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Traçabilité
Blockchain : comment sécuriser les données d’amont

Les nouvelles technologies de réassurance comme la blockchain se développent. Mais rien n’est possible sans données fiables à l’origine. Ce qui n’est pas toujours simple et repose sur la confiance.

Les consommateurs exigent de la transparence sur l’amont des filières alimentaires : absence de déforestation ou de travail des enfants, réduction des gaspillages, empreinte environnementale… Des solutions technologiques telles que la blockchain se développent pour répondre à ces attentes. « Ces solutions sont censées “sécuriser” et optimiser l’exploitation des données en nombre (big data) qui sont ainsi vues comme un gisement encore mal valorisé. Mais l’outil informatique et la technologie les plus sophistiqués ne vaudront rien si les données qui les alimentent ne sont pas fiables. La blockchain notarise parfaitement les données saisies, mais elle ne garantit pas que la donnée initiale soit conforme à la réalité », résume Bruno Toussaint, directeur de JLB Expertises en Côte d’Ivoire, entreprise de contrôle et de surveillance portuaire. Le maillon « collecte des données » est donc essentiel et souvent sous-estimé.

Les nouvelles technologies n’exonèrent pas d’un travail humain

« Les nouvelles technologies n’exonèrent donc pas d’un travail humain basé sur la confiance », poursuit le dirigeant. JLB Expertises a été fondée en 1883 à Marseille, et Jean-Loup Barral installe actuellement la cinquième génération à la tête de l’entreprise. Les experts ont toujours eu besoin de collecter des données fiables pour leurs clients assureurs ou traders (expertises dommages à la suite d’avaries et prévention des risques de transport, inspections de stocks…).

Cent salariés pour le contrôle en Côte d’Ivoire

De son implantation initiale proche d’une usine qui importait beaucoup de cacao, l’entreprise a remonté la filière et s’est en particulier implantée en Côte d’Ivoire. Elle y emploie une centaine de salariés pour le contrôle des matières premières exportées, comme le cacao, et importées, comme le riz.

Le suivi des approvisionnements fait l’objet de deux stratégies : l’une, plus dans une recherche de certification immédiate, l’autre, plus dans la construction d’une relation de confiance avec le collecteur de données qui peut aboutir, à plus long terme, à des schémas de certifications privées. « De gros donneurs d’ordre nous demandent de remonter jusqu’au champ pour s’assurer des conditions de plantation, de culture et de récolte, mais aussi du bon acheminement jusqu’au planteur de la prime qu’ils octroient pour des pratiques vertueuses », détaille Bruno Toussaint.

Audits des coopératives de planteurs

« Nous sommes amenés par exemple à réaliser des "mapping" de parcelles et des audits dans les coopératives de planteurs qui portent à la fois sur la production et sur la gouvernance dans une culture profondément différente de nos coopératives en France », résume le dirigeant.

Fiabiliser le « mapping » des parcelles

Un VIE déploie pour le compte de JLB Expertises en Côte d’Ivoire la géolocalisation des parcelles et la formation des « mappeurs » afin de démarrer la traçabilité dès le plant de cacao. Il s’agit de s’assurer que les parcelles certifiées sont bien situées hors des forêts protégées. L’outil de base est le smartphone, équipé d’une application, développée en général par les donneurs d’ordre chocolatiers ou négociants. Le salarié marche tout autour de la parcelle pour la géolocaliser et la mesurer. Elle est ensuite liée à un planteur qui sera lui-même relié à une coopérative. « Il faut éviter que, sous la pression des enjeux financiers locaux, le contrôleur ne fasse le tour du terrain de football du village ! Pour réduire ce risque, nous confions ce travail à des gens qui ne sont pas originaires de la zone ! » explique Bruno Toussaint. « La confiance n’excluant pas le contrôle, nous vérifions ensuite des parcelles tirées au sort », complète-t-il.

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