Les prix des œufs à des plus bas aux États-Unis, faut-il s’attendre à des envois vers l’Europe ?
Les prix des œufs aux États-Unis sont à des plus bas en 7 ans et frôlent des planchers jamais vus. Les stocks sont pleins. Les opérateurs américains vont-ils se tourner vers l’export vers l’UE, où le marché est en tension et les prix élevés ?
Les prix des œufs aux États-Unis sont à des plus bas en 7 ans et frôlent des planchers jamais vus. Les stocks sont pleins. Les opérateurs américains vont-ils se tourner vers l’export vers l’UE, où le marché est en tension et les prix élevés ?
0,086 €, c’est le prix moyen d’une douzaine d’œufs destinée à l’industrie sur le marché des États-Unis selon l’USDA, en semaine14. Vers les grossistes, les prix sont sous les 0,40 €/douzaine. Les prix ont été divisés par plus de 10 en un an. Par ailleurs, la baisse saisonnière de la demande ne fait que commencer, augurant d’une poursuite de la morosité. À noter aussi qu’alors que la filière œufs aux États-Unis est aussi en transition, la demande se détourne en premier lieu de l’œuf alternatif alors que la situation économique est tendue avec la guerre au Moyen-Orient.
Ces prix spot sont sous les coûts de production, qui ont augmenté avec la mise en place de mesures de biosécurité, mais les éleveurs peinent à se décider à réformer alors qu’ils ont eu tant de mal à réinstaller les poulettes.
Les prix des œufs au consommateur ont chuté de 60 % par rapport à Pâques 2025, notait la presse américaine.
Rebond de la production d’œufs aux États-Unis
Les stocks d’œufs dépassent de 20 % leur niveau de l’an dernier. Les mises en place ont été accélérées après la crise de la grippe aviaire l’an dernier et les élevages sont en pleine production. Jamais autant de poulettes n’avaient été mis en place que l’été dernier, depuis le début de la grippe aviaire en 2022 outre-Atlantique. L’importation d’un milliard d’œufs, facilité par l’administration Trump, a aussi accéléré la sortie de crise.
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Pourtant l’USDA rapporte l’abattage de 15,2 millions de poules à cause de la grippe aviaire en cumul sur 2026 (jusqu’à la première semaine d’avril), dont 13 millions en cage. 7,8 % du cheptel cage et 1,8 % des poules conventionnelles en élevage alternatif ont donc été perdus depuis le début de l’année. Mais en mars, l’USDA comptait 9 millions de poules pondeuses en production de plus qu’un an plus tôt.
Des envois d’ovoproduits vers l’Union européenne
Les États-Unis ont exporté des ovoproduits vers l’Union européenne ces derniers mois. Selon les données de l’USDA, on recense des envois d’entier en poudre vers le Danemark (qui a compté pour plus du tiers des exportations américaines en mars), de la poudre de blanc vers l’Italie, l’Espagne et le Danemark. D’importants envois de blanc liquide ont été notifiés vers l’Irlande sur décembre et janvier. L’Italie s’est positionnée comme le troisième acheteur d’ovoproduits états-uniens sur janvier février, derrière le Japon et le Mexique. Le Danemark était 5e, l’Irlande 7e, l’Espagne 8e. Il n’y a pas eu d’envois directs vers la France.
Des contraintes pour les envois d’œufs coquilles des USA vers l’UE
Si les flux d’ovoproduits sont bel et bien existants vers l’UE, les flux d’œufs coquilles n'ont pas débuté. Aux dires des opérateurs du secteur, des négociations sont bel et bien en cours avec des industriels européens, au vu du différentiel de prix. Pour autant, la logistique est une vraie contrainte. Des fermes du Midwest, les œufs sont expédiés en train vers les ports de l’Atlantique, avant de faire la traversée en bateau, ce qui pose des questions de date et d’état de la marchandise. Enfin, les œufs américains sont sous alvéole carton, et les casseries européennes se sont automatisées et privilégient les alvéoles plastiques.
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