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Volaille : l’Europe ne fera pas de miracle

La contribution communautaire à la réparation de la crise sera aussi limitée que la dépense nationale.

Payer plein pot et dire adieu au cofinancement européen à 50 % pour les aides déjà versées aux victimes de la crise de la grippe aviaire. Tel est le risque que l’on appréhende rue de Varenne. En effet, le soutien exceptionnel de l'Union européenne à la filière pourrait ne pas être aussi « rétroactif » que l'entendait Dominique Bussereau quand le ministre de l'Agriculture venait d'en décrocher le principe à Bruxelles. Exit, en théorie, les aides nationales plafonnées à 150 000 euros par entreprise (sélection, accouvage, abattage, commerce, etc) selon la procédure « de minimis », soit 18 millions répartis entre régions auxquels s'ajoutent 10 millions d'euros d'aides de « sauvetage ».

Les allégements des charges et compensations au chômage partiel, soit plus de 3,4 millions d'euros, sortent aussi du champ du cofinancement. Exit aussi, du côté des éleveurs, les prises en charge d'intérêts et de cotisations sociales ainsi que les dotations particulières au département de l'Ain, soit 5 millions d'euros.

Aussi, la France ne présente-t-elle à la Commission européenne (au titre d'une première période de crise allant jusqu'à la fin avril) que 22 millions d'euros de compensations pour la destruction d'œufs à couver et les coupes dans le cheptel reproducteur, plus 18 millions d'euros pour les vides sanitaires en élevages. Et elle réitère sans trop d'espoir sa demande de cofinancement pour les 4,5 millions d'euros consacrés aux campagnes d'information et de publicité télévisuelle. Compte tenu des versements déjà effectués ou programmés, Bruxelles pourrait chichement reverser entre 5 et 10 millions d’euros au lieu des 22 millions escomptés.

La participation communautaire est plus assurée quant à la couverture des mois de mai à juillet, qui se monte à une soixantaine de millions d'euros. Cette somme se répartit entre 21 millions d'euros pour la destruction d'œufs à couver et la réforme anticipée des reproducteurs, 13 millions pour les vides sanitaires en élevage, 20 millions pour l'écoulement des produits stockés (correspondant semble-t-il à la rallonge annoncée au congrès de la FNSEA en mars) et enfin 5 millions d'aide alimentaire.`

Faible compensation

Les aides engagées ou à venir à l'échelon national représentent quelque 120 millions d'euros, loin des pertes globales subies, que la branche évalue à 50 millions d'euros par mois. Les éleveurs ne devraient recevoir, en plus des aides nationales « de minimis » ne pouvant dépasser 3 000 euros chacun et leurs soutiens régionaux, que les compensations pour vides sanitaires présentées à Bruxelles. Soit en moyenne 1 500 euros pour les 20 000 éleveurs dont l'activité est avicole à plus de plus de 25 %. Quant aux fabricants d'aliments, seuls ceux qui produisent plus de trois quarts de granulés pour volailles peuvent prétendre à l'aide aux entreprises. Ils demandent l'abaissement du seuil. La France devrait obtenir une réponse à sa demande le 21 juin. Sauf si M. Bussereau parvient à faire avancer la date du prochain comité de gestion spécialisé européen,

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