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Pintade : le « Grif » attaque les boucheries

Les grossistes du Min de Rungis ont récemment convié leurs clients à redécouvrir l'originalité de la pintade. Objectif : vendre plus de découpes à des clients plus jeunes.

Pour la première fois dans le nouveau pavillon de la volaille du Min de Rungis, une attraction sur la pintade a eu lieu à l'aube du jeudi 18 septembre. Un cuisinier mobile monté sur une estrade enchaînait les recettes. L'ensemble du pavillon était sonorisé et plus de 300 grossistes, bouchers traiteurs et restaurateurs, se sont présentés au stand, selon la Sopexa qui organisait l'évènement pour le compte du Conseil interprofessionnel de la pintade (Cip). La plupart sont déjà acheteurs réguliers de pintade. Le jeudi est un jour d'affluence particulière au pavillon, et les organisations de grossistes – Fenscopa (commerce de gros des produits avicoles) et Syndicat de la volaille et du gibier de Rungis – avaient bien préparé la rencontre. 22 000 dépliants ont été distribués aux commerçants de bouche, et surtout aux bouchers volaillers, premiers visés par l'opération. L'objectif de la nouvelle campagne est double : vendre davantage de découpes de pintades chez les bouchers volaillers et rajeunir les consommateurs.

« Il y a un déséquilibre dans les découpes, indique Bruno Courillon, grossiste depuis 37 ans au Min. Les gros volumes se font avec les suprêmes de pintade vendus aux traiteurs. Les cuisses sont plus difficiles à vendre ». Aujourd'hui, ces cuisses font l'affaire des industriels du plat cuisiné ou de la restauration col-” lective. Le Cip veut faire en sorte que les bouchers commercialisent davantage de découpes. Ceux-ci en restent le plus souvent aux pintades entières, standard ou label Rouge, constate le Cip. En raison de son caractère alter-natif et de son prix, supérieur à celui du poulet, la pintade est l'espèce concurrente de la canette, et ses découpes concurrentes des découpes du canard à rôtir.

Les « militants » sont appelés à défendre la volaille de Guinée

Échanges stables sur les marchés de gros

Pour attirer les consommateurs méconnaissant la pintade, trentenaires à quinquagénaires aimant cuisiner, le Cip interpelle sur l'origine exotique du volatile. Une campagne digitale a été lancée sur Internet en juin pour défendre cette espèce rare qu'est la pintade. Dans cette campagne humoristique, les « militants » sont appelés à défendre la « volaille guinéenne » en rejoignant le front de défense : en anglais le « Guinea fowl reintroduction international front », soit le « Grif ». On n'est pas loin de la vérité : la filière française est la seule au monde à avoir préservé et sélectionné ce gibier africain. Elle vit d'ailleurs en partie de l'exportation de géniteurs, d'œufs à couver et de pintadeaux. À Rungis les grossistes considèrent le marché de la pintade comme remarquablement stable, tant du côté de la production que de la consommation. Les principales régions de production – Landes, Pays de la Loire, Normandie, Bretagne, des quatre opérateurs principaux : LDC, Gastronome, Ramon, Savel – garantissent une offre sans à-coups.

Quant à la consommation, « je suis toujours sûr d'écouler en un ou deux jours une trentaine de colis provenant de quatre régions différentes », témoigne Bruno Courillon.

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