Petits veaux : « les intégrateurs s’attendent à des prix très élevés en mai »
Les prix des petits veaux laitiers ont connu une évolution historique en 2025, sous l’effet du manque d’offre. Les perspectives ne sont pas à une détente sur les prochains mois.
Les prix des petits veaux laitiers ont connu une évolution historique en 2025, sous l’effet du manque d’offre. Les perspectives ne sont pas à une détente sur les prochains mois.
321 € pour un petit veau mâle laitier, de 45-50 kg, ce record a été atteint deux fois au cours de l’année 2025 (fin juin et début octobre). Les prix n’avaient jamais, auparavant, dépassé la barre des 150 €/tête, frôlée à l’été 2018.
Une baisse de l’offre qui tend le marché
« Il y a une baisse structurelle des vêlages, avec le recul du nombre de vaches laitières, à laquelle se sont ajoutées les crises sanitaires de la FCO et de la MHE », explique Olivier van Ingelgem, secrétaire général du syndicat de la vitellerie française.
2 763 000 veaux de mère laitière sont nés en France sur les 11 premiers mois de 2025, selon l’Idele. C’est une baisse de 2,3 %, soit 66 000 têtes, comparé à la même période de 2024.
Dans le même temps, les exportations de petits veaux ont atteint 293 000 têtes, soit 29 400 de moins qu’en 2024 (-9,1 %). C’est sur octobre qu’elles ont accusé le coup, avec la fermeture temporaire des frontières décidée dans le cadre de lutte contre la DNC, mais elles avaient été toniques en juillet et août. L’arrêt momentané des envois a fait exploser la bulle des prix des petits veaux, qui ont chuté de 42 % sur le mois d’octobre.
Des perspectives haussières pour 2026
Mais les cours des petits veaux ont de nouveau rapidement progressé au mois de janvier, et, début février, ils dépassent de 36 % leur niveau d’un an plus tôt. Pourtant, à cette saison, la demande des intégrateurs de veaux de boucherie est encore calme. Le pic a lieu en mai pour des sorties à l’automne quand la demande en viande de veau se reprend. « Les intégrateurs s’attendent à des prix très élevés en mai. Comme nous partons déjà de haut, on peut s’attendre à dépasser les plafonds de l’an dernier » pronostique Olivier van Ingelgem.
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La demande export reste forte
Il n’y a pas qu’en France où la demande en petits veaux est dynamique, l’Espagne reste aux achats. D’ailleurs, dès que les animaux de la zone vaccinée SV1 ont eu le feu vert pour traverser les Pyrénées, les engraisseurs locaux, qui travaillent dans ces zones montagneuses avec des montbéliards, ont constaté un net retour de la tension sur le marché et des hausses de prix. L’Espagne a annoncé rouvrir ses portes aux animaux de la zone SV2 début février.
2 millions de vaches en moins dans 10 ans
C’est la baisse du nombre de vaches laitières dans l’Union européenne entre 2025 et 2035, selon les projections de la Commission européenne. Cette chute est avant tout liée aux politiques environnementales pour réduire les émissions de nitrates (Irlande, Pays-Bas) et de gaz à effets de serre (Danemark). Les disponibilités de petits veaux laitiers n’en finiront donc pas de se rétrécir sur le marché européen, de quoi envisager une tension qui va se prolonger à long terme. Dans ce contexte, le petit veau est passé de coproduit dont il faut parfois se débarrasser à une source de valeur pour les exploitations laitières.