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Produits laitiers
Le lait de montagne doit grimper en gamme

Dans le cadre du Sommet de l’élevage, le Cniel a organisé une table ronde mercredi 2 octobre sur l’avenir du lait en montagne. L’interprofession veut susciter une mobilisation collective. Explications.

A droite : Michel Lacoste, représentant de la mission montagne au Cniel.
© C. J./Apap

La filière laitière de montagne approche du point de rupture. « Le lait de montagne est en train de dévisserAujourd’hui, nous tirons la sonnette d’alarme. Ce n’est pas une fatalité ! On voudrait une mobilisation collective et, surtout, une prise de conscience des élus », a alerté Michel Lacoste, représentant de la commission montagne au Cniel (interprofession laitière) lors de la table ronde du 2 octobre au Sommet de l’élevage. Que ce soit dans les Alpes, les Vosges, le Jura, les Pyrénées ou le Massif central, les producteurs de lait disparaissent. « En dix ans, le nombre de producteurs de lait a baissé de 19 à 47 % selon les bassinsEn parallèle, le volume de lait produit a également chuté, la baisse la plus sensible se situant dans le Massif central. La ressource laitière fond », a indiqué Alain Plan, directeur du Criel Alpes Massif central.

Or, l’enjeu n’est pas que sectoriel. « Derrière la production laitière, ce sont des paysages, de l’environnement, des produits de qualité, de la gastronomie, du tourisme. C’est aussi de l’emploi direct et indirect : la filière laitière est le plus fort pourvoyeur d’emplois en zone de montagne. C’est une activité indispensable au dynamisme et à la vitalité de nos territoires ruraux », a poursuivi Michel Lacoste.

On a 600 millions de litres de lait à différencier !

Selon le Cniel, la dissolution de la filière laitière de montagne aurait des conséquences drastiques sur les populations locales, notamment sur l’emploi et l’environnement dont le coût est estimé entre 67,3 et 141,5 millions d’euros par an. Pour éviter ce scénario catastrophe, l’interprofession, dans son plan de filière signé en 2018, met l’accent sur la segmentation. Des démarches existent (AOP, bio…), mais elles doivent être confortées.

Actuellement, dans le Massif central, 75 % du lait de montagne ne bénéficie d’aucune démarcation et se retrouve sur le marché conventionnel, alors que dans le Massif jurassien et dans les deux Savoie, 85 % du lait est transformé en AOP. « On a 600 millions de litres de lait à différencier ! » a calculé Alain Plan.

Damien Lacoste, président Coop de France métiers du lait, l’a aussi souligné : pour les coopératives qui collectent 70 % du lait de montagne, maintenir cette activité en agissant sur les coûts et en créant de la valeur est un enjeu majeur : « il faut communiquer sur nos atouts, il faut jouer collectif et parler d’une même voix », a-t-il asséné.

Renouveler les générations

Selon Frédérique Gomez, commissaire de Massif, « la filière lait de montagne a du potentiel, mais elle est fragile. On est à la croisée des chemins, parce qu’il faut renouveler les générations et parce que la société attend autre chose sur le bien-être animal, sur l’alimentation, sur les répercussions de l’élevage sur l’environnement. Or, sur tous ces aspects, la montagne a plutôt une bonne image ».

Le moment est sans doute venu de rendre plus visible cette production grâce à une démarche collective comme celle lancée en élevages allaitants avec la marque Altitude 1886, les viandes du Massif. « Mais pour y parvenir, on a besoin d’accompagnement. Les pouvoirs publics doivent être au rendez-vous », a prévenu Thierry Roquefeuil, président du Cniel.

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