Aller au contenu principal

Stratégie
Comment numériser la filière porcine

Bien que difficile, la numérisation de la filière porcine apporte de nombreux avantages : un meilleur rendement de la production et une réponse aux consommateurs grâce à une meilleure traçabilité des produits. Témoignages.

De gauche à droite : Guillaume Ardillon, directeur digital du groupe Terrena, Guillaume Buffet, président de U Change, Séverine Fontaine, directrice qualité de Carrefour, Mathieu Pecqueur, directeur de Culture Viande, Paul Auffray, président de la FNP et d'Uniporc.
© DR

« Nous devons nous adapter aux consommateurs qui nous poussent à l’innovation », a affirmé Sandrine Cayeux, directrice d’unité stratégique à Kantar Worldpanel, lors de la journée d’échanges sur les possibilités numériques dans la filière porcine le 4 décembre. Son message est clair : la filière porcine doit se digitaliser. Les pistes ne manquent pas : des outils existent pour améliorer l’efficacité des procédés et répondre à la demande des consommateurs en matière de traçabilité.

« Nous travaillons sur l’installation de la blockchain sur des références de jambon et de steak haché. Mais puisqu’une tranche ne provient pas du même animal, il va falloir franchir le cap d’en informer le consommateur, tout en affinant bien notre communication. Les informations fournies par la blockchain confirmeront que ce que nous disons est vrai », a témoigné Séverine Fontaine, directrice qualité de Carrefour.

Mais cette remontée d’informations connaît quelques freins, à commencer par une mise en place difficile. « Il faut choisir les données qui intéressent le consommateur, établir des normes et des méthodes de calcul communes pour tout le monde. L’empreinte carbone est elle-même difficile à définir », souligne Mathieu Pecqueur, directeur de Culture Viande. Second frein : le consommateur n’est pas prêt à payer plus cher pour autant.

Un logiciel de production intelligent

Afin d’améliorer le rendement des transformateurs de viande de porc et de faciliter la collecte de données, l’équipementier Marel a développé un logiciel, Innova, exclusivement destiné aux transformateurs de viandes, volailles et produits de la mer. Il peut piloter des machines, contrôler toute une ligne de production et gérer les stocks. « C’est un tableau de bord personnalisé », précise Lydia Lecouey, manager de l’innovation à Marel France. Le logiciel compare les poids en entrée et sortie de chaque pièce et évalue si le calibrage est adapté ou non. « On peut ainsi évaluer les performances des lignes de découpe et ajuster les calibrages si le rendement ne nous satisfait pas », ajoute Lydia Lecouey.

Selon elle, Innova est un puissant outil pour la traçabilité, enregistrant les données de chaque produit depuis l’élevage jusqu’au consommateur.

Un scanner 3D pour définir la qualité

L’Institut de recherche en viande danois (DMRI) a pour sa part mis au point un scanner en ligne basé sur des rayons X qui recrée les pièces de viande de porc en trois dimensions, permettant d’en connaître la qualité en matière de composition. « On peut connaître le taux de graisse de la carcasse sans avoir à la détruire. Cet outil est aussi précis qu’un scanner d’hôpital », précise Lars Leopold Hinrichsen, directeur du DMRI.

C’est aussi puissant qu’un scanner d’hôpital

Le scanner propose ensuite des choix de découpe pour valoriser chaque pièce au mieux et prédire le futur étiquetage nutritionnel. « Ces innovations améliorent non seulement la productivité, mais aussi la qualité de vie au travail des salariés de la filière », remarque Mathieu Pecqueur. Le président de la FNP et d’Uniporc, Paul Auffray, a toutefois conclu la journée en rappelant que « le digital n’est pas une fin en soi. Il ne faut pas oublier que ce qu’il doit y avoir dans l’assiette du consommateur doit être bon ».

La filière avicole prise en exemple

Face à la demande croissante des consommateurs pour que les fabricants fournissent leurs données, la filière souhaite déployer la traçabilité sur la viande de porc. Pour cela, les acteurs veulent s’inspirer de « la filière laboratoire » avicole, « qui est en avance sur le sujet », selon Paul Auffray, président de FNP et Uniporc. « Pour notre filière avicole, nous avons déployé une plateforme collaborative de traçabilité », a témoigné Guillaume Ardillon, directeur digital du groupe Terrena. Elle comprend entre autres des fiches éleveurs qu’ils ont remplies eux-mêmes et des zooms sur tous les lieux de production. « Nous ne voulons plus subir la traçabilité, mais en faire un élément vertueux créateur de plus-value sur les produits », ajoute Guillaume Ardillon.

Les plus lus

représenant de l'UE et du mercosur
Le Mercosur rejette les clauses de sauvegarde visant à protéger les agriculteurs

Puisqu’elles ne sont pas dans l’accord conclu entre l’UE et les pays du Mercosur en 2024, les clauses de sauvegarde ne sont…

vaches limousines en étable
Viande bovine : pourquoi l’Idele prévoit un ralentissement de la baisse de production en 2026 ?

Après avoir nettement baissé en 2025, la production de viande bovine en France ne devrait pas se redresser en 2026, selon les…

La France consomme des chevaux qu’elle produit peu, mais produit davantage d’animaux destinés à l’exportation.  © Reussir
Viande chevaline : « aujourd’hui ce sont plus les jeunes générations qui en demandent »

La consommation de viande chevaline recule, tandis que les importations augmentent. Dans ce contexte, Interbev Équin mise la…

broutards charolais en bâtiment
Broutards : comment les Italiens s’adaptent à la baisse de l’offre française

La France envoie de moins en moins de broutards mâles vers l’Italie, faute d’offre. Une chute qui n’est pas compensée par le…

des conteneurs peints au couleurs du drapeau brésilien sur un quai d'un port de commerce.
Le point sur la "polémique" Hénaff et Terrena : la France importe-t-elle déjà massivement du bœuf et du poulet brésilien ?

C’est la question qui peut se poser après deux faits divers mettant en scène Henaff et Galliance (Terrena). Mais les…

porc en élevage bio
Porc bio : « Désormais, il n'y a presque plus de déclassement de porc bio »

Le marché français du porc bio semble atteindre un point bas de baisse de consommation en France, après des années de forte…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio