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Soja et non déforestation, l’incertitude accentuée par les élections

Avec l’élection d’un Parlement européen plus à droite et avec moins d’écologistes que le précédent, les rumeurs quant à une reconduite de la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen, sans oublier le trouble dans laquelle la dissolution de l'Assemblée plonge la France :  les opérateurs de la nutrition animale restent dans l’incertitude sur les prix et les dispositions réglementaires. Flou qui se prolongera probablement encore au moins trois mois, tant au niveau européen que national.

camion devant des silos
Encore au moins trois mois dans le brouillard pour les opérateurs de l'alimentation animale confrontés à l'approche de l’entrée en vigueur du règlement sur la non déforestation importée (RDUE)
© Généré par l'IA

La Commission Européenne n’en démord pas, tout sera prêt pour l’entrée en vigueur du règlement sur la non déforestation importée (RDUE) le 1er janvier 2025. Pourtant, les rumeurs d’un report s’accentuent dans les salons bruxellois.

Lire aussi : Alimentation animale : pourquoi les prix du soja pourraient flamber fin 2024

Quelles sanctions dans le cadre du RDUE pour les importations non-conformes 

Dans tous les cas, la question des modalités reste posée : quelles données, quels formats et quelle version d’une plateforme d’échanges « Traces » non encore testée… et peut être encore plus : quelles sanctions ? La Commission a annoncé que le couperet tomberait dès janvier avec des pénalités jusqu’à 4% du CA pour toute importation non conforme. Mais adoucira-t-elle sa position en acceptant une mise en place progressive dans un système encore à construire ? Un bateau de 60 000t de tourteaux de soja représente 80 000 t de graines soit environ 520 agriculteurs sur la base d’un rendement de 3 à 3,5 t/hectares : autant de lignes minimales à renseigner voire plus selon la taille de chacune de leurs parcelles... 

Lire aussi : L’accord européen contre la déforestation en 7 questions

Avec son choix de placer pour l’instant toutes les zones du monde en « risque moyen de déforestation », la Commission ne facilite pas non plus les analyses de risques à l’origine.

Les importateurs alertent pour les filières bio et non-OGM

Les importateurs, qui n’offrent toujours pas de cotations pour janvier, ont chacun leur posture mais pointent tous leur besoin de clarification. 

« Il reste des points de vigilance pour les filières non OGM ou même bio dans des origines comme l’Inde ou le Nigéria » 

« Notre modèle est construit depuis le début sur un travail en filières. Et les filières organisées ont la capacité, sans doute, à relever le défi car nous avons les bases de l’information. Encore faut-il que nous disposions de modalités précises de leur transmission sur la plateforme « Traces ». Et il reste des points de vigilance pour les filières non OGM ou même bio dans des origines comme l’Inde ou le Nigéria » explique par exemple Laurent Houis (directeur de Solteam). 

Paradoxalement, ce sont sur ces filières, approvisionnées par de petits producteurs, que la traçabilité jusqu’à la parcelle sera la plus difficile à mettre en place.

Pour le bio, la question se posera plutôt sur la numérisation des données, car la traçabilité à la parcelle est déjà une obligation.

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