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Perturbateurs endocriniens : le gouvernement veut accélérer les mesures

Les substituts au BPS sont sous surveillance.
© DR

Les États membres de l’Union européenne ont adopté, mardi 4 juillet 2017, les critères de définition des perturbateurs endocriniens utilisés dans les pesticides. Ce vote a mis fin à quatre années de retard pour l’interdiction de ces substances dangereuses. Par rapport au premier projet proposé par la Commission européenne en juin 2016, les ministères français de la Transition écologique, de la Santé et de l’Agriculture expliquent avoir obtenu quelques avancées, notamment concernant les perturbateurs endocriniens présumés (et non seulement avérés) qui ont été inclus dans la définition. « Il s’agit d’une avancée importante pour la santé et l’environnement », indiquent les trois ministères dans un communiqué commun.

Le gouvernement prend également note du lancement d’une stratégie européenne prenant en compte toutes les expositions possibles, notamment dans les emballages alimentaires, et de la mobilisation de 50 millions d’euros complémentaires en faveur de la recherche sur les effets des perturbateurs endocriniens dès 2018. En attendant l’évaluation par la Commission européenne des dispositions du texte, le gouvernement a annoncé, dans la foulée, des mesures nationales.

Informer le consommateur

À partir du 14 juillet, sera mise en ligne la liste des produits pesticides contenant une substance identifiée comme perturbateur endocrinien. Un site Internet d’information et une campagne de communication seront également lancés, sans échéance précise. « Une journée nationale sera consacrée chaque année aux perturbateurs endocriniens, afin de faire le point sur l’état des connaissances, sur leurs effets sur la santé et l’évolution de la réglementation », précise le ministère.

La France étudiera la possibilité d’un dispositif d’étiquetage obligatoire

Le gouvernement étudie la possibilité de mettre en place un étiquetage sur les produits concernés, dont les emballages alimentaires. « La France étudiera la possibilité d’un dispositif d’étiquetage obligatoire de présence de perturbateurs endocriniens dans les produits de consommation courante, susceptibles de conduire à une exposition par voie cutanée ou par voie orale, qui contiennent ces substances », indique le ministère de la Transition écologique.

Après le BPA, le BPS en ligne de mire

Parmi les autres mesures à venir, les effets néfastes du bisphénol S (BPS) sur la santé humaine seront surveillés. Désormais reconnu comme perturbateur endocrinien, le bisphénol A (BPA) a fait l’objet d’une interdiction à partir de 2015 dans les emballages alimentaires. Depuis, des publications mettent en doute l’innocuité de ses substituts (F, S, M). Concernant le BPS, le gouvernement affirme qu’il « mènera l’ensemble des actions nécessaires aux niveaux national et européen pour assurer un niveau de protection équivalent à celui choisi pour le bisphénol A », écrit-il.

Quelle définition a été retenue ?

Le texte adopté par les États membres de l’Union européenne se base principalement sur la définition de l’Organisation mondiale de la santé. À savoir : les perturbateurs endocriniens sont « des substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle étrangères à l’organisme qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire ainsi des effets délétères sur cet organisme ou sur ses descendants ». Des mentions importantes ont été ajoutées : celle des perturbateurs endocriniens « présumés » et celle de danger « plausible » pour la santé. Jusqu’à présent, la définition conditionnait son identification à un effet néfaste « avéré ».

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