |
| 1er | Viande porcine congelée | 932 |
| 2 ième | Viande bovine désossée congelée | 682 |
| 3 ième | Viande de bovins désossée congelée | 409 |
Une dépendance accrue aux importations de porc à cause de la PPA
40 % du porc consommé aux Philippines est importé. « Ce n’est pas mal vu de consommer du porc importé, contrairement à d’autres pays asiatiques comme la Thaïlande ou le Vietnam », observe Julien Rogon.
Cette dépendance s’est accentuée avec la peste porcine africaine (PPA), apparue en 2019. La maladie a fortement fragilisé les élevages locaux. Le cheptel philippin, qui atteignait environ 14 millions de têtes avant la crise sanitaire, est tombé autour de 8 millions de porcs en 2025. Le déficit de production locale continue ainsi de soutenir les achats extérieurs, estimés à près d’un million de tonnes par an.
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L’arrêt des envois de porc espagnol fait profiter la concurrence
Historiquement, les principaux fournisseurs du marché philippin étaient l’Espagne et le Brésil. L’Espagne expédiait entre 150 000 et 200 000 tonnes par an vers l’archipel. Mais depuis la détection de la PPA sur son territoire en novembre 2025, les Philippines ont suspendu les importations de porc espagnol.
« Cela va rebattre les cartes. Pour Cooperl, nous nous attendons à doubler nos volumes exportés dans le pays en 2026, pour atteindre près de 20 000 tonnes. Mais le gros gagnant de l’histoire, c’est le Brésil », estime Julien Rogon.
En deux ans, le Brésil a fortement renforcé sa présence. « Les Brésiliens étaient à 120 000 tonnes exportées en 2023, ils sont désormais à plus de 400 000 tonnes », relève-t-il.
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Les autres fournisseurs pourraient également profiter pour augmenter leurs exportations. C’est le cas du Canada qui y importe annuellement 100 000 tonnes, les Pays -Bas sont à 80 000 tonnes, les États-Unis à 70 000 tonnes. La France, de son côté, exporte environ 40 000 tonnes de porc par an vers les Philippines, dont plus de 25 % assurés par Cooperl.

Le marché philippin, prometteur mais complexe
Le marché philippin présente néanmoins plusieurs obstacles. Les risques sanitaires limitent les expéditions vers ce pays qui ferme rapidement ses frontières.
L’instabilité politique et la corruption freinent également le développement des ventes. À cela s’ajoutent les contraintes logistiques, dans un archipel de plus de 7 000 îles, dont beaucoup restent difficiles d’accès aux importateurs de porc. « Il faut avoir une forte présence locale et maintenir les relations clients pour réussir à se développer sur ce marché », conseille le représentant de Cooperl.
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