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Interview
Min de Toulouse : « on a vu arriver une vingtaine d’entreprises »

En 2017, Toulouse Métropole confiait la gestion du Min de Toulouse à Lumin’Toulouse, groupement composé de la Semmaris, du groupe La Poste de la Caisse d’épargne Midi-Pyrénées. Premier bilan deux ans après avec sa directrice Maguelone Pontier.

Les Marchés Hebdo : En 2016, 237 000 tonnes de produits étaient échangées sur le Min de Toulouse générant un chiffre d’affaires de 333 millions d’euros et 880 emplois. Aujourd’hui, vous annoncez 227 000 tonnes pour un chiffre d’affaires de 408 millions d’euros et 1 180 emplois, est-ce conforme à vos prévisions du départ ?

Maguelone Pontier : Ce sont les chiffres de 2018, on connaîtra les nouveaux en fin d’année. Mais ce que l’on va regarder à notre niveau, ce sont plutôt d’autres indicateurs. Comme le taux d’occupation, passé de 80 % à 96 %, et la fréquentation. On a gagné deux points de fréquentation alors que ces dernières années, le marché en perdait.

LMH : Le taux d’occupation est passé à 96 %, êtes-vous satisfaite ?

M. P. : Très satisfaite, je ne peux pas aller plus loin, il faut un peu de place libre quand on fait des travaux.

Nous avons accueilli notre onzième start-up

LMH : Quels sont les nouveaux acteurs arrivés au Min ?

M. P. : Pomona a doublé ses surfaces pour atteindre 6 000 m2. On a vu arriver une vingtaine d’entreprises, dont le groupe Pergos, traiteur qui a installé son laboratoire, Éclat de choux, le transporteur Delanchy et tout une kyrielle de petites entreprises. La semaine dernière, nous avons accueilli notre 11e start-up : Hoope qui fait du müesli à base de spiruline. Parmi les start-up, on peut aussi citer Oranges & Co qui met à disposition des entreprises et établissements publics des distributeurs automatiques de jus d’oranges pressées. Nous avons aussi accueilli des structures de conseil comme Le Bureau divin, cabinet de conseil et de formation qui fait de l’accompagnement sur les projets de restauration, ou Cerfrance, cabinet de conseil et d’expertise comptable. Parmi les autres structures, je peux aussi vous citer Carrément Gers, un cash fermier qui regroupe un consortium de producteurs. Ils arrivent dans un mois, et nous sommes très contents que les producteurs s’organisent en BtoB.

LMH : Vous vouliez diversifier l’offre, centrée au départ sur les fruits et légumes et l’horticulture. Comment se répartit aujourd’hui le volume commercialisé dans le Min ?

M. P. : Dans notre feuille de route, nous nous étions effectivement fixés comme objectif la diversification. On a travaillé à accueillir une offre de produits carnés avec Les Fermiers d’Occitans (filiale du groupe coopératif Arterris, ndlr) avec une offre autour du canard et du lapin. Nous avons accueilli Sublim’Arômes (spécialiste de l’épicerie bio et locale, ndlr) ou encore le fromager Mof Xavier qui sélectionne et affine des fromages au lait cru.

Notre feuille de route fixait aussi l’objectif de développer des services. Nous avons beaucoup avancé là-dessus. Le marché compte beaucoup d’écoles et de centres de formation. Près de 1 500 élèves sont accueillis par l’Ifria, Ifolog, Ifopca ou l’école Cuisine mode d’emploi(s) de Thierry Marx. Nous avons par ailleurs deux petites structures en œnologie et l’Agence RP qui propose de former les professionnels aux réseaux sociaux.

Nous avons également bien avancé sur la question du dernier kilomètre. Nous construisons une zone de 20 000 m2 dédiée à la logistique du dernier kilomètre qui sera livrée au premier trimestre 2021. Nous avons accueilli il y a deux mois Chronofresh. Et nous avons créé une pépinière d’entreprises.

LMH : Vous inaugurez le 5 décembre un pavillon gastronomie, combien d’investissement a-t-il représenté ? Combien de grossistes y seront installés ?

M. P. : Nous n’avons pas construit de nouveau bâtiment, c’était celui dédié à la fleur. Ce paillon accueille Les Fermiers d’Occitan, Sublim’Arômes, Xavier, Promocash et Carrément Gers.

