Viande bovine : au Mercosur, la répartition du quota vers l’UE bloquée par le Paraguay
Les pays du Mercosur doivent s’entendre sur le système de distribution du nouveau contingent de bœuf ouvert par l’UE via son accord de commerce intérim avec le Mercosur. Le Paraguay bloquerait les négociations en réclamant le quart du gâteau.
Les pays du Mercosur doivent s’entendre sur le système de distribution du nouveau contingent de bœuf ouvert par l’UE via son accord de commerce intérim avec le Mercosur. Le Paraguay bloquerait les négociations en réclamant le quart du gâteau.
Les pays membres du Mercosur se sont donnés jusqu’au 1er septembre prochain pour s’entendre sur un sujet lourd d’enjeux financiers : leur système de distribution interne du nouveau contingent de bœuf ouvert par l’Union Européenne (99 000 t par an au bout de 5 ans) via son accord de commerce intérim avec le Mercosur, appliqué depuis le 1er mai.
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Le Paraguay veut sa part du contingent de viande bovine
« Pour cette année 2026, le quota porte sur 6 200 t, soit 4 200 t de viande désossée. Faute d’entente préalable, c’est le principe du premier arrivé, premier servi, qui prévaut », nous informe le directeur de l’Association des producteurs et exportateurs de bœuf argentin (APEA), Fernando Herrera. « On verra bien, au bout de cette année-test, si le Brésil rafle tout, ou pas », nous a-t-il dit.
« C’est le principe du premier arrivé, premier servi, qui prévaut »
Le système qui vaudra pour 2027, voire au-delà, fait l’objet d’âpres négociations entre les chancelleries sud-américaines. « Elles sont bloquées par le Paraguay qui réclame 25% du gâteau, soit une part égale à celles de l’Argentine et de l’Uruguay. Or, le Paraguay apporte à peine 3% des exportations totales de bœuf de la région… », nous a dit Martín Rapetti, un éleveur allaitant argentin membre des commissions viandes des plus hautes instances privées de la région.
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« La posture qui l’emporterait serait plutôt celle partagée par le Brésil, qui fait valoir ses antécédents à l’export… et la taille de son territoire !... en prétendant à entre 42 % et 46 % du contingent, ainsi que par l’Argentine qui réclame de 23 % à 27 %, et par l’Uruguay, qui se contenterait de 21 % à 24 % », précise Martín Rapetti.
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Répartir le quota de viande bovine au sein des pays du Mercosur
Mais quel système de distribution nationale prévaudra-t-il, une fois cette donnée régionale acquise, au sein de chacun de ces quatre pays champions à l’export ? En Argentine, le système envisagé serait calqué sur celui du Hilton. C’est le vœu de l’industrie locale qui préserverait là ses intérêts. Le maillon élevage serait pris en compte en ayant une participation garantie dans ce nouveau négoce à l’export à hauteur de 10% des volumes concernés, à l’instar du précédent Hilton.
Le Brésil et l'Argentine ont déjà homologué l’accord intérim Mercosur-UE sans toutefois le réguler : rien n’est dit sur les volumes de ce quota taxé à 7,5% aux douanes européennes et devant être ouvert progressivement sur 5 ans pour l’être complètement en 2031 avec 54 450 t de viande réfrigérée et 44 550 t de bœuf congelé.
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Fin des taxes sur le bœuf Hilton
En plus de ce nouveau contingent, le secteur du bœuf argentin a obtenu un autre cadeau significatif avec cet accord : l’élimination de la taxe de 20% prélevée sur le bœuf Hilton, soit un bel avantage pour l’Argentine qui a droit à 29 000 t de ce contingent historique.
« Les importateurs européens commencent à négocier leur avantage lié à cette soudaine déduction fiscale »
Cet avantage a été jusqu’ici totalement capté, selon nos sources à Buenos Aires, par le fournisseur argentin. Mais, « les importateurs européens commencent à négocier leur avantage lié à cette soudaine déduction fiscale », reconnaît Fernando Herrera alors que le prix FOB de la tonne de bœuf Hilton a bondi de 2 500 € d’un jour à l’autre suivant l’application de l’accord.