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Stratégie
Tereos maintient son cap sans fermetures

Le premier sucrier français, qui est aussi le deuxième mondial, n’échappe pas aux pertes financières des sucriers européens. Il entend néanmoins poursuivre son développement sans fermer de sucreries.

À partir d' Escaudœuvres, près de Cambrai (59), Tereos accompagne ses clients en Afrique, Asie et au Moyen-Orient.
© DR

Tereos enregistre une perte de 242 millions d’euros au titre de son exercice 2018-2019 (d’avril 2018 à mars 2019). Le précédent résultat net (2017-2018) était faible : 24 millions d’euros avant distribution aux betteraviers français sous forme compléments de prix.

Pour autant, le 2e sucrier mondial (le 1er étant Südzucker), installé en France et au Brésil, s’estime doté d’une résilience particulière. II puise l’essentiel de sa rentabilité (75 % de son Ebitda pour 2017-2018, 86 % pour 2018-2019) dans ses activités internationales, etc. (essentiellement sucre et éthanol) et de la transformation du blé (amidon, produits sucrants, protéines). De plus, un échange de participations avec l’alcoolier italien Etea en cours de conclusion doit rapporter au groupe un potentiel de plus-value de 140 millions d’euros et diminuer la dette de 220 millions d’euros.

Le groupe a gagné des parts de marché en Europe, au Brésil et dans d’autres parties du monde, s’appuyant notamment sur la logistique, l’innovation et l’approvisionnement des pays émergents. Il se distingue au Brésil par la production de canne la plus performante et en France par le meilleur approvisionnement en betteraves. En effet, les neuf sucreries françaises de Tereos ont fonctionné entre 110 et 130 jours selon les régions, et durant 124 jours en moyenne pour transformer la récolte betteravière de l’automne dernier, pourtant en baisse de 5 % par rapport à l’automne précédent.

Flexibilité de l’outil industriel

L’objectif reste de 135 jours, durée jugée atteignable l’hiver prochain dans des conditions climatiques normales, alors que les surfaces semées sont en régression de 2 à 5 %. Ainsi, le conseil de surveillance et la direction estiment ne plus avoir à restructurer, jugeant qu’un effort suffisant avait été accompli avant la fin des quotas sucriers.

Lors des assemblées de régions et de l’assemblée générale de ce mois de juin, la coopérative Tereos a vanté « la flexibilité de l’outil industriel » grâce à laquelle les cadences s’adaptent à la production, en tenant notamment compte de la richesse en sucre des betteraves (qui a été exceptionnelle en 2018).

Le conseil de surveillance a donc engagé les coopérateurs à poursuivre la stratégie de développement. Celle-ci consiste à poursuivre les plans de compétitivité en cours, diversifier à l’étranger et investir dans la recherche et développement. Le conseil de surveillance a aussi annoncé la création d’un pôle industrie autour duquel pourront se nouer des partenariats et se greffer de nouvelles activités.

200 millions d’euros de gains de performance

Le nouveau plan de performance Ambitions 2022, lancé l’an dernier, vise à gagner 200 millions d’euros, essentiellement dans la transformation de betterave. Le précédent plan de performance, Cap Excellence s’était traduit par des gains de 130 millions à l’échelle du groupe Tereos, contre 100 millions d’euros escomptés initialement. Le groupe fait valoir un patrimoine industriel de 6,9 milliards d’euros, en croissance, au regard d’une dette nette relativement stable de 2,7 milliards.

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