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L’avis des criées
Ports de Cornouaille : « Nous envisageons d’étendre la vente unique au poisson blanc »

Christophe Hamel, directeur des criées à la CCI métropolitaine Bretagne Ouest,
© F. J.

Les Marchés Hebdo : Quand le nouveau contrat de délégation de service public est-il entré en vigueur sur les six criées de Cornouaille : celles de Douarnenez, Audierne, Saint-Guénolé Penmarc’h, Loctudy, le Guilvinec et Concarneau qui ont traité 39 189 tonnes de poissons pour 138,5 millions d’euros en 2017 ?

Christophe Hamel : En début d’année. À la CCI métropolitaine Bretagne Ouest, nous avons déjà l’expérience du pilotage de ces ports que nous gérions auparavant. Ce qui est nouveau dans le contrat de huit ans, signé avec le conseil départemental du Finistère, c’est la stratégie déployée. Elle consiste à harmoniser les tarifs portuaires et les services par type de pêche : petite pêche, pêche côtière, pêche hauturière.

LMH : Comment cela fonctionne-t-il ?

C. H. : Il y a une taxe de criée de base et tout une série de services payants. Vendeurs et acheteurs ont l’assurance de payer le même tarif, quel que soit le port de débarquement. Cette stratégie est pertinente dans notre écosystème où l’on observe une spécialisation économique des plateformes portuaires. Elle entraîne la massification de l’offre par type de pêche et par espèce et favorise la vente à distance. Au Guilvinec par exemple, il y a une offre hauturière très importante ; à Audierne, surtout des poissons nobles, etc.

LMH : Quelles sont les autres orientations de votre nouvelle stratégie ?

C. H. : Nous avons testé avec succès la vente unique de poissons bleus (sardines, anchois), quel que soit le port de débarquement. Il n’y a plus qu’une seule vente de poissons bleus par jour au lieu de trois auparavant dans nos ports sardiniers, à Douarnenez, Saint-Guénolé et Concarneau. En concentrant l’offre de 20 à 25 tonnes par jour, le prix moyen du bleu a mécaniquement augmenté. Les mareyeurs ont accès plus rapidement à la marchandise. Nous envisageons d’étendre la vente unique au poisson blanc, ce qui représente environ 80 tonnes par jour, d’ici à la fin de l’année. Il nous faut nous organiser pour assurer les mêmes critères de tri et de calibre partout. Enfin, en matière d’investissement, notre feuille de route prévoit la modernisation des outillages pour un investissement de 26 millions d’euros sur huit ans, afin d’accélérer les cadences de débarquement, améliorer la qualité du poisson et renforcer la traçabilité. La Cornouaille ne fait pas autre chose que de suivre le plan de filière comme, du reste, d’autres gestionnaires de criées françaises.

Propos recueillis par Franck Jourdain

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