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Contractualisation inversée
« J'ai un problème avec cette loi, il n'y a aucune obligation »

Michel Biéro, gérant achats de Lidl France, revient pour Les Marchés sur la contractualisation tripartite actuellement pratiquée par l’enseigne et critique la mesure proposée dans le projet de loi. Interview.

Michel Biéro, gérant achats Lidl France

Les Marchés Hebdo : Aujourd’hui, que représentent vos achats par contrats tripartites ?

Michel Biéro : Depuis 3 à 4 ans, nous les développons sur le lait, le porc et le bœuf, et dans une moindre mesure dans les fruits et légumes et le bio. Pour le lait, les deux grands Lactalis et Sodiaal disent : « même pas en rêve ! ». Fort heureusement, il existe LSDH qui a la même vision que nous. Avec APLC (Association des producteurs de lait du bassin Centre, ndlr), on a convenu d’un tunnel de prix autour de 35 c/l de lait. On propose du lait équitable dans 1 500 Lidl, soit un volume de 10 % de nos ventes annuelles. On essaie d’augmenter nos volumes avec LSDH qui embouteille aussi C'est qui le patron ?!, FaireFrance et Montlait. En porc, filière la mieux organisée, nous avons trois accords tripartites. Le plus ancien est celui du Ch’ti porc des Flandres (à 70 % de l’équilibre matière) avec 180 éleveurs à qui on demande leurs coûts de production et l’industriel belge Weestvlees, ce qui représente 2 500 bêtes par semaine. Nous avons aussi dans le Grand Ouest un contrat tripartite avec Opale sur du porc label Rouge, le groupe Bigard et Guyader pour la charcuterie. On cherche un autre fournisseur pour faire du saucisson label Rouge. Ce porc est présent dans 800 magasins sur 1 500. On vient aussi de signer un contrat tripartite dans le sud-est de la France avec Cirhyo et Bigard pour 250 magasins du Sud-Est. On a d’autres pistes. Le bœuf, c’est un peu plus compliqué, car moins organisé. Nous avons des contrats tripartites sur le haut de gamme : sur le charolais avec CCBE, Sicagieb et Puigrenier ; sur la limousine avec Apal et Elivia, et on va signer la semaine prochaine avec Bigard et la blonde du pays d’Oc.

LMH : Le projet de loi propose une nouvelle forme de contractualisation inversée, comment vous emparer de cette mesure ?

M. B. : J’ai un problème avec cette loi, il n’y a aucune obligation pour l’industriel et le transformateur. Il ne se passera rien et, dans un an, on se retrouvera tous dans la salle Sully (au ministère, ndlr).

LMH : Qu’est-ce qu’il faudrait pour l’améliorer ?

M. B. : Il y a deux solutions : soit on impose la « solution Lidl » avec des contrats tripartites, ou encore plus simple, on impose un prix minimum garanti sur le lait, le porc et le bœuf à partir d’indicateurs du coût de revient.

Propos recueillis par Nathalie Marchand

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