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Leader de l’olive fraîche, Croc' frais prêt pour le futur

Il y a vingt ans, la société enregistrait 800 000 euros de chiffre d’affaires, contre 24 millions d’euros l’an passé. En fêtant le dixième anniversaire de son usine de Mignières, l’entreprise a fait un bilan d’étape de son plan 2020.

L’usine Croc’ frais de Mignières (Eure-et-Loir) fête ses dix ans avec un renouvellement en profondeur de ses outils de fabrication. L’entreprise, positionnée sur les produits apéritifs depuis 1998, commercialise ses barquettes d’olives marinées ou nature aux rayons fruits et légumes des GMS. « Pour accompagner notre développement, il fallait évoluer. Notre process était obsolète. Nous recevons par exemple les olives en fûts de 140 kg. Pour une journée moyenne de production, il faut manipuler plus de 150 fûts, transférer les olives dans des bacs européens pour le dessalage, etc. », constate Serge Durand, président-directeur général d’Olives & Co, le groupe auquel appartient Croc’ frais.

« L’usine d’aujourd’hui, en vraie rupture, résulte de trois ans de travail avec GV, leader mondial de l’ingénierie de l’olive. Au lieu de manipuler des fûts, les olives sont ainsi stockées dans des citernes de 20 tonnes. Au fur et à mesure de nos besoins de production, elles sont transférées dans des cuves de dessalage de 5 tonnes », résume le dirigeant.

Rupture technologique

Pour Stéphane Varlet, directeur de l’usine, cette évolution assure la sécurité des salariés, réduit les manutentions, fait gagner de la place et améliore encore la maîtrise du produit : « nous suivons avec précision le pH et la conductimétrie, donc le taux de sel. Cette nouvelle installation du dessalage assure une plus grande homogénéité que celle que nous pouvions obtenir dans un fût où s’installe forcément un gradient de salinité, même minime ».

Aujourd’hui, tous les transferts des olives se font soit par pompage soit par gravité, au stockage, au dessalage, mais aussi sur la ligne de production. L’investissement ne s’arrête pas à la préparation des olives, avec l’automatisation de la fabrication des recettes. Elles peuvent compter jusqu’à cinq ingrédients (olives, légumes) auxquels il faut ajouter l’huile de colza (qui ouvre l’allégation oméga 3) et les épices (développées sur mesure par le fournisseur).

Jusqu’à 6 000 barquettes par heure

L’usine est intégralement réfrigérée, entre 9 et 5 °C selon les zones. Elle a également intégré, en mars dernier, une ligne à haute cadence, pour conditionner jusqu’à 6 000 barquettes par heure (dosage Ishima, operculeuse Mondini). Le site dispose désormais de cinq lignes de conditionnement, qui accompagnent la multiplication des formats : le maxi (450-500 g) et, depuis l’an dernier, les coupelles (100 g) enrichissent en effet les grammages même si le 200-250 g reste le format fort. Enfin, l’usine vient de mettre en service sa troisième encartonneuse, une MG Tech équipée de deux robots – trois axes (pick and place) – pour compléter sa ligne haute cadence.

Une plateforme logistique en construction dès cet été

Pour Serge Durand, cet investissement constitue la première étape de l’usine « 2020 ». Il en a déjà lancé la deuxième phase : le groupe vient d’acheter un terrain de 8 500 m2, à 500 m de l’usine, pour construire une plateforme logistique. Le premier coup de pioche sera donné cet été. Autre étape, l’agrandissement de la station d’épuration qui, là aussi, va être mise à la dimension de la production. Restera ensuite à construire l’extension de l’usine pour poursuivre l’automatisation de la palettisation et donner de l’ampleur à la zone de préparation des commandes, saturée aujourd’hui.

D’un montant de plusieurs millions d’euros (le groupe reste discret sur le chiffre précis), l’investissement a bénéficié d’aides régionales, car il s’est positionné dans l’appel à projets innovation. Il est soutenu par Bpifrance et les banques qui accompagnent le groupe. « Aujourd’hui, nous sommes leader de l’olive fraîche, Croc’ frais possède 42 % de parts de marché auxquelles il faut ajouter notre marque Mille et un Sud, notre production sous MDD et des fabrications à façon pour des grossistes », détaille Julie Piot, responsable R & D et marketing.

Après la progression de plus de 7 % en 2016, les dirigeants tablent sur une croissance de 12 % cette année, « voire plus », confie le PDG. Toute l’équipe fourmille d’idées, autour du concept de l’apéritif et de la cuisine. La marque réfléchit à compléter son offre après les tartinables lancés dans les rayons frais en 2012 et dont la gamme s’est étoffée de deux références en 2016 (houmous et artichauts).

L’export, qui représente moins de 1 % des ventes, constitue aussi un pôle d’attraction sur lequel travaille Julie Piot : « Nous travaillons notre packaging et nos recettes, par exemple pour intégrer du fromage ». À l’heure où William Bouchet, actionnaire fondateur et directeur commercial historique, passe la main à Nadège Chuvin, la marque veut croquer l’avenir à pleines dents.

Des olives très disputées

Le marché des olives est moins spéculatif que celui de l’huile d’olive, mais subit les aléas des récoltes. Certaines olives sont ainsi très disputées cette année. « Nous avons choisi il y a dix-huit ans de n’utiliser que les olives les plus charnues, les plus qualitatives. Nos achats reposent sur notre fidélité envers nos fournisseurs au Maroc, en Espagne et en Grèce », explique Jacques Israel, actionnaire chargé de l’achat des olives, qui reste très serein.

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