Aller au contenu principal

Interview de Christophe Monnier, Ubifrance
"Pour les PME, le marché européen doit être prioritaire"

Avant d’aborder le grand export, les PME ont tout intérêt à explorer le marché européen. L’Union européenne avec ses 27 pays offre des débouchés importants, un environnement réglementaire stable et des facilités d’accès et est insuffisamment exploitée.

Christophe Monnier est responsable
du service « produits et filières alimentaires »
à Ubifrance.
Christophe Monnier est responsable
du service « produits et filières alimentaires »
à Ubifrance.
© V. BARGAIN


Quelles difficultés rencontrent les PME pour exporter ?
Christophe Monnier - Le plus difficile est de mobiliser les ressources humaines et financières pour se lancer à l’export et s’y installer, car l’export se bâtit pas à pas sur le long terme. Une PME peut aussi avoir du mal à identifier les marchés réellement porteurs pour ses produits. Et elle peut peiner à y entrer à cause d’obstacles réglementaires ou parce qu’elle se retrouve en concurrence avec des entreprises déjà développées à l’international et mieux armées qu’elle sur ce marché. Enfin, le suivi est essentiel. Il faut au moins deux ans pour installer des flux réguliers. Beaucoup d’entreprises ne vont pas au-delà d’essais, car elles n’ont pas mobilisé les ressources nécessaires au suivi.

Où se situent les opportunités ?
C. M. - La France a une filière laitière solide qui a contribué pour 3 milliards d’euros en 2012 à notre solde extérieur. Ce résultat s’explique par l’importance et la diversité de nos productions et par l’internationalisation croissante des grands groupes laitiers français. Pour une PME, la situation est différente. Dès qu’une entreprise sort de l’Union européenne, elle se heurte à des obstacles douaniers, logistiques. Avant de s’y lancer, elle doit avoir une expérience de travail avec d’autres pays de l’Union. Et dans la plupart des cas, nous conseillons aux PME de privilégier les marchés européens. Il y a encore beaucoup d’opportunités pour des spécialités françaises en Belgique, Allemagne, Europe centrale et orientale et au nord de l’Europe. Les yaourts « La Fermière » ont par exemple eu beaucoup de succès lors d’une promotion organisée en 2012 par le groupe de distribution finlandais Kesko.

Et le grand export ?
C. M. - Certaines PME qui ont déjà développé leurs capacités export, comme Isigny Sainte-Mère, peuvent aller en direct aux USA ou en Chine. Mais dans un premier temps le plus facile est de passer par une plate-forme d’importexport comme Dubaï, qui approvisionne toute la péninsule arabique, Singapour, qui réexporte en Asie du Sud- Ouest, ou Hong-Kong, qui approvisionne aussi la Chine du Sud. Pour faciliter les échanges, les réglementations y sont plus souples, les droits de douane très réduits et les coûts logistiques moins élevés. Alors que les grands pays émergents ont tendance à défendre leurs productions nationales et ne doivent être abordés en direct que par des entreprises aguerries. Dans tous les cas, il est indispensable de passer par un importateur local qui gère les formalités pour l’entreprise.

Quelle aide peut apporter Ubifrance ?
C. M. - Ubifrance a dans 70 pays des équipes de terrain qui connaissent très bien le marché et peuvent aider les PME à identifier des partenaires. Via Ubifrance, l’État apporte une aide de 30 à 60 % du montant des prestations collectives, comme les Pavillons France sur les salons ou les rencontres d’acheteurs. Ubifrance peut aussi tester l’offre d’une entreprise dans un pays et l’aider à prospecter et à suivre ses contacts. Un programme de rendez- vous ou test de l’offre auprès d’acheteurs étrangers coûte 1500-2000? HT. Et nous incitons les PME à souscrire une assurance prospection Coface qui avance les frais de prospection. Des prêts pour l’export sont prévus aussi via Oséo. Enfin, Ubifrance gère le dispositif de volontariat international en entreprise, qui permet de confier à un jeune, une mission à l’étranger pour une période de 6 à 24 mois renouvelable une fois. Le gouvernement a annoncé fin 2012 que leur nombre allait être augmenté de 25 % en trois ans.

Les plus lus

représenant de l'UE et du mercosur
Le Mercosur rejette les clauses de sauvegarde visant à protéger les agriculteurs

Puisqu’elles ne sont pas dans l’accord conclu entre l’UE et les pays du Mercosur en 2024, les clauses de sauvegarde ne sont…

vaches limousines en étable
Viande bovine : pourquoi l’Idele prévoit un ralentissement de la baisse de production en 2026 ?

Après avoir nettement baissé en 2025, la production de viande bovine en France ne devrait pas se redresser en 2026, selon les…

La France consomme des chevaux qu’elle produit peu, mais produit davantage d’animaux destinés à l’exportation.  © Reussir
Viande chevaline : « aujourd’hui ce sont plus les jeunes générations qui en demandent »

La consommation de viande chevaline recule, tandis que les importations augmentent. Dans ce contexte, Interbev Équin mise la…

broutards charolais en bâtiment
Broutards : comment les Italiens s’adaptent à la baisse de l’offre française

La France envoie de moins en moins de broutards mâles vers l’Italie, faute d’offre. Une chute qui n’est pas compensée par le…

des conteneurs peints au couleurs du drapeau brésilien sur un quai d'un port de commerce.
Le point sur la "polémique" Hénaff et Terrena : la France importe-t-elle déjà massivement du bœuf et du poulet brésilien ?

C’est la question qui peut se poser après deux faits divers mettant en scène Henaff et Galliance (Terrena). Mais les…

porc en élevage bio
Porc bio : « Désormais, il n'y a presque plus de déclassement de porc bio »

Le marché français du porc bio semble atteindre un point bas de baisse de consommation en France, après des années de forte…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio