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Inflation - Energie : l'agroalimentaire en péril face au "tsunami" des hausses de coûts de production ?

La résilience de l'agroalimentaire, souvent citée en exemple, résistera-t-elle encore au "tsunami" des hausses de coûts de production, aussi bien des matières premières agricoles qu'industrielles ? A date, le président de l'Ania, Jean-Philippe André, fait le constat de la situation , mais ne cache pas sa crainte de possibles défaillances.

Jean-Philippe André, président de l'Ania, le 28 septembre lors de la conférence de presse de rentrée de l'association des industries agroalimentaires.
© A.-S. L.

En cette rentrée 2022, l'industrie agroalimentaire vit une période bien compliquée, dans laquelle plein d'éléments exceptionnels se cumulent.

"Produire devient presque un combat", a introduit Jean-Philippe André, président de l'Ania, lors de la conférence de presse de l'association le 28 septembre. Il a aussi fait rimer IA (Industrie agroalimentaire) avec "incertitude et anxiété", mais également avec "initiative et action".

"Produire devient presque un combat", Jean-Philippe André, président de l'Ania

En dressant un constat de la situation, entre les coûts des matières premières agricoles qui ne cessent d'augmenter (+29% cette année (vs +2,2% sur 2019-2020), ceux des emballages (+26% depuis janvier 2022 (Vs +2,8%) et celui de l'énergie (57% vs +2,2%), le président s'est interrogé sur la manière d'y faire face ?

"En 2021, les IAA ont été résilientes, en 2022, résistantes, et en 2023 ??? La photo est nette mais hyper compliquée, on est au coeur d'une succession de phénomènes jamais vus", estime le président de l'Ania.

Elasticité au prix des consommateurs

Certes, il y a l'inflation qui se poursuit en rayon (+7,5% en septembre 2022 par rapport à 2021). Mais une étude de Nielsen montre que les Français commencent à réaliser des arbitrages. D'ailleurs, l'Ania travaille à cette problématique d'élasticité au prix, de valeur nominale avec Nielsen IQ. "Un camembert vendu 1,50 €, 1,75 €. Si le prix passait la barre des 2 euros, le consommateur s'en détournerait-il ? on travaille à cette question. Tous les produits ne sont pas égaux par rapport à l'élasticité au prix ", a indiqué Jean-Philippe André.

Nielsen estime que la barre de 10% d'inflation va être franchie à la fin de l'année 2022. D'ailleurs, les industriels estiment ne pas avoir eu leur compte dans les négociations. "La moitié des entreprises qui ont commencé les négociations en mars ne les ont pas encore finalisées. On est en septembre ! Les industriels ont besoin d'environ 7%. Celles qui ont signé atteignent 3,5% environ. Donc il y a au moins 2,5 points de marge de perdu. Alors oui, alléluia on est en pas en déflation, mais ca ne suffit pas", s'exclame-t-il.

"Alléluia, on n'est pas en déflation"

Des marges toujours sous pression

Certes, la déflation s'est stoppée, mais les marges reculent toujours du fait de l'inflation. "Nous avons un taux de marge le plus bas depuis 2012", détaille le président de l'Ania.

Pour certaines entreprises, les surcoûts peuvent entraîner la perte de deux fois l'Ebitda de l'année. Et face à des négociations plus que difficiles, les choix des entreprises se portent sur la réduction des investissements en publicité, en communication, et même "le report d'investissements lourds en capex" pour répondre aux injonctions des pouvoirs publics sur l'environnement. "Pour passer le cap des prochains mois, des arbitrages seront obligatoires. Et la PME va lâcher du muscle, ce n'est pas maintenant qu'elle va pouvoir se renforcer et devenir une ETI", argue-t-il.

"J'ai l'impression d'être le hamster dans sa roue, on pédale, on pédale"

Et les négociations 2023 vont relever du "sacerdoce". "J'ai l'impression d'être le hamster dans sa roue, on pédale, on pédale", a-t-il déclaré.

Mais il faut "vite se remettre en mouvement" pour que le cercle vertueux de création et de partage de la valeur puisse fonctionner. "Nous n'en sommes pas à augmenter nos marges, nous voulons les défendre, nous avons des objectifs limités en ce moment", conclut-il.

 

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