Aller au contenu principal

Empreinte eau
Une norme ISO pour encadrer le calcul de l’empreinte eau

D’ici l’automne 2014, la norme internationale ISO 14046 donnera les lignes directrices de l’évaluation de l’empreinte eau.

Sébastien Humbert, délégué 
à l’Organisation internationale 
de normalisation ISO.
Sébastien Humbert, délégué
à l’Organisation internationale
de normalisation ISO.
© R.d

 

Fin février, une version presque finalisée de la norme ISO 14046 qui donne les lignes directrices de l’évaluation de l’empreinte eau des produits, des processus et des organisations basées sur l’analyse du cycle de vie (ACV) a été approuvée par une majorité de pays. « Certains pays, plutôt secs, ont voté contre, sans doute parce qu’ils redoutent que cette norme ne nuise au commerce de leurs produits, précise Sébastien Humbert, de Quantis et délégué à l’Organisation internationale de normalisation ISO. Nous devons donc examiner les raisons de leur refus. Toutefois, ce vote était une des dernières étapes les plus difficiles avant l’adoption de la norme qui pourrait avoir lieu dès septembre 2014. » Initiée en 2008, la norme ISO 14046 spécifie les principes, les exigences et les lignes directrices pour la conduite et le compte rendu d’une évaluation de l’empreinte eau. « L’empreinte carbone des produits et des entreprises est de plus en plus prise en compte, souligne Sébastien Humbert. Et en 2007, les entreprises ont commencé à s’intéresser également à l’empreinte eau. Mais les scientifiques ne sont pas encore d’accord sur les méthodologies de calcul de cette empreinte eau. Et des entreprises publient des chiffres sans que l’on sache en détail les méthodes qui ont été utilisées et sans que l’on puisse donc les interpréter correctement, voire les comparer. Or ces données sont très sensibles et peuvent, dans certains cas, être utilisées pour discriminer les produits. Suite notamment à la publication des chiffres du Water Footprint Network, qui, souvent ne tenaient pas compte du lieu de production, il a donc été décidé de créer une norme pour encadrer l’évaluation de l’empreinte eau. »

 

IMPORTANCE DU FACTEUR « STRESS HYDRIQUE »

Un des grands principes retenus par la norme ISO 14046 est qu’une évaluation de l’empreinte eau doit être basée sur l’Analyse du cycle de vie (ACV) et doit s’intéresser aux quantités d’eau consommées, aux conditions du lieu où cette eau est consommée, avec des dimensions géographiques pertinentes, et à la pollution engendrée. « Regarder combien d’eau consomme un produit ne suffit pas, car l’impact n’est pas le même si l’on est dans un pays sec ou très humide, souligne Sébastien Humbert. Il est essentiel de prendre en compte un facteur de stress hydrique pour évaluer quel impact sur l’environnement a vraiment la consommation d’eau. » La norme dit également que l’on peut négliger les flux d’eau de pluie dans la consommation d’eau du produit. « Théoriquement, il faudrait prendre en compte l’eau de pluie si cela avait un impact sur l’environnement. Or la norme se focalise sur ce qui entraîne des modifications par rapport au fonctionnement naturel du milieu. Et en l’état actuel de la science, qu’une vache pâture ou non une prairie ne change pas les flux d’eau de pluie. » Un autre principe posé par la norme ISO 14046 est que, s’il y a communication sur les chiffres obtenus, il faut que cela se fasse en toute transparence et de manière honnête. « Il faut que les modes de calcul soient présentés dans le détail et accessibles à tous et que les résultats aient été examinés par des experts indépendants s’il y a comparaison entre produits. » Une évaluation comparant par exemple un litre de lait de vache et un litre de lait de soja doit prendre en compte pour le soja l’eau d’irrigation nécessaire à sa culture et les pollutions de l’eau engendrées, mais aussi l’eau nécessaire à la culture des céréales utilisées pour nourrir la vache. La norme ISO 14046 précise aussi un certain nombre de définitions (classification des différentes eaux…).

 

REMISE À JOUR DANS QUELQUES ANNÉES

L’ISO 14046 permet donc d’encadrer l’évaluation de l’empreinte eau. Comme d’autres normes, elle n’est pas certifiable. « Il peut y avoir des certificats de conformité établis par des groupes de consultants, mais il ne faut pas faire croire aux consommateurs qu’il s’agit d’une certification officielle », insiste Sébastien Humbert. Et, les scientifiques n’étant pas encore d’accord sur les calculs à utiliser, elle ne donne pas de méthodologie précise de calcul. Très prochainement, peut-être en 2015, une autre norme, l’ISO 14073, viendra toutefois compléter la norme ISO 14046 en donnant des exemples de calcul de l’empreinte eau, mais sans dire quelle méthode est la plus appropriée. Et d’ici 2 ans, quand le groupe de travail WULCA chargé de mettre au point les méthodes de calcul de l’empreinte eau à utiliser se sera mis d’accord sur la méthode, la norme ISO 14046 sera sans doute mise à jour avec les méthodes de calcul recommandées. L’ISO 14046 invite aussi les différents secteurs économiques à décliner la norme dans le détail pour chaque catégorie de produits. « L’idéal serait que cette déclinaison se fasse dans le cadre du pilote pour l’agroalimentaire de la méthodologie PEF/OEF de la Commission européenne, qui précise la méthodologie à utiliser pour l’évaluation de l’impact environnemental des produits et qui aura lieu de mi-2014 à fin 2016, souligne Sébastien Humbert. Si les producteurs de lait ou leurs associations s’engagent dans ce pilote, ils devront non seulement évaluer leur empreinte carbone, mais aussi leur impact sur les autres facteurs environnementaux et notamment l’eau. »


Les plus lus

des poules oranges
Prix des poules pondeuses – Cotation réalisée le 07 mai 2026

La CPP (Cotation poule pondeuse) est publiée dans Les Marchés le lundi reflète les prix de la semaine précédente. La CPR (…

conteneur bresilien au port
Viande bovine : les exportations brésiliennes pourraient chuter de 10 % à cause de la Chine

Les droits de douane instaurés par la Chine sur la viande bovine vont bientôt conduire à l’arrêt des exportations du Brésil,…

batau porte conteneur de dos
Viande bovine : la consommation continue de reculer dans l’UE, mais les importations vont bondir en 2026

La consommation par bilan de viande bovine va continuer son déclin en 2026, selon les prévisions de la Commission européenne.…

vue en contre plongée, dans une allée entre des conteneurs sur un port
Viande bovine : chute attendue de 13 % des importations chinoises en 2026

La production mondiale de viande bovine est attendue en légère baisse en 2026. Ce alors que le premier importateur mondial, la…

vaches dans une prairie
Quelles sont les conséquences des mesures pour réduire le cheptel laitier aux Pays-Bas sur le marché du lait européen ?

Les Pays-Bas mettent en place un système d’aides pour réduire les troupeaux laitiers. Si les effets à court-terme seront peu…

photo rayon viande haché
Les prix des bovins baissent, que se passe-t-il sur le marché de la viande ?

La baisse des prix des gros bovins au printemps suscite l’ire de l’amont, alors que les abattoirs se plaignent d’une…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio