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Viande porcine
Et si la peste porcine africaine se propageait en Allemagne ?

Un vent d’incertitude pèse sur le marché du porc en Europe. La propagation de la peste porcine africaine demeure un facteur de taille en 2020 avec des enjeux économiques majeurs.

L’arrivée possible de la peste porcine africaine (PPA) dans un nouvel état membre (actuellement à 12 km de l’Allemagne), constitue un risque fort pour le marché du porc. D’autant plus si l’épizootie venait à se répandre en France ou en Allemagne, deux grands pays producteurs et exportateurs de porcs. De quoi induire un déséquilibre entre l’offre et la demande.

Le poids de l’Allemagne dans l’UE

Bien que son cheptel porcin régresse au fil des années (-3,5 % entre 2018 et 2019), l’Allemagne conforte sa place de numéro 1 de producteur de porcs en Europe, avec près de 5 225 000 tonnes équivalent carcasse (tec) abattues en 2019, selon Eurostat. Notre voisin demeure de loin le principal fournisseur de porcs sur le marché européen avec 23 % des volumes exportés. C’est aussi le deuxième plus grand exportateur européen vers les pays tiers, suivant de près l’Espagne qui figure à la première place du peloton. En cumul sur les onze premiers mois de 2019, selon Bruxelles, l’Allemagne a exporté environ 927 112 tonnes vers les pays tiers. Or, si la PPA venait à s’y répandre, les pays européens souffriraient de l’arrêt des importations de viandes et coproduits porcins par les pays tiers, et ce, même si la maladie n’est présente que dans certaines régions ou seulement chez les sangliers.

Un déséquilibre de marché

Cependant, avec l’approche européenne de régionalisation (fermeture à l’exportation des régions touchées par l’épidémie et non du pays tout entier), des volumes importants (environ 459 000 t des volumes allemands) destinés aux pays tiers seraient redirigés vers les pays de l’Union européenne. De quoi étoffer l’offre européenne et en conséquence peser sur les prix qui retrouveraient alors leurs niveaux de 2018, et ce, malgré la forte demande à l’exportation. Un phénomène accentué par la baisse de la consommation européenne par habitant (-3,2 % en 2019-2018). AHDB prévoit ainsi un repli de 20 % à 40 % des cours de la viande de porc commercialisée entre États membres.

En revanche, le prix du porc à l’exportation demeurera élevé, créant ainsi un marché à deux vitesses et induisant de fortes disparités de prix entre ceux qui sont capables d’exporter et ceux qui ne pourraient pas accéder au marché asiatique. Le marché du porc en Allemagne serait alors davantage déprécié par rapport aux marchés espagnol et danois ; ces derniers étant de grands exportateurs vers les pays asiatiques. Si la France demeure indemne de toute contamination, la baisse des cours est également moins marquée, ceci tant que la demande chinoise se maintient, voire augmente au cours de 2020.

À noter que l’Hexagone reste un exportateur net de viande de porc, avec un solde commercial à +173 300 tec en 2019, contre +99 000 tec en 2018, selon FranceAgriMer. La France a notamment expédié 152 200 tec de viandes fraîche et congelée vers les pays tiers (+34 % en 2018). En janvier, l’Allemagne a engagé des pourparlers avec la Chine pour permettre la mise en place de la régionalisation. Une visite d’une délégation chinoise est prévue en mars pour inspecter les mesures de biosécurité dans les élevages porcins allemands.

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