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Petits volumes, grands défis

Les filières de l’élevage bio se structurent et ont réussi à assurer leur rentabilité, en valorisant au mieux leurs produits et en limitant les déclassements. Cependant, en bovins comme en porcins, les challenges à venir sont encore nombreux.

L’engouement des Français pour l’agriculture biologique est tangible. D’après l’Agence Bio, 46 % des Français ont consommé des produits biologiques en 2009 contre 44 % en 2008 et 42 % en 2007. Tout laisse à penser que cette croissance va se confirmer en 2010. Par ailleurs, 75 % des parents aimeraient que des repas bio soient servis dans les cantines, et se déclarent prêts, pour cela, à payer 7 % de plus. La demande est donc au rendez-vous, et les besoins ne devraient a priori qu’augmenter. L’agriculture biologique française devrait sans peine trouver un moteur à sa croissance dans cet enthousiasme des consommateurs. Mais, dans certains secteurs, les défis ne manqueront pas, à l’instar de celui des viandes de boucherie. La production est jusqu’ici assez confidentielle. Ainsi, avec 29 106 bovins abattus en 2009, les animaux biologiques ne représentent que 0,84 % des abattages contrôlés. Mais, d’après Interbev Bio, les tonnages carcasse ont progressé de 65 % depuis 2005. Du côté des porcs, c’est 4 147 téc qui ont été produites en 2009, soit 0,21 % de la production totale française, en croissance de 25 % sur 4 ans.

Comme en conventionnel, la concurrence est rude

Si impressionnante que semble la croissance de la production française, elle a bien du mal à suivre la demande. D’autant plus dans le cas des viandes de boucherie, filière dans laquelle la réactivité des éleveurs est limitée par le temps nécessaire à la conversion et la durée d’élevage de l’animal. Pour se fournir, les grandes surfaces n’ont donc pas hésité à faire appel à nos voisins européens. Une grande partie de la viande de porc biologique consommée aujourd’hui en France est issue de l’importation. Quand l’offre française va se développer, elle se heurtera à une concurrence étrangère déjà bien implantée. Ce qui ne saurait tarder, les conversions ayant été nombreuses ces dernières années. Ainsi, en porc, les volumes abattus au deuxième semestre 2010 pourraient dépasser de près de 40 % ceux de la même période de 2009. Or, dans le cas du porc, l’Allemagne est un fournisseur de viande bio pour la France très compétitif. D’une part, parce que le cahier des charges français est plus contraignant que le cahier européen, et que les éleveurs allemands peuvent acheter des céréales dans d’autres pays européens, ce qui n’est pas le cas de la France. D’autre part parce que, comme en conventionnel, l’Allemagne bénéficie de coûts de revient moins élevés qu’en France, du fait de moindres charges salariales. Ainsi, à l’instar des éleveurs conventionnels, les producteurs de porcs biologiques vont devoir défendre leurs intérêts auprès des salaisonniers pour que la viande française soit utilisée en priorité. Ce qui devrait être compris des consommateurs-acheteurs de bio, en général plus sensibles à la « juste rémunération » des éleveurs, et dont plus de la moitié estime normal de payer plus cher pour manger bio.

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