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Pour Stéphane Douence, président de l’Aria Nouvelle-Aquitaine, « la transition énergétique viendra des achats »

Inflation, pénurie, transition énergétique, attractivité des métiers, autant de sujets de réflexion pour le mandat de trois ans du nouveau président de l’Aria Nouvelle-Aquitaine.

Stéphane Douence a été élu pour trois ans à la présidence de l'Aria Nouvelle-Aquitaine.
Stéphane Douence a été élu pour trois ans à la présidence de l'Aria Nouvelle-Aquitaine.
© Aria NA

Vice-président de l’Aria Nouvelle-Aquitaine depuis 2017, Stéphane Douence a été élu à sa présidence le 30 juin, succédant à Laurent Dulau. Depuis 2018, il est directeur général associé de la société familiale Vinaigrerie générale, qu’il a rejointe en 2011 en tant que responsable commercial.

Vous venez de prendre la présidence de l’Aria Nouvelle-Aquitaine. Quels sont vos objectifs pour ce mandat ?

Stéphane Douence - Je voudrais travailler avec nos équipes et notre conseil d’administration sur deux axes : les besoins de l’instant et ceux du plus long terme, en travaillant sur l’attractivité des métiers, l’écoconception, l’accompagnement dans la transition (juridique, numérique, environnementale, sociale, énergétique…). Aujourd’hui, nous vivons une crise sans précédent. Il faut soutenir nos adhérents. Il y a les pénuries, le passage des hausses de tarif face aux augmentations du coût de l’énergie, des matières premières. Pendant la période Covid, l’industrie agroalimentaire faisait partie de la fameuse « seconde ligne », et c’était déjà compliqué. Désormais, la situation est encore plus complexe pour nous, industriels. Notre conseil d’administration du 8 juillet nous a permis de mettre au clair notre feuille de route que nous rendrons publique début octobre. Elle sera bien dans l’air du temps, en utilisant des leviers plus modernes.

Un des défis actuels est bien de faire face à l’inflation. Quelle est la situation économique des industriels de Nouvelle-Aquitaine à la fin juillet ?

S. D. - Nos adhérents ont pour la plupart réussi à faire passer des hausses, et certains sont encore en train de négocier avec la grande distribution. Notre conseil est d’être le maximum transparent avec leurs clients pour montrer la réalité des inflations, de certaines pénuries de matières premières. Les hausses vont jusqu’à 80 % pour cette matière, quand elle est disponible. Et on vit de surcroît une seconde vague, avec l’inflation sur la matière sèche, les emballages, le papier, le verre. Tout n’est pas lié à l’Ukraine, mais il y a des fabricants importants à l’ouest de l’Ukraine sur le verre. On constate une pénurie de cette matière. L’énergie est évidemment aussi un sujet important, car tout en découle. Le plastique est indexé sur le pétrole. On travaille avec des courtiers pour qu’ils conseillent nos adhérents sur la gestion de leur contrat. Certains sont très consommateurs en gaz, en énergie. On travaille aussi avec la Région Nouvelle-Aquitaine dans le cadre de son concept de transition énergétique et écologique, Néo Terra. Notre marque collective « Produits en Nouvelle-Aquitaine » est justement en phase avec cette démarche. Depuis quatre ans, Agro’Tarifs, une centrale d’achat que nous avons créée en partenariat avec l’Aria Occitanie, permet de négocier les matières sèches en commun. On va l’accentuer parce que cela ne correspond pas assez à des volumes d’achat cohérents.

Comment entamer cette transition énergétique dans le contexte de tension actuel ?

S. D. - C’est une notion en effet très complexe. La stratégie pour opérer cette transition énergétique viendra des achats. Elle ne va pas se faire en six mois. On doit trouver une stratégie par rapport à l’existant. Pour le moment, certains subissent les hausses, d’autres ont négocié avant et ont un prix bloqué, d’autres encore ont signé au bon moment, mais leur contrat arrive à échéance. Il faut essayer de « limiter la casse » et travailler sur l’énergie de demain, comme le photovoltaïque, même s’il y a aussi des pénuries de livraison sur ce type de produits, comme la méthanisation. Il faut faire front sur l’immédiateté et en même temps penser à l’avenir.

Vous avez évoqué l’attractivité des métiers comme chantier de votre mandat. Comment s’y prendre pour y remédier ?

S. D. - Il y a eu un phénomène de mode sur l’après-Covid, et puis c’est un peu retombé. Il y a deux sujets : la formation – on travaille en étroite collaboration avec l’Ifria Nouvelle-Aquitaine, notre CFA de l’agroalimentaire – et la fidélisation de nos salariés. Il y a quand même du turn-over dans le secteur. Pour l’instant, on en est à l’étape des questions : nos métiers sont-ils assez intéressants, assez rémunérés ? les conditions de travail sont-elles bonnes ? etc. Nous avons les questions, mais pas encore toutes les réponses. En revanche, je pense qu’il est important qu’une entreprise communique sur ses valeurs, ses métiers auprès des personnes qu’elle souhaite recruter. Un candidat dépose un CV, l’entreprise devrait faire de même. Cela va dans les deux sens.

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