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Porc : le Japon importe moins de porc espagnol, quels pays producteurs en profitent ?

Depuis novembre 2025, le Japon a drastiquement réduit ses importations de porc espagnol à la suite de la détection d’un foyer de peste porcine africaine (PPA). L’archipel diversifie donc ses fournisseurs pour répondre à sa demande intérieure.

cargaison de viande de porc Bigard
Les envois français de porc vers le Japon ont progressé de 31 % sur les quatre premiers mois de 2026
© Catherine Takougang

En 2025, l’Espagne a exporté 165 772 tonnes de viande porcine vers le Japon, selon les données d’Eurostat. Par rapport à 2024, les expéditions espagnoles ont reculé de 13,5 %. Elles ont été pénalisées par l’embargo lancé par les autorités japonaises en novembre, à la suite de la détection de foyers de peste porcine africaine (PPA) en Espagne. Le Japon s’est ainsi privé d’une part importante des volumes provenant de son troisième fournisseur de porc.

L’impact de cette mesure a été immédiat. En décembre 2025, les exportations espagnoles vers l’archipel sont tombées à seulement 1 076 tonnes, contre une moyenne mensuelle de 13 620 tonnes entre janvier et novembre.

 

Evolution des volumes de porc importé au Japon depuis l'Union européenne, l'Espagne et la France (Grouped column chart)

 

Le Japon maintient le frein sur ses importations de porc espagnol

Cette contraction des flux se poursuit cette année. Entre janvier et avril, l’Espagne n’a expédié que 23 159 tonnes de porc vers le Japon, contre 67 591 tonnes sur la même période en 2025, soit une chute de 66 %. Cette baisse ouvre des perspectives pour les autres pays fournisseurs, en particulier sur les segments des longes, poitrines et épaules congelées, qui constituaient le cœur des importations japonaises de porc espagnol. L’Espagne tente actuellement de négocier un accord de régionalisation.

Le Japon réorganise ses importations de porc

La stratégie du marché japonais s’oriente vers une diversification des fournisseurs, mais également vers une adaptation des approvisionnements selon les types de coupes recherchées. Dans ce contexte, des pays comme le Chili, déjà bien implantés sur ce marché, tentent d’accroitre leurs envois vers le pays. 

Le Canada, qui est déjà le premier fournisseur du Japon, compte y consolider sa présence également. Le pays a exporté environ 237 200 tonnes de porc vers le Japon en 2025, en hausse de 21 % par rapport à 2024. 

Le porc du Brésil en profite

Le Brésil est le quatrième fournisseur de porc du Japon. En 2025, ses expéditions ont grimpé de 23 %. Le potentiel de croissance est net car le Brésil disposerait théoriquement de capacités suffisantes pour augmenter fortement ses exportations, voire les doubler.

Toutefois, selon les experts du Centre de développement du porc canadien (CDPC), l’offre brésilienne ne répond que partiellement aux attentes des acheteurs japonais, qui privilégient certaines coupes spécifiques. Une limite qui concerne également plusieurs fournisseurs européens.

D’autres pays européens développent leur présence au Japon

La France figure également parmi les fournisseurs de porc du Japon. En 2025, ses exportations ont atteint 14 518 tonnes. Depuis l’entrée en vigueur de l’embargo, les envois français affichent une nette progression. Entre janvier et avril 2026, ils ont atteint 7 146 tonnes, soit une hausse de 31 % par rapport à la même période de l’année précédente.

Lire aussi : « Les entreprises vont améliorer la qualité nutritionnelle des charcuteries, parfois des recettes ancestrales » 

D’autres pays européens cherchent également à tirer parti de cette nouvelle configuration du marché. Le Portugal, acteur plus récent sur le marché japonais, met notamment en avant la bonne adéquation de son offre avec les besoins des industriels et distributeurs japonais.

La piste du Mexique, moins plausible

Le Mexique pourrait contribuer à l’approvisionnement de certains segments de marché, mais son potentiel demeure insuffisant pour compenser à lui seul les volumes auparavant fournis par l’Espagne. 

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