LMH : Pouvez-vous m’en dire plus sur l’espace dédié à la logistique urbaine, quel investissement a-t-il nécessité ?

M. P. : Cet espace de deux bâtiments de 10 000 m2 représente un investissement de 28 millions d’euros (sur la zone logistique de Fondeyre, ndlr). Cet espace va accueillir des logisticiens spécialisés dans la messagerie ou des opérateurs connus de la logistique comme Stef, mais aussi Urby, géré par une filiale de La Poste. Ce projet est géré par Toulouse Logistique urbaine, filiale de Lumin’Toulouse.

LMH : Quels investissements avez-vous prévu cette année ?

M. P. : Sur 2020-2021, nous avons un budget de 6 millions d’euros plutôt dédié à la modernisation des bâtiments. Nous disposons d’un budget de 46 millions d’euros pour la concession de 22 ans de l’exploitation et de l’aménagement du Min de Toulouse.

Le bio représente 16 % de notre offre

LMH : Quelle place le Min accorde-t-il au bio ?

M. P. : Le bio représente 16 % de notre offre. Il est réparti dans tous les pavillons. Nous avons de gros acteurs du bio comme Pronatura, Bio Cash ou Biofinesse (groupe Pomona) plus un plus petit acteur, Sublim’Arômes. Au carreau des producteurs, il n’y avait pas de producteurs en bio, aujourd’hui on en a quatre ou cinq qui proposent trente références.

On ouvre au grand public tous les vendredis

LMH : L’un de vos objectifs était d’améliorer la notoriété du Min avec la marque Le Grand Marché, y êtes-vous parvenue ? À quel niveau ?

M. P. : Nous ne l’avons pas mesurée, mais nous faisons 2 à 3 articles par mois. Avant, il n’y avait pas du tout de communication BtoB, BtoC et institutionnelle. Aujourd’hui, nous sommes partenaires du Stade toulousain, on ouvre au grand public tous les vendredis, les quatre restaurants sont accessibles. Nous avons organisé les Toqués d’oc avec près de mille convives. Nous organisons aussi un brunch ouvert au grand public. En communication BtoB, nous organisons des évènements comme le Salon des métiers agroalimentaires et culinaires avec un gros job dating et une exposition temporaire « Fil Food » où près de cinquante entreprises ont présenté leur activité. Nous avons aussi organisé la finale nationale d’une des meilleurs ouvriers de France Primeur. Nous faisons aussi beaucoup de communication institutionnelle, nous sommes partenaires de l’Umih, du CFA de Blagnac.

LMH : Vous vouliez étendre la zone chalandise, en créant des ponts avec les marchés voisins, quels ponts avez-vous pu mettre en place ?

M. P. : Nous n’avons pas vocation à sortir de notre zone de chalandise qui est la zone de la métropole de Toulouse avec un million de personnes à nourrir par jour. Après, oui, nous créons des passerelles avec les marchés voisins surtout en termes d’expertise, nous faisons des formations ensemble.

LMH : Pour finir, quelles sont vos priorités pour l’année à venir ?

M. P. : On veut développer l’offre physique à la marée en 100 % origine Occitanie. Nous allons ouvrir le quartier de la gastronomie, et on avance sur le nombre de producteurs en bio. On doit aussi poursuivre la modernisation du site, avec nos travaux. C’est très important pour aller chercher de la clientèle nouvelle en hôtellerie, restauration, dans les magasins, les boutiques. On essaie de chasser en meute, on approche un acheteur important avec une offre globalisée.

Carrément Gers, un concept inédit

En novembre, le Min de Toulouse accueillera Carrément Gers, concept de cash fermier qui regroupe onze producteurs et une diversité de produits 100 % locaux, sous signes de qualité et/ou en agriculture biologique : légumes, vins, viandes, miel, bière… « Ce projet ambitieux est une première en France et fait écho au contrat de réciprocité entre Toulouse Métropole et le Pays Portes de Gascogne signé en juillet dernier pour faciliter et accélérer la valorisation des produits locaux », souligne Lumin’Toulouse. Cette arrivée s’inscrit aussi dans la volonté du Min de créer plus de proximité entre l’offre et la demande. À noter que le Min vient aussi d’accueillir la conserverie artisanale Label d’oc, qui transforme et commercialise les matières premières de producteurs locaux.

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