Aller au contenu principal

Distribution
Le e-commerce n’a pas fini de changer la donne

Le chiffre d’affaires du commerce en ligne pourrait tripler, voire quintupler d’ici à cinq ans. Pour l’alimentation, drive et livraison à domicile se partagent l’essentiel du marché. Les fournisseurs doivent s’adapter.

En 2018, le chiffre d'affaires réalisé en drive a progressé de 7,5% selon Nielsen.
© DR

L’Ania, en collaboration avec FranceAgriMer, a organisé le 18 juillet un atelier sur la consommation et le commerce en ligne (e-commerce). Les enjeux sont vastes pour les industries agroalimentaires, en matière de positionnement, de merchandising et de marketing. Le e-commerce représente environ 9 % des ventes au détail, mais seulement 6 à 7 % pour les produits alimentaires et 2 à 3 % pour les produits frais, selon Bertrand Oudin de Blezat Consulting.

Le drive, c’est 5,7 % de parts de marché en France d’après Nielsen. En 2018, la croissance du chiffre d’affaires (CA) atteignait 7,5 %. Les familles sont les principaux adeptes de ce circuit, elles comptent pour 75 % des achats en valeur. La livraison à domicile progresse aussi, mais la clientèle est différente dans l’agglomération parisienne, plutôt des personnes seules ou en couple sans enfants et avec un niveau de vie plus aisé.

L’offre drive manque de sens

Les produits pour les jeunes enfants sont sans conteste les stars du drive. Selon Nielsen, le drive compte pour 16 % du CA des petits pots, 13 % du lait infantile, 12 % des changes bébés, 11 % des mono légumes surgelés. Le panéliste pointe néanmoins le manque de références bios, mais aussi en yaourts, petits-suisses, compotes et viande. L’offre est parfois peu efficace. Ainsi, 59 % des références sont vendues moins d’une fois par mois !

Pour attirer le consommateur, le placement du produit sur la page est crucial et peut engendrer une variation de 30 % du CA. Une référence qui passe de la page 1 à la page 2 perd la moitié de son CA. Mieux travailler l’offre pourrait faire gagner 12,5 % de CA en drive.

S’adapter et changer les pratiques

En vente physique, le magasin organise son rayon, met les produits en avant à la hauteur des yeux ou en tête de gondole et peut créer des effets de masse par le « facing ». En revanche, la réimplantation est longue, il y a une forte inertie et chaque client voit le même rayon. Sur les plateformes en ligne, l’assortiment s’adapte, le commerçant peut faire des propositions personnalisées à l’aide d’algorithmes.

Pour le fabricant, ce nouveau canal peut amener à des changements. Par exemple, le packaging proposé en drive peut être plus important pour mieux toucher les familles. Mais Bertrand Oudin relève que « pour jouer selon ces nouvelles règles, il faut investir notamment dans des équipes dédiées au marketing numérique », ce qui est plus facile dans les grands groupes que les PME. Et ces modèles sont aussi coûteux, notamment la livraison à domicile. Qui paiera le surcoût ? Le consommateur ou le fournisseur mis sous pression par le distributeur ? Ou la collecte et la valorisation des données suffiront-elles ?

Pour que l’industrie agroalimentaire puisse profiter des opportunités du e-commerce, elle devra maîtriser certaines pratiques : blockchain, communication digitale, référencement. Pour Bertrand Oudin, le développement de la vente directe vers le consommateur devrait rester limité, mais permettra à l’amont d’apprendre ce nouveau modèle. L’émergence de nouveaux acteurs pourrait aussi donner de l’air aux PME.

Les plus lus

sept personnes
Porc : les premiers abats blancs français arrivent en Chine

La France a obtenu après de longues négociations l’agrément pour exporter des abats blancs en Chine. Les premiers conteneurs…

viande emballée en usine
Viande bovine : qu’importe et qu’exporte l’Allemagne ?

L’Allemagne est très intégrée dans les échanges communautaires de viande bovine. Elle importe notamment 40 % de sa…

vaches dans une prairie
Quelles sont les conséquences des mesures pour réduire le cheptel laitier aux Pays-Bas sur le marché du lait européen ?

Les Pays-Bas mettent en place un système d’aides pour réduire les troupeaux laitiers. Si les effets à court-terme seront peu…

photo rayon viande haché
Les prix des bovins baissent, que se passe-t-il sur le marché de la viande ?

La baisse des prix des gros bovins au printemps suscite l’ire de l’amont, alors que les abattoirs se plaignent d’une…

oeuf cassé par une machine industrielle
Les prix des œufs pour la casserie reculent avant le férié

L’évolution des prix des œufs français, au 23 avril 2026, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie chaque semaine la…

vache a la traite
Prix du lait : écart record entre bio et conventionnel

Alors que les prix du lait conventionnel se tassent en Europe, reflet de la hausse des disponibilités, les prix du lait bio…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio