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La France dit « non » au gaspillage alimentaire


Ségolène Royal et Guillaume Garot ont rappelé que le gaspillage alimentaire est la troisième cause d'émission de gaz à effet de serre dans le monde.
Le gouvernement intègre la réduction des pertes de denrées alimentaires dans sa politique énergétique. Le rapport Garot, livré à la presse mi-avril, lui donne des pistes à quelques mois de Cop 21.

Le gaspillage alimentaire, vu à l'échelle planétaire, révèle sa dimension climatique. Selon la FAO, c'est la troisième cause d'émission de gaz à effet de serre. Ségolène Royal et Guillaume Garot l'ont rappelé à la presse le 14 avril, au ministère de l'Écologie où a été rendu public le rapport parlementaire du député PS de Mayenne sur la lutte contre le gaspillage alimentaire.

La ministre de l'Écologie souhaite que la France soit d'autant plus exemplaire qu'elle va accueillir la conférence internationale sur le climat Cop 21. Et comme la loi sur la Transition énergétique est encore en discussion(1), la ministre encourage à y déposer des amendements visant à réduire les pertes de nourriture. Le titre IV de la loi intitulé « Lutter contre les gaspillages et promouvoir l'économie circulaire » compte parmi ses objectifs à cinq ans : réduire de 10 % les déchets ménagers et valoriser 55 % des déchets non dangereux ; parmi les objectifs à dix ans, réduire de moitié les quantités de déchets mis en décharge. Cette loi prévoit la mise en place d'un plan de lutte contre le gaspillage alimentaire dans les services de restauration collective, dont les cantines scolaires, gérées par l'État et les collectivités territoriales. Les sénateurs ont ajouté lors de leur première lecture un article supprimant l'inscription de la date de durabilité minimale (ex-DLUO) figurant sur les produits alimentaires non périssables tels que les produits stérilisés ou présentant une faible teneur en eau.

Approche « pragmatique » des défauts d'étiquetage

Dans son rapport, Guillaume Garot formule ses « propositions pour une politique publique ». Il a considéré en le présentant que « la somme des bonnes volontés ne suffit pas ». Selon sa logique, il faut commencer par s'interdire de jeter, puis s'efforcer de vendre ou donner les invendus, puis les valoriser dans l'alimentation animale, puis (en dernier recours) méthaniser. À l'attention des industries agroalimentaires, l'ex-ministre de l'Agroalimentaire formule cinq pistes : rendre possible le don des produits sous marques de distributeurs refusés, optimiser les dates de péremption, mieux informer les consommateurs (suggestion d'un QR code), adapter les portions et enfin développer l'utilisation des coproduits en alimentation animale. Le rapport propose d'établir légalement une clause au contrat de production de marques de distributeurs permettant le don de produits qui présenteraient un défaut d'étiquetage, d'emballage ou de composition.

Ce que représente le gaspillage alimentaire

La somme des bonnes volontés ne suffit pas

Plus largement, Guillaume Garot recommande une approche « pragmatique » des défauts d'étiquetage ou d'emballage, comme l'a suggéré ECR (efficient consumer response) France. Ils pourraient faire l'objet d'une circulaire de la DGCCRF. Le rapport Garot pointe aussi l'incompréhension et la gestion des ” dates de péremption, les délais garantis au client et l'exigence par celui-ci d'un ordre chronologique de livraison. Il propose en particulier d'élargir la liste européenne des produits sans date limite et d'inciter à un nouveau partage des « délais garantis client ».

(1) Le projet de loi reviendra à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale à partir du 19 mai et passera en seconde lecture au Sénat le 29 juin.

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