Bœuf du Mercosur
« Le consommateur chinois aisé s’est entiché des entrecôtes et des rumsteak grillés », le bœuf du Mercosur en profite
Le repli circonstanciel de la production de bœuf au Brésil et en Argentine est dû à une phase de reconstitution de leur cheptel bovin allaitant. Face à cette offre en berne, l’appétit inédit des consommateurs chinois pour les découpes nobles, les mêmes que celles exportées en Europe, tire les prix. Enquête à Buenos Aires.
Le repli circonstanciel de la production de bœuf au Brésil et en Argentine est dû à une phase de reconstitution de leur cheptel bovin allaitant. Face à cette offre en berne, l’appétit inédit des consommateurs chinois pour les découpes nobles, les mêmes que celles exportées en Europe, tire les prix. Enquête à Buenos Aires.
À en croire Diego Ponti, analyste chez AZ Group, « les trois quotas européens d’importation de bœuf sud-américain (Hilton, 481, Accord UE/Mercosur) sont plus que jamais une bénédiction pour les Européens ! ». Il évoque le repli momentané et structurel de l’offre de bœuf en Argentine et au Brésil, d’une part, et d’autre part, souligne l’impact majeur causé par l’appétit tout nouveau des consommateurs chinois pour les découpes nobles – rumsteak, filet, etc. – traditionnellement prisés par les Européens.
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Le Mercosur central dans le commerce mondial de la viande bovine
« Le Mercosur fournit à lui seul 43% du commerce mondial de bœuf, soit environ 6 millions de tonnes (Mt) sur 13,5 Mt, rappelle le jeune expert. Sur ces 6 Mt, le Brésil en fournit grosso modo 4 Mt, l’Argentine, 1 Mt, et le Paraguay et l’Uruguay, O,5 Mt chacun ».
« La chute de la consommation de bœuf en Argentine a libéré des volumes à l’export »
« L’Argentine devrait exporter en 2026, environ 930 000 tonnes de bœuf, ceci malgré la baisse du nombre d’animaux abattus (- 10% sur 12 mois). La chute de la consommation de bœuf en Argentine (-5 kg/an/hab sur 12 mois, à la cause de la chute du pouvoir d’achat) a libéré des volumes à l’export qui ont compensé ce déclin de l’activité d’abattage », précise-t-il.
Baisse des disponibilités de viande bovine en Argentine
Le cheptel bovin national argentin est en effet entré dans une phase de rétention de vaches mères, depuis 6 mois, qui pourrait durer deux, trois ans. « Pour cette raison, nos exportations de bœuf devraient légèrement diminuer en volume durant toute la période 2027-2029 », assure l’expert local. « Mais dès 2030, la barre symbolique du million de tonnes de bœuf serait à nouveau franchissable », dit-il, lui qui table sur des envois de 1,15 Mt en 2031, et de 1,4 Mt environ à l’horizon 2036.
« Nos exportations de bœuf devraient légèrement diminuer en volume durant toute la période 2027-2029 »
Forte hausse de la demande chinoise de découpes de bœuf
Dans l’immédiat, la rétractation de l’offre sud-américaine de bœuf se produit simultanément avec une nouvelle tendance du marché international. Les consommateurs asiatiques, en particulier Chinois, seraient dorénavant preneurs, fait nouveau, des mêmes cartons de découpes de bœuf désossées et emballées sous vide d’air qui sont vendus dans le cadre des contingents Hilton et 581, et concernent également la moitié du nouveau quota de 99 000 tonnes ouvert par l’accord de l’UE avec le Mercosur.
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De la vache industrie à l’entrecôte
La Chine s’est imposée au fil des dix dernières années comme la première destination export du bœuf sud-américain, et de loin – plus de la moitié du total des envois de bœuf de la région ! -. Jusqu’ici, il s’agissait de viande de vache destinée à l’industrie. Mais cela a changé. « Le consommateur chinois aisé s’est entiché des entrecôtes et des rumsteak grillés, goûtés lors de ses voyages à l’étranger », nous a dit Adrián Bifaretti, de l’Institut de promotion de la viande bovine argentine.
« L'appel d’air chinois à l’exportation de bœuf a été tel que le cheptel bovin argentin s’en est trouvé réduit »
Un autre expert argentin, le vétéran Víctor Tonelli, indique que de 2023 à 2025, « l’appel d’air chinois à l’exportation de bœuf a été tel que le cheptel bovin argentin s’en est trouvé réduit de 54 à 51 millions de têtes ». « Avec ce cheptel diminué en phase de reconstitution, l’offre à l’export s’en trouvera réduite pendant au moins deux ans », confirme M. Tonelli.
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Sur le long terme, en revanche, tout indique que l’Amérique du Sud verra sa production de bœuf augmenter. « Notre marge de progression est immense au niveau du poids moyen des bovins abattus au Brésil et en Argentine, à hauteur de 250 kg, contre 440 kg aux États-Unis, et au niveau du stock potentiel avec un indice de 0,65 veau obtenu par vache en Argentine contre un indice moyen de 0,9 aux États-Unis », précise Diego Ponti.