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L'Ifria Bretagne mise sur l'alternance


> Marie-Hélène Quemener, directrice de l'Institut de formation régional des industries alimentaires de Bretagne.
L'Ifria de la région Bretagne, la plus plus importante en matière d'effectifs, développe depuis vingt ans l'apprentissage en alternance dans l'agroalimentaire. Son taux d'insertion des jeunes a été de 85 % en 2015.

Les Marchés Hebdo : Les industries agroalimentaires bretonnes ont-elles un savoir-faire dans le domaine de l'accueil de jeunes en apprentissage ?

Marie-Hélène Quemener : Elles le savent de mieux en mieux et sont même en train de se professionnaliser dans la formation pratique des jeunes. Nous les aidons à se structurer pour cela. À ce jour, nous avons aidé 650 entreprises ; c'est autant de tuteurs. Certaines entreprises vont plus loin, elles nous utilisent pour pourvoir des postes à venir. Certaines constituent des pépinières de jeunes talents intersites. Elles font appel à nous pour tracer le parcours de ces jeunes dans l'entreprise.

LMH : Les jeunes en Bretagne, de leur côté, sont-ils séduits par les formations en alternance dans l'agroalimentaire ?

M.-H. Q. : Nous usons de tous les arguments pour qu'ils viennent à nous. Le premier, c'est que nous avons la chance d'avoir des entreprises sur l'ensemble du territoire, ce qui leur donne l'occasion de travailler près de chez eux. Un autre est que les métiers de l'industrie alimentaire demandent des compétences de plus en plus élevées. Cette sophistication des postes peut attirer les jeunes. Nous essayons de le faire savoir via Youtube, des salons, Face-book, etc. Les trois Job datings de Quimper, Pontivy et Rennes ce printemps sont un succès, nous allons les renouveler. Voyons les résultats : dix-neuf entreprises participantes et soixante-deux jeunes venus, soit 19 x 62 occasions de rencontres. 70 % de très satisfaits et 30 % de satisfaits, d'après les questionnaires collectés. Les jeunes venus aux Job datings ont apprécié qu'on leur accorde du temps. L'accueil des jeunes dans l'entreprise est aussi optimisé par nos soins, nous faisons en sorte que leurs premiers mois, en particulier, se déroulent correctement. C'est une garantie que nous leur offrons.

LMH : Il reste néanmoins des postes qui rebutent…

M.-H. Q. : Je ne dirais pas que certains postes rebutent. Il y a une méconnaissance des métiers et des potentiels de parcours au sein des entreprises. C'est le cas pour les postes de maintenance – comme dans l'ensemble de l'industrie d'ailleurs. La ressource en candidats à la maintenance s'appauvrit en amont du BTS par manque de Bac pro. Pourtant, il y a de très beaux parcours possibles, jusqu'à la direction d'usine. Il faudrait faire venir des jeunes aux parcours plus atypiques, par exemple ceux qui décrochent d'un cursus universitaire.

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