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Distribution
Vite Mon marché passe la seconde

Née à Nantes, la plateforme de livraison à domicile de produits frais et locaux va se lancer à Bordeaux. Elle vient de lever 1,5 million d’euros pour son développement.

Reynald Naulleau (à droite) avec un des livreurs de Vite Mon marché.
© Th. G.

La start-up nantaise Vite Mon marché occupe depuis fin février 300 m² dans un entrepôt logistique situé sur le pôle agroalimentaire jouxtant le nouveau Min de Nantes à Rezé. Elle a été fondée par Reynald Naulleau et Nicholas Hoddevik, un duo franco-norvégien aux racines rurales, afin d’amener « un marché en direct des producteurs en moins de 60 minutes à Nantes », explique le premier. Vite Mon marché va chercher chez les producteurs ou se fait livrer durant la matinée un peu d’épicerie et des produits frais, en grande majorité locaux et bios. La proximité du Min et de ses flux logistiques va faciliter cet approvisionnement, que ce soit auprès du carreau des producteurs locaux ou des grossistes en produits exotiques. Quatre camions, qui se répartissent quatre zones de l’agglomération nantaise, sont en fin de matinée chargés de 250 à 300 produits essentiels. La livraison se fait entre 14 heures et 21 heures.

Grâce à un système de géolocalisation, le client se connecte au stock du camion le plus proche, qui ainsi peut le livrer dans l’heure. Cette promesse a changé le modèle de la start-up. Créée en 2017 sous le nom de Zgoat, elle fonctionnait à l’origine sur un schéma plus classique, avec prise de commandes jusqu’au dimanche soir et livraison à partir du mercredi.

On était mort si on n’était pas capables de livrer en 60 minutes

L’arrivée à Nantes de Rob Spiro et de son accélérateur de start-up Imagination Machine, et sa rencontre avec les dirigeants de Zgoat ont changé la donne. L’Américain, qui avait expérimenté en 2011 la vente de produits frais et locaux à San Francisco avec Good Eggs, s’est associé à Reynald Naulleau et Nicholas Hoddevik et leur a apporté son expertise. « On s’est dit avec Rob, que face à la concurrence, comme Amazon Fresh, on était mort si on n’était pas capables de livrer en soixante minutes », relate Reynald Naulleau.

« Nous nous sommes mis dans les clous pour être capables de répondre techniquement et logistiquement à cette demande de l’instant, dont les clients prennent vite l’habitude », ajoute-t-il. Les faits semblent leur donner raison. Zgoat tournait à 200 commandes par semaine et proposait près de 3 000 références.

500 commandes par semaine

Avec une offre resserrée et l’accent mis sur la fraîcheur, Vite Mon marché affiche aujourd’hui 500 commandes par semaine et un panier moyen de 42 euros. Trois des quatre camions nantais sont rentables. L’objectif affiché sur la ville est d’arriver en fin d’année à dix camions, 1 000 commandes et 2 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Vite Mon marché veut par ailleurs dupliquer son modèle, en franchise dans des villes moyennes et en propre dans les grandes agglomérations. La start-up annonce un démarrage de son activité à Bordeaux au second semestre 2019. Elle visera ensuite Lyon, Toulouse, Lille et même des métropoles européennes comme Barcelone, Madrid et Milan.

Après avoir levé 600 000 euros l’an dernier, elle vient de finaliser une levée de fonds de 1,5 million d’euros en accueillant West Web Valley à son capital, tout en enregistrant un réinvestissement de la part de Go Capital. L’opération est complétée par de la dette et des aides de Bpifrance pour un financement total de 2,3 M€. Son équipe, d’une quinzaine de salariés, devrait doubler dans le courant de l’année.

Une offre locale et bio

L’essentiel des producteurs, une cinquantaine, qui approvisionnent Vite Mon marché sont situés dans un rayon de 50 à 80 km autour de Nantes. « Notre offre est locale à 85 % et bio à près de 75 % », annonce Reynald Naulleau. La plateforme donne une visibilité aux produits de petites et moyennes structures, déjà adeptes des circuits courts. On trouve parmi ses fournisseurs l’Esat Val de Vay qui travaille en maraîchage bio, l’atelier de découpe de viandes De la terre à l’assiette à Puceul ou encore O’Poisson et la famille vendéenne Hennequin pour les produits de la mer. Vite Mon marché achète oranges, citrons, avocats au Min, mais n’exclut pas de se fournir un jour en direct auprès des producteurs avec la croissance des volumes.

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