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Contrats
La filière laitière fait figure d’exception

La filière laitière dénote à ce jour dans le paysage agroalimentaire. Les distributeurs ont déjà signé des contrats avec bon nombre d’industriels. Reste à voir si les producteurs en profiteront.

Les premières signatures avec la distribution constitue une avancée vers la revalorisation des produits laitiers.
© DR

« Sur le lait, les distributeurs ont tous joué le jeu », estime Didier Guillaume, le ministre de l’Agriculture, interrogé sur RTL le 11 février. Depuis la fin 2018, bon nombre de distributeurs ont annoncé la signature de contrat avec des industriels. Cela a commencé par Intermarché qui s’est engagé avec le groupe Bel à la mi-décembre après que celui-ci a renouvelé son contrat annuel avec l’Association des producteurs de lait Bel Ouest (APBO). Cette démarche s’applique pour 100 % de la collecte de Bel, soit 450 millions de litres, à un prix de 371 euros les 1 000 litres, hors prime sur la qualité, pour l’année 2019.

Si ce contrat avait déjà été signé entre Bel et l’APBO en 2018, c’est la première année que le groupe fromager a été entendu par un distributeur, Intermarché en l’occurrence. Et le distributeur a renchéri quelques jours plus tard, en annonçant un accord avec Savencia puis Sodiaal. S’en sont suivies de nouvelles annonces comme celle des centres E.Leclerc avec Danone, Laïta et Lactalis ou encore de Lidl avec Sodiaal. Signe que pour la filière laitière, les relations semblent évoluer à la suite du vote de la loi Alimentation.

« À quelques semaines de la clôture des négociations commerciales, on constate des avancées. Mais il faut aller encore plus loin dans la revalorisation des marchés pour couvrir les coûts de production. Les négociations commerciales avec la grande distribution se déroulent de façon plus positive que les autres années et des avancées optimistes se dégagent pour la filière », estime Damien Lacombe, président de Coop de France Métiers du lait.

Des avancées dans la lignée des EGA

Dans le communiqué d’annonce de leur accord, les centres E.Leclerc et le groupe Lactalis indiquaient que la revalorisation des prix concernerait « les 200 millions de produits laitiers aux maques de Lactalis vendus en 2019 dans les centres E. Leclerc ». Et cette revalorisation, dont le montant n’a pas été transmis, aura « un effet positif sur le revenu des 12 000 éleveurs liés au groupe Lactalis », ajoute le groupe de Laval sans plus de précisions.

Nous attendons la fin des négociations pour effectuer un bilan

Malgré toutes ces annonces, les acteurs de la filière laitière restent prudents et ne crient pas victoire trop vite. Certains accords, en particulier ceux de E.Leclerc, ne semblent pas totalement signés ou ne concernent que l’échelon national. « Ce n’est qu’une première étape, cette tendance doit s’inscrire dans la durée et nous attendons la fin des négociations et leur ruissellement sur les contrats MDD et les premiers prix pour effectuer un bilan. Retrouver de la valeur est une étape essentielle pour l’attractivité et la pérennité de notre modèle, nous restons donc pleinement engagés pour répondre à cet enjeu », ajoute Damien Lacombe. Pour le maillon production, les contrats signés entre associations de producteurs comme l’APBO ou Sunlait et industriels vont plutôt dans le sens d’une revalorisation. Un bilan sera nécessaire à la fin des négociations commerciales.

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