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L’avis de Breizpack
« Les industriels se dirigent vers du plastique réutilisable »

Marion Helou, chef de projet emballage de Breizpack.
© DR

Les Marchés Hebdo : Comment l’agroalimentaire se prépare à l’interdiction des emballages plastique à usage unique, prévue pour 2040, tous domaines confondus ?

Marion Helou : La première étape sera déjà la suppression de la barquette à usage unique prévue pour 2021 en GMS et pour 2025 en restauration collective. Les industriels agroalimentaires se dirigent vers du plastique réutilisable et/ou du plastique recyclé. Pour les salades par exemple, certains distributeurs vont garder la fourchette, mais celle-ci sera plus épaisse et plus lourde. Elle doit être plus résistante pour supporter des lavages en lave-vaisselle. D’autres se dirigent vers des couverts en bois, tandis que l’enseigne E.Leclerc a décidé de supprimer les fourchettes dès maintenant. Notre rôle est d’accompagner ces entreprises, en leur fournissant des informations réglementaires, tarifs Citeo, etc. Nous leur proposons des solutions pour qu’ils puissent contourner les amendements mis en place.

LMH : La réglementation a inclus le bioplastique dans les matières à supprimer pour le 3 juillet 2021, qu’est-ce que cela change pour les industriels agroalimentaires ?

M. H. : Les changements de réglementation posent des problèmes d’investissement sur le long terme pour les entreprises. Le risque est que les industriels abandonnent tous leurs travaux R & D sur le bioplastique, et que cela ferme la porte à tout un type d’innovations. Des associations tentent de faire pression pour faire sortir le bioplastique de l’interdiction, mais c’est difficile, car il n’y a aucune volonté des pouvoirs publics de monter des filières de recyclage pour ces matériaux, alors qu’il y en a chez nos voisins européens, tels que l’Allemagne et l’Italie.

LMH : Comment les industriels agroalimentaires vont-ils gérer l’augmentation du coût de production que va générer ce changement ?

M. H. : Les entreprises vont rogner sur leurs marges et augmenter aussi le prix des produits finis. Cette hausse ne sera pas simple à expliquer au consommateur. Il faudra prendre le temps de dire que l’utilisation de plastique issu de 50 % de matières recyclées nécessite de payer ce recyclage. Remplacer le plastique ne va pas être facile, car sa première fonction, que le grand public semble avoir oubliée, est avant tout la conservation des aliments. Il y a une telle diabolisation du plastique que le consommateur ne sait plus aujourd’hui à quoi ça sert. Enfin, il faut noter que cette tendance de réduction du plastique va être très difficile à concilier avec celle de la réduction des additifs.

Propos recueillis par Valentin Ragot

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