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Les industries agroalimentaires génèrent de plus en plus de coproduits

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Alors que les concepts d’économie circulaire et de développement durable tendent à s’imposer de plus en plus dans les modèles de demain, la gestion des coproduits et leur valorisation, notamment économique, devient un enjeu de plus en plus fort pour les entreprises agroalimentaires. Si le terme « coproduit » n’est pas défini dans la réglementation française, le Réseau des organisations professionnelles et interprofessionnelles pour la sécurité et la qualité des denrées d’origine animale (Réséda) le caractérise par « l’ensemble des flux des industries agroalimentaires autres que ceux destinés à l’alimentation humaine en première intention », comme les anciennes denrées alimentaires, les sous-produits, les sous-produits animaux, les résidus et les écarts de tri et de transformation.

12,1 millions de tonnes de coproduits

Compte tenu des enjeux grandissants autour des coproduits, Réséda a mis à jour son enquête sur les gisements et valorisations des coproduits des industries agroalimentaires, qui datait de 2008. Si son objectif est d’apporter une vision globale de la gestion des coproduits dans les différents secteurs alimentaires (hors importations), il est toutefois à noter que plusieurs filières n’ont pas souhaité répondre à cette nouvelle enquête : l’alimentation infantile, la biscuiterie, les céréales du petit-déjeuner et les conserves de légumes. D’après les résultats de cette étude, 12,1 millions de tonnes de matières sèches de coproduits ont été générées en 2016, dont plus de la moitié est issue de trois secteurs seulement : les oléagineux (29 %), la sucrerie (14 %) et l’amidonnerie-féculerie (13 %).

Hausse de 23 % en 9 ans

L’étude de 2008, basée sur des chiffres de 2007, évaluait le volume de coproduits à 9,1 millions de tonnes de matières sèches, mais le périmètre étudié n’était pas le même. À périmètre équivalent, Réséda estime que le volume de coproduits a augmenté de 23 % entre 2007 et 2016. « Cette hausse est principalement due aux politiques publiques relatives aux biocarburants », expliquait Houmaïrat M’Madi, chargée de l’enquête, lors de la présentation des résultats, le 22 novembre dernier.

Les secteurs des oléagineux et de la distillerie ont vu leurs volumes de coproduits augmenter respectivement de 1,6 million (+88 %) et 1 million de tonnes (+2 991 %). La brasserie a également généré plus de coproduits (+40 000 tonnes, soit +80 %), dû au fort développement du secteur en France. À l’inverse, les coproduits issus de la semoulerie de blé dur ont diminué de 12 %, en raison de la fermeture de deux entreprises sur sept.

La nutrition animale reste le 1er débouché

Si les secteurs d’origine des coproduits présentent quelques variations, leurs voies de valorisation, beaucoup moins. Avec 76 % des volumes, l’alimentation animale reste la voie majoritaire. En 2016, cette industrie a valorisé 2,8 millions de tonnes de plus qu’en 2007, soit une augmentation de 43 %, « en raison de l’augmentation des volumes des oléagineux et de la distillerie de céréales ». Ces 76 % destinés à l’alimentation animale sont répartis à 60 % pour l’alimentation des animaux de rente, 12 % pour l’approvisionnement direct des élevages sans passer par des entreprises de nutrition animale, et 4 % pour la préparation des aliments pour les animaux de compagnie. « Les industriels de la nutrition animale utilisent pour 65 % des tourteaux, 27 % des coproduits issus de la transformation des céréales, 6 % des produits déshydratés et 2 % de coproduits d’origine animale », spécifie Coline Ria, chargée de missions scientifiques, techniques et réglementaires au Syndicat national des industriels de la nutrition animale (Snia).

Outre l’alimentation animale, les coproduits sont valorisés à hauteur de 15 % comme matières premières de l’industrie, par exemple, les sons de blé pour l’alimentation humaine. Viennent ensuite la valorisation agronomique (6 %) avec les épandages notamment, la valorisation énergétique (2 %) dont la méthanisation et d’autres voies de valorisation non identifiées (1 %).

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