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Organisation
Comment engager sa mutation numérique

La numérisation de l’agroalimentaire est en marche. Triskalia a fait part de sa stratégie en la matière durant un colloque organisé à Rennes en avril.

Yann Morin, directeur de l'organisation et des systèmes d'information du groupe coopératif Triskalia.
© DR

Selon l’Association bretonne des entreprises agroalimentaires (ABEA), 37 % des entreprises du secteur « considèrent l’accélération des mutations technologiques et digitales comme une réalité dans leur établissement ». Et 10 % identifient « le projet de développement de la vente en ligne et du marketing digital sur Internet comme étant une priorité ». Il y a quelques semaines, le colloque organisé par l’ABEA à Rennes sur les dynamiques de l’emploi et de la formation en a fait part. Pour les organisateurs, « la digitalisation vient retravailler en profondeur la façon d’approcher les projets en entreprise nécessitant une évolution de la direction, des managers et d’emporter l’adhésion des salariés ».

L’exemple de Triskalia

En Bretagne, le groupe coopératif Triskalia s’est engagé en 2017 dans un plan stratégique vers la numérisation. Un gros challenge pour un groupe qui n’a pas forcément la souplesse nécessaire à cet exercice. Avec un chiffre d’affaires de 1,9 milliard d’euros, Triskalia transforme et valorise la production de 16 000 agriculteurs dans 35 usines, pilote 260 points de vente à enseigne Magasin vert, Culti vert, Gamm vert et compte près de 5 000 salariés.

Il s’agit également d’un groupe en phase de rapprochement avec un autre poids lourd agroalimentaire breton, d’aucy. Pour ce type de structure, il faut donc de la méthode. « Nous avons décidé durant l’été 2017 d’un plan du digital dans les fermes, les usines et dans la relation-client », explique Yann Morin, directeur de l’organisation et des systèmes d’information (DSI) du groupe coopératif.

Cette numérisation protéiforme n’a qu’un but : améliorer la performance de la production pour répondre à une demande de plus en plus segmentée et passer de flux poussés à des flux tirés. « Pour les agriculteurs, nous déployons des drones au service des agriculteurs pour qu’ils optimisent la fertilisation de leurs parcelles, testons depuis deux ans un robot muni de caméras capable de ne traiter que les mauvaises herbes parmi les cultures », souligne-t-il.

Prise de conscience du personnel nécessaire

Pour les usines, le DSI évoque l’emploi de cobots pour assister les opérateurs, la disparition progressive des ordres « papier » dans le but d’optimiser les processus de décision. Quant au numérique dans les services, il se traduit par l’élargissement de l’offre présente en magasin – des vendeurs munis de tablettes proposent au client, en plus de l’offre du point de vente, un référencement large de produits sur e-catalogue – ou par le déploiement du « click and collect ». « Nous le testons actuellement auprès de nos collaborateurs, explique Yann Morin, ils peuvent commander sur Internet des produits de volaille de note filiale Ronsard qu’ils vont ensuite retirer dans le magasin de notre réseau le plus proche. »

Cette transformation progressive des structures de l’entreprise ne peut aboutir sans la prise de conscience générale du personnel. C’est la raison pour laquelle Triskalia a organisé en début d’année un colloque pour expliquer à ses 150 managers, entre autres, les enjeux des nouvelles technologies, les transformations dans le contenu des métiers induites par l’utilisation des données.

Blockchain : « un outil idéal pour une coopérative »

La blockchain (ou le dispositif d'enregristrement électronique partagé, Deep) est une base de données partagée par ses utilisateurs. Dans une chaîne de production alimentaire, elle permet d’y introduire toutes les informations de traçabilité, de certification, de transformation du produit et bien d’autres choses encore. En somme, la blockchain figure comme l’outil de traçabilité parfait au service d’un processus de production. Elle est à même « d’éviter le manque de confiance entre les consommateurs et les producteurs », souligne Yann Morin, directeur de l’organisation et des systèmes d’information de Triskalia. Il estime que « ce registre infalsifiable doit permettre de redonner confiance dans la relation entre les producteurs et les consommateurs. C’est un outil idéal pour une coopérative ».

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