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Lait de chèvre
Pas assez de lait pour une fin d’année sereine

L’approvisionnement en lait de chèvre reste insuffisant et ne permet pas à l’industrie de répondre aisément à une consommation tonique. Des tensions qui pourraient perdurer.

La collecte hexagonale a reculé de 2,5 % sur les deux premiers mois de l’année par rapport à la même période un an plus tôt.
© S.C.

La filière lait de chèvre française peut toujours compter sur une consommation intérieure au rendez-vous. Selon FranceAgriMer-Kantar, les achats de fromages de chèvre par les ménages français ont progressé de 2,4 % sur les deux premiers mois de l’année par rapport à la même période un an plus tôt, dont +6,8 % pour les bûchettes affinées. En revanche, selon FranceAgriMer, les volumes s’affaissent pour les autres fromages. La croissance est forte pour les autres produits laitiers (+18,5 % pour le lait de consommation, +19 % pour l’ultra-frais), sur des volumes encore mesurés.

La faiblesse de l’offre freine les fabrications

Si ce tonus de la consommation est de bon augure, les industriels peinent à accroître leur activité. La légère augmentation des fabrications de fromages pur chèvre (+0,83 %) cache d’importantes disparités selon le produit considéré. Seuls les tonnages de fromages à la pièce se développent, au détriment des fromages frais (où seules les spécialités à tartiner essaient de se maintenir) et des fromages à découper. Les fabrications de lait de consommation et de yaourts et lait fermenté se replient pour leur part sensiblement.

Si les industriels n’ont pas réussi à accroître leur production, c’est qu’il n’y a pas assez de lait. Ni en France, ni en Europe. Selon FranceAgriMer, la collecte hexagonale a reculé de 2,5 % sur les deux premiers mois de l’année par rapport à la même période un an plus tôt. Pour l’Institut de l’élevage (Idele), cette faiblesse de la production est à rapprocher d’une mauvaise qualité des fourrages, du renchérissement de l’alimentation animale et d’un décalage des naissances. Difficile pour les entreprises fromagères de se tourner vers l’importation pour combler les manques. La collecte espagnole reste limitée et pourrait continuer de se replier selon l’Idele, conséquence de la baisse du cheptel. Aux Pays-Bas, « 8 des 11 provinces ont annoncé le blocage des créations d’élevages caprins et des agrandissements des structures situées à moins de 2 km des habitations », souligne l’Idele, ce qui devrait contenir la production. Faute de matière, l’effondrement des importations s’affirme ; -53 % sur janvier et février mois par rapport aux deux premiers mois de 2018, selon FranceAgriMer.

Chute des stocks et tensions à l’horizon

Au final, FranceAgriMer estime que sur les deux premiers mois de l’année, les disponibilités pour les industriels ont chuté de 11,3 millions de litres, soit de 14 % en un an, obligeant les entreprises à puiser dans leurs stocks.

En février, ces derniers étaient en retrait sur un an de 60 % pour le caillé et de 15 % pour l’ensemble lait concentré, ultra-filtrat et pré-fromage.

Pour l’Idele, sauf événement climatique majeur, la hausse saisonnière de la collecte pourrait être forte, encouragée par le décalage des naissances. De quoi « donner un peu d’air aux industriels » sans pour autant permettre d’envisager une reconstitution des stocks. Un absence de soupape de sécurité qui pourrait être synonyme de regain de difficultés à l’approvisionnement en fin d’année.

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