Aller au contenu principal

Produits de la mer
Vers un nouveau modèle d’aquaculture

Le pôle français Aquimer est engagé dans la mise en place d’un modèle aquacole européen du futur. La construction de sa station expérimentale de Boulogne-sur-Mer est à présent terminée et tourne depuis deux mois.

Thierry Missonnier, directeur d'Aquimer.
© DR

Le pôle de compétitivité Aquimer, le seul sur la valorisation des produits aquatiques, a réaffirmé à la presse le 3 juillet sa volonté d’accompagner plusieurs projets pour créer le modèle aquacole européen du futur. « Depuis 2015, on consomme plus de produits issus de l’aquaculture que ceux issus de la pêche », rappelle Thierry Missonnier, directeur d’Aquimer.

Le pôle prône un modèle d’élevage de saumons ou de truites en eau douce et en circuit fermé, à cause de la faible disponibilité de l’espace maritime. « Aujourd’hui, seulement 20 % des produits aquacoles consommés par les Français sont made in France, et on ne va pas se leurrer, dans quelques années, cela ne sera plus que 15 % », estime-t-il. La France souhaite en effet miser sur la qualité de ses fermes aquacoles et de ses produits, la recherche de sécurité sanitaire, qui se traduirait par un prix de vente onéreux.

On ne veut pas faire en France de l’aquaculture de masse

« Nous ne cherchons pas à créer des produits peu chers. On ne veut pas faire en France de l’aquaculture de masse comme en Norvège ou en Chine. Nous travaillons beaucoup aussi sur la sélection génétique des poissons en choisissant des lignées plus résistantes aux maladies, ainsi que sur la vaccination, que nous privilégions par rapport à l’utilisation de traitements antibiotiques », précise Thierry Missonnier. Pour développer la recherche aquacole, Aquimer a lancé il y a deux mois le fonctionnement de sa station expérimentale située à Boulogne-sur-Mer. Elle est financée entièrement par la ville, à hauteur de 4,5 millions d’euros. « Toute l’Europe est intéressée pour y faire des expériences. Actuellement, il y a des tests pour que l’eau sortante soit dans le même état que l’eau entrante », se réjouit Thierry Missonnier.

L’aquaculture a déjà réussi à réduire son taux de renouvellement d’eau quotidien à 5 %. De nombreux transformateurs ont manifesté à Aquimer leur intérêt pour s’approvisionner en produits aquacoles pour sécuriser leur sourcing.

Un travail sur la mécanisation des processus

Aquimer s’intéresse aussi à faire évoluer les processus en aval. Parmi la centaine d’autres projets menés et financés par le groupe, pour un budget de 200 millions d'euros, Aquimer travaille sur sa technologie Lowtev, qui utilise les ultrasons pour nettoyer les tapis convoyeurs, permettant une réduction de 60 à 80 % de la consommation d’eau et de 30 % de la consommation d’énergie, et une croissance de 20 % de la production. Le pôle aux 125 adhérents travaille aussi sur la mécanisation du retrait des arêtes (désarêtage), afin de proposer une solution au frein majeur à l’achat de poisson par les consommateurs.

Par ailleurs, dans le cadre du programme européen Horizon 2020, Aquimer a organisé à Bruxelles le 27 juin son premier atelier européen sur le thème des microplastiques qui contaminent les océans. Une soixantaine de participants d’une dizaine de nationalités différentes a été réunie autour du sujet et de la présentation des projets. « Horizon 2020 a entraîné de nombreux appels à projets sur les microplastiques des océans, mais aussi sur les protéines alternatives, la valorisation des coproduits, et l’intégration des nouvelles technologies dans les process », ajoute Angeline Pignon, directrice adjointe d’Aquimer.

Coproduits végétaux et insectes

« Nous avons réalisé un gros travail sur l’aliment des poissons, notamment sur les coproduits végétaux », affirme Thierry Missonnier, directeur d’Aquimer. Aquimer a aussi réalisé de nombreux travaux sur l’alimentation aquacole à base d’insectes. « La Commission européenne a légalisé l’incorporation de produits à base d’insectes pour l’alimentation piscicole, donc tout se concrétise. Auchan, en travaillant avec Innovafeed, a récemment lancé une filière de truites nourries à base, entre autres, de farines d’insectes », se réjouit Angeline Pignon, directrice adjointe d’Aquimer.

Les plus lus

Des camions brulés dans un incendie
Porc : incendie de la flotte de camions de l’abattoir Paris Terroirs à Houdan

Ce week-end de Pâques, Cooperl a perdu ses camions frigorifiques de l’abattoir de Houdan, dernier abattoir porcin d’ile de…

oeufs industrie
Œufs : L’UE importe plus, l’Ukraine et la Turquie en profitent

L’évolution des prix des œufs français, au  27 mars 2026, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie trois fois par…

quai de déchargement des porte conteneur
Viande bovine : record historique des importations européennes au mois de janvier

Jamais sur un mois de janvier, l’Union européenne n’avait importé autant de viande bovine qu’en 2026. Les envois étaient…

poule rousse dans un champ vu de prés
Prix des poules de réforme – Cotation réalisée le 27 mars 2026

La CPP (Cotation poule pondeuse) est publiée dans Les Marchés le lundi reflète les prix de la semaine précédente. La CPR (…

4 personnes devant un rayon oeuf
Œufs : « Metro fait ce qu’il faut faire quand on s’engage à sortir de la cage : travailler sur l’offre et avec ses clients »

Le grossiste Metro France a publié sa feuille de route pour sortir définitivement des œufs de poules en cage d’ici mars 2028,…

Drapeaux de l'UE et d'Australie ensemble
Accord UE-Australie : « La Commission a manifestement tenu ses engagements » sur la viande et le sucre selon Jean-Noël Barrot

Alors que les filières ovines et bovines françaises, ainsi que le sucre, s’inquiètent de l’accord commercial entre l’UE et l’…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio