Aller au contenu principal

Vers un PNNS plus sévère pour l’industrie

Le HCSP propose de taxer les produits notés D et E.
© DR

« Si la prévalence de surpoids et de l’obésité chez l’adulte s’est stabilisée entre 2006 et 2015 elle reste à un niveau encore trop élevé, respectivement de 49 % et 17 % », peut-on lire dans la proposition de Stratégie nationale de santé 2018-2022 qui était soumise à consultation des Français jusqu’au 25 novembre. Les réponses collectées devront permettre d’enrichir le projet avant son adoption en comité interministériel de la Santé ce mois-ci.

Au premier semestre 2018, cette stratégie sera mise en œuvre par des programmes nationaux et plans dont le programme national nutrition santé (PNNS) 4. La fiche intitulée « promouvoir une alimentation saine » de la Stratégie nationale prévoit déjà qu’il sera nécessaire dans les années qui viennent de « favoriser le déploiement de l’étiquetage nutritionnel clair et simple sur les produits alimentaires (Nutri-Score) » ou encore de « limiter l’influence de la publicité et du marketing alimentaire sur les enfants en les réglementant » ou « d’encadrer la promotion des marques associées à des aliments peu favorables au plan nutritionnel ».

« De nouvelles voies, y compris fiscales et réglementaires »

Des idées largement prônées par le Haut Conseil de la Santé publique (HCSP) qui a rendu son rapport et ses préconisations en novembre pour le PNNS 2017-2021. Estimant à l’instar du précédent rapport Igas, que les mesures d’autorégulation des PNNS 2001-2017 « ont montré leurs limites », le HCSP « préconise de nouvelles voies, y compris fiscales et réglementaires pour accélérer l’amélioration de la qualité nutritionnelle ». Parmi elles : la mise en place d’une taxe d’accise dépendant du profil nutritionnel des produits pour les produits préemballés relevant du champ d’application du règlement Inco, et inclus dans les catégories Nutri-Score D et E. Le HCSP recommande aussi d’interdire l’utilisation de tous supports publicitaires à destination des moins de 16 ans pour ces mêmes aliments classés D et E.

L’affichage Nutri-Score en restauration d’entreprise

À destination de la restauration collective, le HCSP recommande que le groupe d’étude des marchés de restauration collective et nutrition (GEMRCN) soit remis officiellement en place et que ses recommandations soient rendues obligatoires, par arrêté, non plus seulement pour la restauration scolaire mais pour « l’ensemble des types de restauration collective qu’il régit, avec obligation d’embauche d’une diététicienne dans les sociétés de restauration ».

Autre proposition : rendre obligatoire l’affichage du logo Nutri-Score en restauration collective pour les adultes sur les systèmes de présentation des plats à l’entrée des restaurants avec un rappel au moment du choix dans un self (pour les produits préemballés). Pour les enfants, le HCSP prône « une expérimentation préalable avant la généralisation de la mesure ».

La taxe soda reformulée dans le PLFSS

L’Assemblée nationale a voté le 29 novembre en seconde lecture une formule modifiée de la taxe soda dans le cadre du projet de budget de la Sécurité sociale. Le nouveau barème, applicable début juillet 2018, commence au seuil de 3 euros par hectolitre, au lieu de 3,50 euros (comme voté au Sénat). Et la modulation est plus progressive. Pour une boisson contenant 11 kilogrammes de sucres ajoutés par hectolitre, la taxe s’élèvera à 23,50 euros, contre 17,50 euros dans la version précédente. Au-delà de 15 kilogrammes de sucres ajoutés par hectolitre de boisson, le tarif par kilogramme supplémentaire sera de 2 euros par hectolitre.

Les plus lus

vaches laitières dans une prairie
Vaches laitières : après un an de flambée, les prix vont-ils vraiment baisser ?

Les prix des vaches laitières ont commencé leur escalade il y a un an. Si un mouvement de baisse automnale se fait sentir, les…

Poulets JA787 aux Pays-Bas. © Hubbard
Poulet standard : y-a-t-il une vraie bascule vers le poulet ECC ?

Alors que le poulet standard est le moteur de la croissance de la production en France, LDC et Galliance ont annoncé s’engager…

Poule de réforme en élevage sol
Poules de réforme : comment les abattoirs s’adaptent à la baisse de l’offre ?

Les abattages de poules pondeuses de réformes reculent depuis 2021. Entre grippe aviaire, allongement des durées de pontes et…

drapeau turc
Bovins : la Turquie continue sa décapitalisation, l’Europe en profite peu

Alors que les abattages de bovins continuent de progresser en Turquie faute de rentabilité de l’élevage allaitant et laitier,…

bateau porte conteneur a quai
Bovins : des exportations en baisse de 13 %, des importations en hausse de 6 % au niveau européen

Le solde du commerce extérieur de la filière bovine européenne s’est fortement dégradé au premier semestre 2025, alors que l’…

pièce de boeuf argentin
Comment le bœuf argentin gagne les boucheries de France

Le succès des restaurants de bœuf argentin à Paris s’étend aux boucheries de luxe. Sa notoriété en Europe est soignée en amont…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio