Aller au contenu principal

Sécurité sanitaire
Vers un renforcement du dispositif après l’affaire Lactalis

À la suite de l’affaire Lactalis, les commissions des Affaires économiques et des Affaires sociales du Sénat proposent des évolutions à apporter aux pratiques et aux cadres législatif et réglementaire pour éviter un nouveau scandale sanitaire.

Vingt-huit personnes ont été auditionnées par le Sénat entre le 23 janvier et le 21 février 2018.
© DR

Les commissions des Affaires économiques et des Affaires sociales du Sénat ont auditionné des représentants de la chaîne de production agroalimentaire du 23 janvier au 21 février 2018, à la suite de l’affaire Lactalis. Vingt-huit personnes, des producteurs aux consommateurs, ont été entendues par le Sénat pour cibler les nécessaires évolutions à apporter aux pratiques et aux cadres législatif et réglementaire. Les failles de trois étapes ont été mises en lumière : la réalisation des contrôles sanitaires des produits, la phase d’information sur la procédure de retrait-rappel, et l’exécution de cette procédure.

Le Sénat souhaite renforcer l’efficacité des mécanismes d’autocontrôles, en obligeant les producteurs à communiquer les résultats de leurs autocontrôles à l’autorité administrative s’ils se révèlent positifs (donc dangereux pour la santé humaine), y compris dans l’environnement. L’autorité administrative pourrait de plus être susceptible de contrôler les informations figurant dans les registres tenus à jour par les fabricants. Le sénat prône aussi une unification des responsabilités des contrôles, car les interlocuteurs administratifs des fabricants diffèrent selon la nature des produits créés. Une augmentation des moyens de la DGCCRF et de la DGAL est nécessaire pour mettre ces mesures en place et accroître la fréquence des contrôles, ajoutent les sénateurs.

Une liste unique pour les rappels

Pour pallier les difficultés de communication une fois la contamination avérée, le Sénat souhaite renforcer la traçabilité des produits pour identifier au plus vite des lots à risque, et éviter une succession de mesures de rappels concernant un même produit. L’autorité administrative souhaiterait la diffusion d’une liste unique et mise à jour de tous les produits nécessitant un rappel, et l’utilisation des nouvelles technologies pour prévenir les consommateurs, comme des messages sur les réseaux sociaux ou le développement d’applications spécifiques.

Pour répondre aux défaillances de l’exécution matérielle des rappels de produits, le Sénat propose une mise à jour du guide de gestion des alertes alimentaires, non révisé depuis 2009. Afin d’éviter l’achat de produits contaminés par les clients, un blocage en caisse grâce au code-barres est proposé, ainsi qu’un blocage des ventes en ligne. Une fois le produit acheté, le distributeur pourrait contacter le consommateur concerné grâce à l’identification de son numéro de carte bancaire pour les risques les plus graves, mais cette démarche remet en cause le secret professionnel des banques. Enfin, le Sénat souhaite mettre en place des sanctions dissuasives, qui rendraient les amendes en cas de faute plus onéreuse que la mise en place de contrôles.

Des mesures qui conviennent à l’Ania

« Il est important de tirer les leçons de la crise Lactalis en continuant à travailler avec les pouvoirs publics et les autorités sur la gestion des alertes, en y intégrant notamment les nouveaux outils techniques. Il ne faut pas oublier l’importance de la communication et le devoir de transparence vis-à-vis des acteurs et des consommateurs. Les mesures des commissions des Affaires économiques et des Affaires sociales vont dans ce sens », répond aux Marchés Hebdo un porte-parole de l’Ania. L’association rappelle participer à un groupe de travail intégrant les parties prenantes – industriels, distributeurs, associations de consommateurs et pouvoirs publics – dans le cadre du Conseil national de la consommation, afin de renforcer l’efficacité des procédures de retrait-rappel et faciliter la diffusion de l’information complète et transparente pour les consommateurs.

Les plus lus

poules dehors en élevage
Prix des poules pondeuses – Cotation réalisée le 21 août 2026

La CPP (Cotation poule pondeuse) est publiée dans Les Marchés le lundi reflète les prix de la semaine précédente. La CPR…

camion de collecte de lait
Produits laitiers : Lactalis, n°1 mondial, creuse l’écart, et des entrées dans le top 20 de la Rabobank

Le trio de tête des plus grandes entreprises laitières du monde reste inchangé en 2026 et Lactalis domine toujours largement…

Vue aérienne d'une ferme agricole
Viande et volaille : une hausse plus modérée de la consommation pourrait tasser les prix mondiaux d’ici 2035

La production mondiale de viande va continuer d’augmenter ces prochaines années, tandis que la croissance de la consommation…

cartons sous film
D’où viennent les œufs vendus sur le marché de Rungis ?

L’origine France est très largement majoritaire pour les œufs vendus sur le marché d’intérêt nationale de Rungis.  

quartiers de viande au frigo
Viande bovine : pourquoi la France a creusé son déficit commercial au premier semestre 2026

Les exportations françaises de viande bovine ont baissé de 13 % au premier semestre, reflet du manque d’animaux. Une baisse…

carcasse en abattoir
Viande : vent nouveau pour les abattoirs prestataires ?

Les petits outils d’abattage multi-espèces en prestation de services ont retrouvé de la stabilité après des années difficiles,…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio