Aller au contenu principal

Process
Des bienfaits de la transformation

Conscients de l’image négative que certains consommateurs peuvent avoir du procédé industriel, les fabricants n’ont de cesse de reformuler leurs produits. Mais le chemin est parfois long, en témoigne l’Actia.

Pour l'Actia, on devrait davantage parler de produits ultra-formulés comme des pizzas, plutôt que de produits ultra-transformés.
© Pixabay

Cuisson, fermentation, congélation, extrusion, pasteurisation, la majorité des matières premières agricoles que nous consommons a subi un ou plusieurs procédés de transformation. Pour autant, elles sont aujourd’hui un peu trop associées, selon certains, à des additifs, des colorants ou autres produits chimiques décriés du grand public. Les industriels ont bien conscience de cet enjeu, mais le chemin est parfois long et semé d’embûches pour améliorer les procédés.

Au sein de l’Actia, les experts travaillent évidemment beaucoup à la reformulation des produits pour diminuer les additifs dans les produits conventionnels. « Certains additifs sont parfois là pour des bonnes raisons, sanitaires ou de conservation. Quand on décide par exemple de supprimer les nitrites dans les jambons, cela a une incidence sur le produit. Ce n’est pas si simple. Cela oblige à repenser totalement la formulation d’un produit. C’est la sécurité sanitaire d’un produit qui est en jeu. Et le consommateur ne se rend pas toujours compte de la complexité du problème », explique Didier Majou, directeur général de l’Actia.

Pour lui, on devrait d’ailleurs davantage parler de produits ultra-formulés comme des pizzas, plutôt que de produits ultra-transformés.

Des classifications remises en doute

Certains experts de l’Académie d’agriculture de France mettent d’ailleurs en doute les différentes classifications actuelles des produits ultra-transformés. Dans une note cosignée, les neuf académiciens évoquent « le peu de robustesse des classifications actuelles basées sur le degré de transformation et donc la faiblesse des travaux scientifiques qui s’appuient sur ces classifications ne permettent pas d’en tirer des conclusions multiples et souvent alarmantes ».

Ils estiment que ces classifications construisent peu à peu l’impression que « les aliments industriels sont dans leur ensemble et par essence délétères pour la santé et semble donner une caution scientifique à une position qui est avant tout idéologique ». « Si on peut admettre que la totalité des additifs aujourd’hui utilisés dans l’industrie n’est sans doute pas indispensable, certains s’imposent pour assurer, par exemple, la conservation sans risque microbiologique de différents produits », expliquent entre autres ces académiciens, dont Gilles Trystram, directeur d’AgroParisTech.

On travaille beaucoup sur les procédés de conservation

Au-delà de l’aspect sanitaire, certains procédés sont aussi utiles à la conservation. « On travaille beaucoup sur les procédés de conservation comme la haute pression, les charges électriques poussées ou encore les plasmas froids qui aident à la décontamination des produits alimentaires », note Didier Majou.

La cocréation pour gagner en crédibilité

Pour autant, la défiance et la méfiance des consommateurs à l’égard des procédés industriels sont là. Et ce n’est pas pour rien si la Feef a décidé de s’associer à l’application Scan Up. Depuis l’été 2018, cette application propose un service de cocréation qui permet à ses utilisateurs de voter pour les caractéristiques qu’ils préfèrent pour un produit en cours de développement chez un industriel. Outre le Nutri-Score, Scan Up se distingue en fournissant le degré de transformation Siga. Vingt mille produits ont déjà été évalués.

Le 10 septembre 2019, la Feef et Scan Up annonçaient ainsi leur partenariat, qui va permettre aux PME adhérentes de tester et valider leurs innovations directement avec les consommateurs dans une démarche de cocréation. La première entreprise de la Feef à avoir bénéficié de la cocréation est La Popote Compagnie. Elle a ainsi pu développer en lien avec les consommateurs sa nouvelle gamme de sauces.

Les plus lus

vaches limousines en étable
Viande bovine : pourquoi l’Idele prévoit un ralentissement de la baisse de production en 2026 ?

Après avoir nettement baissé en 2025, la production de viande bovine en France ne devrait pas se redresser en 2026, selon les…

poule rousse en élevage
Œufs : « Les tensions dans les rayons vont disparaitre d’ici juin » avec 375 millions d’œufs supplémentaires attendus en 2026

La consommation d’œufs atteint des sommets historiques en France, alors même que la transition vers l’alternatif limite le…

La France consomme des chevaux qu’elle produit peu, mais produit davantage d’animaux destinés à l’exportation.  © Reussir
Viande chevaline : « aujourd’hui ce sont plus les jeunes générations qui en demandent »

La consommation de viande chevaline recule, tandis que les importations augmentent. Dans ce contexte, Interbev Équin mise la…

broutards charolais en bâtiment
Broutards : comment les Italiens s’adaptent à la baisse de l’offre française

La France envoie de moins en moins de broutards mâles vers l’Italie, faute d’offre. Une chute qui n’est pas compensée par le…

porc en élevage bio
Porc bio : « Désormais, il n'y a presque plus de déclassement de porc bio »

Le marché français du porc bio semble atteindre un point bas de baisse de consommation en France, après des années de forte…

porcs en étable
L’Allemagne a perdu plus de 6 millions de porcs en dix ans, mais le cheptel rebondit

 L’Allemagne a enregistré une légère hausse de sa production porcine entre novembre 2025 et 2024. Cette reprise reste…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio