Aller au contenu principal

L’avis d’un avocat
Nicolas Genty, avocat et fondateur de Loi & Stratégies : « La loi Besson-Moreau produira tous ses effets en 2023 »

Nicolas Genty, avocat et fondateur de Loi & Stratégies. © Loi & Stratégies
Nicolas Genty, avocat et fondateur de Loi & Stratégies.
© Loi & Stratégies

Les Marchés Hebdo : La loi Besson-Moreau va-t-elle pouvoir s’appliquer pour les négociations 2022, comme le souhaitait le gouvernement ?

Nicolas Genty : La loi, telle qu’elle a été votée à l’Assemblée nationale jeudi 24 juin, prévoit pour l’article 2 relatif aux CGV, une entrée en vigueur au 1er janvier 2022. Quand on sait que les industriels alimentaires ont jusqu’au 1er décembre pour transmettre leurs CGV à leurs acheteurs sauf pour les produits saisonniers, on voit difficilement comment cela pourrait s’appliquer pour les négociations 2022. Qui plus est, en fonction de l’option choisie, l’industriel pourrait devoir faire appel à un tiers indépendant pour certifier ses informations. Toutes ces étapes prennent du temps. La loi Besson-Moreau n’aura a priori aucun effet avant 2023 sauf pour les produits saisonniers qui font l’objet de négociations décalées.

LMH : Selon vous, la loi renforce-t-elle le tarif fournisseur, comme le souhaitent les industriels ?

N. G. : L’article 2 bis, d, alinéa 4 signe le retour de l’interdiction de la discrimination non justifiée. Elle vient réaffirmer l’idée que tout avantage obtenu par un client doit être obtenu sur la base du tarif du fournisseur et justifié par des contreparties. Jusqu’à présent, on pouvait reprocher à un distributeur d’avoir obtenu un avantage sans contrepartie et il pouvait être sanctionné pour cela. Désormais, le fournisseur pourrait également mettre en avant le fait qu’octroyer un avantage discriminatoire sans contrepartie lui ferait courir des risques. L’article vient ainsi renforcer la place du tarif de l’industriel. Les fournisseurs devront donc être vigilants, car même en l’absence d’une sollicitation par le distributeur, ils pourraient être sanctionnés pour avoir octroyé un avantage discriminatoire. Une remise à plat des conditions pourrait s’avérer nécessaire.

LMH : Que risquent les entreprises si elles ne respectent pas l’article 2 de la loi ?

N. G. : Cet article introduit trois options possibles pour traiter du prix des matières premières dans les CGV avec pour objectif d’introduire une plus grande transparence. Les sanctions en cas de non-respect sont de 75 000 euros pour une personne physique et 375 000 euros pour une personne morale.

LMH : Les débats en commission et à l’Assemblée nationale ont complexifié l’article 1er. Qu’en pensez-vous ?

N. G. : Le texte voté est en effet assez complexe. Sur l’article 1er, la principale vertu de ce texte est de rendre plus systématique le recours à un contrat écrit et la mention des indicateurs. La nouveauté est aussi de prévoir une indexation quasi systématique.

Les plus lus

poule rousse en élevage
Œufs : « Les tensions dans les rayons vont disparaitre d’ici juin » avec 375 millions d’œufs supplémentaires attendus en 2026

La consommation d’œufs atteint des sommets historiques en France, alors même que la transition vers l’alternatif limite le…

petit veau dans sa niche
Petits veaux : « les intégrateurs s’attendent à des prix très élevés en mai »

Les prix des petits veaux laitiers ont connu une évolution historique en 2025, sous l’effet du manque d’offre. Les…

drapeau turc
Broutards : la Turquie annonce un quota d’importation de 500 000 têtes sur 2026

Le gouvernement turc a publié ses quotas d’importation de broutards dans un contexte d’inflation toujours élevée et de prix de…

camion devant quais de déchargement, de nuit
Viande bovine : le déficit commercial divisé par deux en 2025 en volume

Les exportations de viande bovine de la France ont progressé en 2025 ; notamment vers l’UE, tandis que les importations…

Les administrateurs de l'interprofession Anvol
Poulet : « Le rythme de construction de nouveaux bâtiments reste très éloigné des objectifs fixés »

 2 200 poulaillers et près de 2,8 milliards d’euros d’investissements, c’est ce qu’il faudrait à la France pour…

dindes dans un pré
Volaille : les mentions « Fermier, élevé en plein air » et « Fermier, élevé en liberté » restent protégées par l’UE

La Commission européenne publie la mise à jour de ses normes de commercialisation de la volaille et du foie gras, qui renforce…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio